Affichage des articles dont le libellé est prix. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est prix. Afficher tous les articles

mercredi 1 juin 2016

La Louve Incorruptible...

J'étais en plein séminaire quand j'ai commencé à recevoir des textos d'une certaine bonne amie avec qui je partage occasionnellement gossips et milk-shakes, m'annonçant...

... que La louve a reçu le Prix des Incorruptibles 2015-2016!

Je suis à la fois stupéfaite (honnêtement, je pensais que le ou la gagnant/e l'aurait su à l'avance) et absolument désolée, du coup, car ni moi ni Antoine n'étions à la remise du prix. Je ferai amende honorable bientôt, promis!

Les chiffres donnent le vertige: plus de 37 000 enfants sur 102 000 ont voté pour La louve. Les adultes ont aussi plébiscité le livre.

Quelle belle histoire que celle de ce petit conte, qui reste l'un de mes livres chéris préférés depuis le tout début. Je l'avais écrit pour J'aime Lire, il m'a été retoqué en comité éditorial: trop flippant. Ensuite, il est passé entre les mains d'à peu près tout le monde. Seules les éditions Alice (merci, Mélanie Roland!) y ont cru. Mais c'est grâce à Antoine Déprez, à ses peintures sublimes, que l'histoire a pris son envol.

La louve est pour moi un super exemple, quand je viens dans les classes, du rôle narratif et autorial de l'illustrateur. Souvent les enfants sont outrés d'apprendre que je ne 'choisis pas'  'mon' illustrateur, comme si c'était un/e exécutant/e qui m'appartenait personnellement. Non, je n'élève pas d'illustrateurs dans mon jardin pour me faire des dessins quand j'ai une bonne idée d'histoire.

C'est toujours un travail d'auteur à deux.

Antoine et moi avons travaillé ensemble sur l'histoire de La louve. Par exemple, la colombe de glace, qui dans l'original se trouvait posée sur une pierre, est maintenant sur un perchoir. Ce n'était pas pour 'faire joli'. C'est parce que la colombe, sublime mais menaçante, est un oiseau qui apporte la maladie et la mort. Il doit surplomber tout le monde: regarder de haut. Et au fur et à mesure qu'elle fond, c'est le perchoir lui-même, bientôt un simple bâton, qui devient terrifiant. On a une image magnifique du village déserté pendant la fonte des glaces, qui commence à ressembler à un gibet...

Ce sont des choix narratifs, pas décoratifs, et c'est ça l'illustration.


Antoine a aussi changé la toute dernière image du livre. D'abord, c'était celle-ci:

Je ne vais pas spoiler notre bouquin, mais ceux et celles qui l'ont lu sauront que l'image finale est différente; en fait, elle est exactement inversée: ce sont les enfants au premier plan, la louve derrière.

L'effet est fascinant: le lecteur dans le premier cas se retrouve 'avec' la louve, dans le second cas 'du côté' des enfants. Antoine a choisi de terminer le livre du côté des humains, avec une distance par rapport à la louve, qui reste à jamais hors de portée. 

C'est un choix d'illustration, donc de narration.

Et je continue, à mon grand bonheur, à travailler avec lui puisque - scoop! - nous sortirons à un moment ou à un autre (je ne sais pas encore quand) une autre histoire, qui a un air de famille avec La louve, mais juste ça - une ressemblance, pas une suite.

Il y aura à nouveau des enfants et un village, et une rivière à traverser. Mais pour le reste, des chats, et une trouble histoire cachée...

J'ai vu cette année l'effet incroyable de la sélection Incos; ce livre qui était passé totalement inaperçu m'a soudain valu des emails de parents et de profs de la France entière. Je suis ravie, ravie, ravie qu'il ait été tant lu. Et ravie qu'il ait été lu aussi en la compagnie d'autres livres superbes, certains écrits et/ou illustrés par des ami/es, et qui ont eux aussi reçu des dizaines de milliers de votes. La sélection complète est ici, et la liste des lauréats là!

Bises glacées, et merci aux 37 000 et quelques louveteaux.

jeudi 31 mars 2016

Un presqu'anniversaire ensorcelant!

Demain, ce sera l'anniversaire des Petites reines et de Carambol'anges... je me rappelle comme ils étaient mignons, tout frais sortis de l'imprimerie! ils ne faisaient pas leurs nuits à l'époque, on cododotait, je leur chantais des berceuses, etc... et maintenant ils marchent tout seuls! ils grandissent trop vite...

il y a 1 an!
Les petites reines a bien vécu sa vie (et changé la mienne...); Mireille, Hakima et Astrid se sont fait des ami/es partout en France, auprès des jeunes, des libraires, des profs et des parents... le roman a gagné le Prix Libr'à Nous catégorie ado, le prix du meilleur livre jeunesse de l'année du magazine Lire, le prix Millepages, le prix NRP; il a représenté la France dans la liste d'honneur IBBY internationale, il a été nominé aux Incos et à d'autres prix, il a été vendu au cinéma et au théâtre - et aujourd'hui, il a gagné le Prix Sorcières!

