samedi 10 avril 2010

Twilight : Le Retour. HELP


Stupeur et consternation: le monde entier se prépare à un nouvel opus de la série Twilight, commise sans états d'âme par la dangereuse Stephenie Meyer. Eh oui, on croyait en avoir fini avec les amours mortifères et larmoyantes de Miss Imbecilla Swan et d'Etincello Von Cullen, mais non, voilatipa que Mrs Meyer nous planifie un spin-off de la saga qui sortira, apparemment, en juin. Il est question, paraît-il, du 'point de vue d'un personnage secondaire sur l'histoire principale' (déjà racontée). Pratoche: si vous êtes à court d'inspiration, re-racontez la même histoire du point de vue d'un personnage secondaire! Elle nous avait déjà fait le coup avec Midnight Sun, donc on aurait dû s'en douter. Enfin bon, c'est vrai que pour une intrigue aussi complexe, aussi délicatement ciselée, il faut bien en remettre une couche avec plusieurs autres points de vue, parce qu'on risque de ne pas tout comprendre du premier coup.

Quel dommage que Meyer soit la seule à avoir eu cette idée de génie! D'autres écrivains, hélas, ont raté l'occasion de nous re-raconter leurs propres histoires déjà publiées. On aurait pu avoir:

- Crime et Châtiment raconté par la logeuse (au moins ça aurait été plus court que l'original)
- Harry Potter raconté par Dudley Dursley ("Faim!! Manger. Manger!! Gâteau. Manger gâteau!! Harry pas gentil, bouh!!! MANGER GATEAU!!")
- Martine à la plage raconté par Patapouf ('ouah ouah')
- A la recherche du temps perdu raconté par la madeleine (plouf, miam).
- La peste raconté par le virus de la peste ("Rat!! conduis-moi à la victoire")
- Tintin et les bijoux de la Castafiore raconté par la pie ("Ils ne trouveront JAMAIS l'émeraude dans ma trop bonne cachette hin hin hin... ah merde")

Bref, TROP HATE d'être à juin. Mais TROP.

jeudi 8 avril 2010

Je suis en deuil...

... des tout petits cadres Habitat qui étaient si jolis, avec leurs bordures fluo et leurs petits pavés de plastique transparent. Ils ne les font plus, et c'est bien dommage. Heureusement, avant leur disparition, j'ai eu le temps d'en acheter 12 et j'ai fait des petits triptyques comme celui-ci:



(la photo n'est pas très bonne - je n'ai que ma ouèbcame sous la main :p)

Deuxième sujet du jour: la sortie de Samiha et les fantômes! je n'ai même pas encore eu le temps d'aller voir chez Gibert s'ils l'ont déjà... Trop de choses à faire aujourd'hui!

mercredi 7 avril 2010

J-1 avant la sortie de mon premier bouquin


Demain 8 avril, c'est la sortie en librairie de mon premier livre pour enfants, Samiha et les fantômes, édité par Talents Hauts et illustré par Sylvie Seprix.

Bon, vu que je l'ai déjà eu en main, dédicacé à la familia et même fait une timide pub à mes copains via email, en fait le truc dont j'ai le plus hâte maintenant, c'est de le voir chez Gibert. Ah, Gibert! *musique mélancolique* la librairie où mes parents m'ont acheté tous mes Claude Ponti, toutes mes Fantômette, tous mes Bennett, Tom-Tom et Nana, Triplés et plus tard, Susie Morgenstern, Marie-Aude Murail, Jean-Philippe Arrou-Vignod - bref quand je vais voir mon propre petit opus sur les gondoles de chez Gibert ça va être la GLOIRE.

mardi 6 avril 2010

Comment pensent les enfants?



Je parlais justement de Philosophie Magazine hier, et bien il se trouve que j'en reparle aujourd'hui. Ce mois-ci, Philomag consacre un dossier à la question 'Comment pensent les enfants?' et je vous conseille de courir au kiosque le plus proche pour en acheter un exemplaire, si vous n'êtes pas déjà abonné/e.