Merci, merci, merci aux sorcières (bien aimées, bien entendu) de l'association pour cette distinction vraiment émouvante. Honnêtement, même si bien sûr j'avais capté que j'étais nominée, je n'avais pas pris la mesure du truc jusqu'au moment de l'annonce... où je me suis soudain rendue compte à quel point cette récompense avait une énorme valeur symbolique pour moi, étant donné les livres et les auteurs qui l'ont remportée depuis ma plus tendre enfance: JK Rowling, Marie-Aude Murail, Claude Ponti, Anne Fine, Susie Morgenstern, Timothée de Fombelle, Brigitte Smadja, Malika Ferdjoukh, Louis Sachar, et j'en passe. Je suis incrédule! (et encore un peu assommée) de trouver mes trois cyclistes dans cette liste.

Coïncidence ou non, j'ai justement terminé en début de semaine La pyramide des besoins humains, de Caroline Solé, qui était aussi nominé (et sur de nombreuses autres listes de prix!), qui a accaparé mon attention assez obsessionnellement pendant un voyage en train. Il parle lui aussi, puissamment, de jeunes gens pris dans une culture de l'image et dans la menace/ tentation de la 'viralité' sur Internet. Christopher pourrait être un cousin de Mireille... je n'ai pas encore lu les autres nominé/es, mais je suis ravie d'avoir fait partie de cette liste entièrement francophone et de haute qualité:








Les Prix Sorcières cette année ont été attribués en grande majorité à des éditeurs indépendants, ce qui est une vraie joie pour moi et pour tous ceux qui croient en la force de ces petites équipes soudées, vives et prêtes à prendre des risques. C'est l'occasion de (re)dire merci à Sarbacane à qui je dois tant.

Avant que Nel ne se plaigne que je l'oublie dans ce billet d'anniversaire, je suis aussi très heureuse d'annoncer que Carambol'ange, illustré par Eglantine Ceulemans, a hier le prix Ruralivres en Pas-de-Calais (ça tombe bien, c'est là où j'ai passé la moitié de mes vacances toute mon enfance...). J'étais allée il y a deux ans à Ruralivres en Cambrésis, dont je garde un souvenir très tendre - plein d'enfants qui galopent et rigolent, un gîte magnifique dans les champs, des bêtises (de Cambrai) dans un grand tube en métal. Vive aussi, donc, les autres prix et l'attention qu'ils portent aux parutions un peu éclipsées par d'autres! Car on ne peut pas dire que Carambol'ange ait reçu le quart du tiers de l'attention de sa grande soeur...

Merci encore à toutes les librairies et bibliothèques qui soutiennent les livres et les conseillent aux ados! 

Accio champagne!

circa 2005
 

dimanche 27 mars 2016

Incorruptiblement vôtre! Avis aux écoles...

Eplapourdissement de la semaine: j'ai deux livres nominés au Prix des Incorruptibles de cette année! Les petites reines et Lettres de mon hélicoptêtre sont tous les deux en lice dans leurs catégories respectives.


Je suis ravie en particulier pour ma petite héroïne en hélico, dont le tour du monde, illustré avec moult pastel et pétillements par Anne Rouquette, avait été assez discret jusqu'à présent. C'est un bouquin avec lequel on peut faire de très chouettes activités en classe - par exemple, des hélicoptêtres chargés de tas de souvenirs du monde au tableau...


Je suis aussi, évidemment, super-heureuse pour Les petites reines, dont j'ai aussi appris cette semaine qu'il était sélectionné pour le très prestigieux Prix Sorcières (!!!) aux côtés de Marie Chartres, Caroline Solé, Hubert Ben Kemoun et Mathieu Robin.

Pour ceuzécelles qui ne le sauraient pas, le Prix des Incorruptibles est un prix tout à fait hors norme: la sélection est annoncée un an avant la remise du prix, et des exemplaires spéciaux (dits 'exemplaires Incos') des titres en lice sont imprimés pour les écoles. Ce sont ensuite des milliers d'élèves qui votent pour leur préféré dans chaque catégorie.