Il y a beaucoup de choses dans ce numéro de Philo Mag, mais j'en retiendrai surtout un article très intéressant sur 'Les aventuriers de l'art perdu', entendez le dessin chez l'enfant. Ce n'est pas une idée originale, mais j'ai toujours été fascinée par les similitudes entre peinture moderne et peintures d'enfants. L'article cite justement Picasso qui affirme: 'A 8 ans, j'étais Raphaël. Il m'a fallu toute une vie pour peindre comme un enfant'. Le journaliste traduit ce désir comme celui de retrouver une 'spontanéité' supposément perdue, et 'une façon jubilatoire de se soumettre à la peinture'. Certains tableaux de Picasso mais aussi de Chagall, par exemple, semblent vraiment confirmer cette impression:


(Chagall, La mariée)

Mais en fait je pense que ce 'retour à l'enfance' est, de la part du peintre, une grande supercherie. Le peintre a depuis très longtemps dépassé le stade de schématisation dont l'enfant est seulement capable; il peut dessiner avec un réalisme quasi-photographique, et c'est un leurre de penser qu'il reviendrait d'une certaine manière à un état d'ignorance naïve des proportions et des angles, comme un enfant. Je pense que le peintre qui tente de dessiner de manière enfantine est en réalité très éloigné du processus de dessin enfantin. Chaque 'erreur' d'angle, de perspective ou de couleur est calculée pour produire un effet esthétique. Il est faux de dire que le peintre est 'soumis à la peinture' - bien au contraire, il s'y connaît assez pour manipuler son usage dans le but artistique de provoquer une émotion ou une réflexion. Il y a aussi peu de 'spontanéité' chez les oeuvres pseudo-enfantines de grands artistes que dans le Petit Nicolas: c'est du trucage, du calcul dont seuls les adultes sont capables.

Mais alors pourquoi cherchent-ils à 'frauder' en faisant croire qu'ils retournent à une esthétique enfantine? Je crois que c'est parce que les plus beaux dessins d'enfants sont produits de manière quasi-automatique, sous l'emprise d'une sorte d'état de grâce qui est très proche de notre conception collective de l'inspiration. L'inspiration est le graal de l'artiste, et se sentir 'inspiré' est peut-être l'un des seuls sentiments 'religieux' des artistes.

Mais l'inspiration, parfois (souvent), ne vient pas ou échoue. Réussir à imiter (et non pas à réinvestir) l'état de grâce de l'enfance est peut-être une manière adulte de rendre hommage à une étape de la vie et un état d'esprit dans lesquels une création inspirée est possible. Je crois personnellement peu à l'inspiration pure chez l'adulte - je pense qu'elle crée 'l'étincelle' qui commence un travail, mais qu'ensuite elle s'étiole et qu'il faut la rallumer en permanence par le travail. C'est sans doute pour cela que l'état de grâce chez l'enfant est si fascinant, et que les peintres voudraient bien, sinon le redécouvrir, du moins le répliquer de manière intellectuelle, par la connaissance technique de l'art qu'ils maîtrisent.

Et à part ça, comment on fait les bébés?

lundi 5 avril 2010

Etes-vous plutôt lapin ou cloche?

En Angleterre où je vis la moitié de l'année, et dans certaines familles françaises de ma connaissance, c'est le lapin de Pâques qui apporte les oeufs en chocolat aux enfants dans les jardins (ou, faute de mieux à Paris, sur les terrasses et les bords de fenêtres...). Dans ma famille, ce sont les cloches de Pâques qui viennent de Rome faire pleuvoir les oeufs pour que les enfants les dénichent.

Quoi qu'il en soit, il est frappant de constater que Pâques est devenue, avant tout, la fête de l'enfance, peut-être encore davantage que Noël. C'est, en termes chrétiens, la fête la plus importante de l'année, celle qui célèbre la résurrection de Jésus. La résurrection, c'est une seconde naissance, la tombe accouchant, contre toute attente, du messie à nouveau vivant. Que l'on y croie ou non (moi, perso, pas du tout), cette célébration résonne comme celle de l'ambiguité éternelle entre naissance et mort, entre enfance et vieillesse. On célèbre une victoire sur la mort: le lapin est un symbole de fertilité (de super-fertilité, même); l'oeuf, par excellence, est symbole de naissance. Et si Pâques est si centré de nos jours sur la découverte de ces oeufs par les enfants, c'est peut-être que l'on veut, ce jour-là, se rassurer soi-même: ces enfants qu'on a portés, ils cherchent également des oeufs (lisez: à se reproduire). On sait qu'on devra mourir un jour, mais notre renaissance, notre résurrection, est déjà prête - en les personnes de nos enfants, et de leur propre descendance. La certitude de notre propre mort est édulcorée par le spectacle réconfortant de nos enfants découvrant la vie et la reproduction.