Cette année, c'est mon album La louve, illustré par Antoine Déprez, qui était nominé, et j'ai vu en quelques semaines l'incroyable impact du prix: des messages de parents et d'enseignants de toute la France ont commencé à pleuvoir dans ma boîte mail... c'est un moyen extraordinaire de faire voyager un livre.

même pas peur!
(enfin, j'ai quand même eu quelques retours indiquant que c'était un peu flippant comme histoire)
Le Prix des Incos est célèbre pour son organisation de très nombreuses rencontres scolaires... et c'est là que les larmes commencent à ruisseler sur mes petites joues car, pour cause de problèmes de réglage dans ma machine de téléportation (et de job à temps plein), faire des rencontres en France est très très difficile pour moi. C'est un vrai regret, car j'adore ça. Choisir c'est renoncer, etc., mais le renoncement à une vie de rencontres scolaires sur les routes de France est un effet particulièrement douloureux de mon choix d'une vie universitaire. 

Or, depuis quelques mois, j'ai commencé à faire des rencontres par Skype, et ça se passe hyper chouettement. Propulsée depuis mon salon dans des écoles à travers la France, les élèves m'ont montré des bandes-annonces, des cartes, m'ont joué des saynètes et lu des extraits qu'ils avaient préparés, et j'ai répondu aux questions, lu des passages aussi, et je leur ai montré des images par écrans interposés.

J'ai été impressionnée de la qualité des interventions qu'on peut faire de cette manière. Il me semblerait même que les ados les plus timides le sont un peu moins quand on est sur grand écran...

Donc, ceci est un appel aux écoles incorruptibles - et aux autres - s'il vous plaît, invitez-moi sur vos écrans! ça sera fun, même si j'ai un visage tout plat d'1m50 de haut. Je répondrai aux questions avec le même entrain qu'en vrai. On aura un vrai échange... et je serai vraiment là.

Parce que c'est peut-être virtuel... mais c'est une vraie rencontre!

Si vous m'écrivez, ou à Anaïs Malherbe de Sarbacane, on vous enverra plein d'infos et de précisions sur les conditions. Il y a aussi (comme toujours) une page très bien faite sur le site de la Charte.

Merci encore aux Incos et aux Sorcières!

mercredi 17 février 2016

Les petites reines deux fois sur scène

Petite update (le prochain billet arrive mais il est en cours d'écriture!) sur mes petites reines qui sont toujours confortablement juchées sur leurs vélos:

La semaine dernière, le prix Libr'anous catégorie roman ado a été remis à Tibo et Anaïs pour Les petites reines! Je n'étais malheureusement pas là étant donné que j'étais réquisitionnée dans ma ville médiévale pour verser de l'huile bouillante sur les ennemis et torturer les prisonniers avec des tenailles, la routine quoi. En attendant, regardez un peu les bobines adorables de Mr Editor de l'Année et la Reine des Relations Presse:


crédits photos Libr'anous, et merci Audrey de la permission de les reproduire!
Vous en saurez plus sur la soirée et sur tous les lauréats en cliquant ici. Le prix est décidé par 200 libraires francophones, à qui je suis évidemment béatement reconnaissante. Cela reflète aussi le soutien que les libraires ont offert à ce roman depuis sa sortie - c'est incroyable le nombre de gens qui me disent "Un/e libraire m'a convaincue de le lire". Dans les librairies, je le vois enroulé dans des petits mots écrits à la main. Je reçois des messages de libraire. C'est très étonnant et génial de savoir qu'il est si bien protégé et distribué par des gens que je ne connais pas personnellement, mais qui ont envie de voir Mireille et ses copines entre les mains de jeunes lecteurs et lectrices. Dingue.

Une autre nouvelle encore: nous avons appris hier que la metteuse en scène Justine Heynemann et sa troupe de théâtre, qui depuis la fin de l'année dernière travaillaient sur une adaptation théâtrale des Petites reines, ont gagné un gros concours organisé par un réseau de théâtres en région Ile-de-France, et vont donc avoir le financement et les théâtres pour organiser une tournée de la pièce l'année prochaine! Il y avait soixante troupes et projets, et Justine et son équipe ont gagné à l'unanimité. C'est mérité... Je ne vais pas dévoiler ce que je sais de la mise en scène, mais ça a l'air génialissime.

A 2017 donc pour voir nos trois boudins et le Soleil en scène...

... et à très vite pour un nouveau billet! 



mercredi 15 avril 2015

Balèze Hazebrouck!

Je suis revenue il y a quelques jours du grand Nord où il y avait du soleil!

Gaël Aymon en a déjà fait un compte-rendu,
Hélène Leroy un autre, avec en plus beaucoup de détails sur notre table ronde - merci!

donc que dire de plus?

A part que si vous allez à Hazebrouck pour les Bouquinales, vous serez choyés, cocoonés, chouchoutés, vous prendrez six kilos à force de manger du maroilles et des frites et du potjevleesh (limite Weight Watchers le potjevleesh en comparaison au reste), et que vous rencontrerez des enfants et des ados hyper bien préparés par des profs et des documentalistes enthousiastes, adorables et motivés, bref... le pied!

auteurs ravis illustrant l'expression 'le pied!' dans les escaliers de la mairie
Vous pourrez vous échapper pour une après-midi sur la plage...







Vous vous ferez plein de nouveaux potes et en reverrez d'autres...

Caroline, qui chante très bien du Michel Legrand

Gaël, mon frérot de publications

Jérôme et Isabelle, qui...euh... font la pub de mon livre
et la prolifique, adorable et courageuse Yaël


A Hazebrouck, il y a des animaux dans un parc, et aussi des moulins.







Mais aussi et surtout, à Hazebrouck, il y a des enfants qui étudient pendant trois mois les livres des auteurs, et qui ont préparé tout ça quand on arrive:
















Alors forcément, les auteurs sont très fiers:



Et donc ils font des positions idiotes:

Merci, GRAND merci, entre autres, à Damien; à Anita et Frédéric au gîte; à Fanny, Véronique et Linda; à M. Olivier et Mme Wasselynck; à Nathalie et à Françoise. Et à tous les enfants qui sont revenus nous voir et aux ados qui ont pris part à la table ronde - Marine, Rosine, Ilyana, Léa, Maxence, Damien; à Corentin qui m'a guidée dans les couloirs du collège... et à tous les autres qui avaient préparé des questions et des réflexions et des suggestions. Bises à tous!

_______________________________________________________

Question subsidiaire: qu'est-ce qui peut rendre une auteure encore plus heureuse? 

1) Que son album La louve soit nominé au Prix des Incorruptibles
2) Que ledit album ait gagné le Prix des P'tits Loups de l'Essonne (et que c'est en plus son premier prix ever)
3) Que son roman Les petites reines ait plein de super chroniques (merci les blogueu/r/ses, ohlalalala)
4) All of the above?

Réponse 4. Très heureuse donc alors que le trimestre va reprendre et que les tâches administratives me mettent au bord de la crise de nerfs et que je ne sais pas si je vais pouvoir tout faire à la fois, la recherche l'enseignement l'écriture les visites les colloques les candidatures labyrinthiques à des postes partout partout... Du calme, du calme...

à très vite.

lundi 15 octobre 2012

Egalité hommes-femmes dans la littérature jeunesse, un an après

Vous vous souvenez de mon billet de blog du 21 décembre 2011 sur l'égalité hommes-femmes dans l'industrie de la littérature jeunesse? J'y parlais de la surreprésentation des auteurs et illustrateurs hommes dans les prix littéraires et les médias. Il n'avait pas trop beaucoup plu à certain-e-s machos défenseurs du patriarcat éditrices affolées lecteurs et lectrices. D'autres (beaucoup) m'avaient soutenue.

Eh bien voyez ce qui fait le buzz sur Twitter et Facebook en Anglicheland et Etazunis ces jours-ci... Serait-ce un article (beaucoup plus long et détaillé que le mien, et avec beaucoup plus de données) sur le déséquilibre hommes-femmes dans les récompenses en littérature jeunesse outre-Manche et outre-Atlantique? Montrant en plus que les livres primés sont en majorité des livres avec des personnages masculins? Non... impossible! Tout le monde sait que ces choses-là n'existent pas...!

Je laisse les anglophones déchiffrer dans le détail. Pour les allergiques à Brian-is-in-the-kitchen, je vous en donne les conclusions é-ton-nantes: bien que minoritaires dans l'écriture des livres pour enfants et adolescents, les hommes auteurs et les livres à personnages masculins sont surreprésentés dans les prix littéraires.

Food for thought.

See you laterz alligators

Clem

vendredi 12 octobre 2012

Sélectionnitude

Il paraît que l'Union Européenne va avoir le Prix Nobel de la Paix,  j'espère que ça veut dire que tous les Européens l'auront aussi comme ça je pourrai le rajouter à mon CV. Ca claque plus que 'Président de l'assoc de BD de Cambridge', et je suis en plein dans les demandes de post-docs.

En attendant, certains de mes bouquins sont en lice pour quelques autres prix:

La pouilleuse est sélectionné pour le Prix de la Nouvelle Revue Pédagogique et pour le Prix du Roman Noir d'Aubusson.

On n'a rien vu venir est sélectionné pour le Prix des Lecteurs en Morbihan, pour le Prix Adolire et pour le Prix Ruralivres. Et il a aussi été sélectionné pour 1 jeune=1 livre, une super initiative du Nord-Pas-de-Calais dont Séverine parle très bien ici!

C'est rien chouette! On vous tient au courant.

hasta la vista!