C'est peut-être un message désuet, qui semble ridicule aux oreilles de ceux (ils sont nombreux, et ils ont peut-être bien raison) qui n'ont pas d'enfants, ne cherchent pas à en avoir, se fichent de laisser une descendance, ou, même s'ils ont conçu une vaste progéniture, n'investissent pas en elle une promesse d'allongement symbolique de leur vie. Il n'empêche, cela reste, je pense, la signification culturelle de Pâques de nos jours.

Bon allez, c'est pas tout ça, mais je vais aller me goinfrer de chocolat, moi. Désolée pour la tirade pseudo-psychologique: c'est mon côté Philosophie Magazine :)

samedi 3 avril 2010

Harry Potter et la Formule 1


Depuis un jour pluvieux de 1998 jusqu'à mon lit de mort, je suis et resterai une fan inconditionnelle, inattaquable et imprescriptible d'Harry Potter.

Comme l'amour est aveugle, je me contrefiche éperdument de toutes les attaques entendues quotidiennement contre la série dans le milieu où j'évolue, c'est-à-dire celui où l'on lit de la Très Bonne Littérature pour Enfants. Harry Potter est sexiste, conformiste et esclavagiste, pas très bien écrit et anglo-centriste et CAUSE TOUJOURS TU M'INTERESSES. Je comprends ces arguments, intellectuellement, mais le coeur a ses raisons dont la raison se tamponne le coquillard avec une patte d'éléphant femelle.

D'ailleurs, je suis très surprise d'avoir réussi à écrire sept messages sur ce blog sans mentionner une seule fois le petit sorcier à lunettes, comme disent les journalistes.

Etonnamment, pour une fille qui mange Harry Potter, dort Harry Potter et respire Harry Potter, je suis en couple depuis trois ans et demi avec un garçon charmant qui ne les a jamais lus, et qui d'ailleurs ne lit jamais de fiction. Ca m'a toujours été égal, je ne partage pas sa passion pour la Formule 1, et je n'ai jamais trouvé qu'il se devait par amour pour ma personne de bouquiner la saga en sept tomes de ma passion de jeunesse.

Jusqu'à il y a trois semaines, où mon copain et moi avons conclu un pacte machiavélique du troisième type. La nouvelle saison de Formule 1 allait commencer, et c'est moi-même qui ai proposé un challenge à mon bien-aimé: "Si je regarde toutes les courses de Formule 1 de la saison, toi tu lis tous les Harry Potter". Incroyable, il a accepté et s'est mis directement à lire le tome 1. Je tiens à préciser que le dernier bouquin de fiction qu'il avait lu était le Da Vinci Code, il y a 5 ans.

Miracle, il a lu les deux premiers tomes en moins d'une semaine, et a même admis du bout des lèvres qu'il "comprenait qu'on puisse être passionné par la série". Jubilation du côté de ma personne. Et voilà-t-y-pas qu'hier matin, il se réveille et m'annonce qu'il vient de rêver d'Harry Potter! Dans ce songe, le jeune homme était lui-même Harry, et moi j'étais Dumbledore. Je ne sais pas comment je dois le prendre, mais ça m'a boosté le moral toute la journée. Quand votre copain de 21 ans allergique aux romans dévore et puis se met à rêver de votre saga préférée, on peut crier victoire. Encore un exploit du petit Potter. Rowling ne cessera jamais de me surprendre.

Et de mon côté? Euh... Oui, bien sûr, ces petites voitures qui tournent en rond, ça me passionne. Oui oui.

vendredi 2 avril 2010

Alice au pays des merdouilles



Cela fait maintenant près d'un mois que j'ai vu, dès sa sortie en Angleterre, l'Alice au pays des merveilles de Tim Burton.

Très franchement, je n'étais pas du tout motivée au départ, et il a fallu que mes camarades de classe organisent une 'mad tea party' se soldant en sortie ciné pour que j'accepte de venir. La bande-annonce ne m'avait pas séduite, avec ses couleurs criardes et surtout ces abominations de Tweedledee et Tweedledum, qui ressemblent à deux foetus avortés dans un remix trash de Toy Story.

Bref, la fille n'était pas convaincue. D'autant plus que dans ma tête, Alice au cinéma, c'était ça:

La première Alice de Disney ne met personne d'accord, mais malgré ses nombreux défauts, c'est une version qui m'a toujours enthousiasmée. Les chansons sont plus mélancoliques que dans tout autre Disney, le graphisme et précis et imaginatif (la Tea Party en particulier est un grand moment de génie), mais surtout, toute la beauté et la force du dessin animé apparaît au milieu de l'intrigue, lorsqu'Alice perdue dans la forêt magique voit ses chemins disparaître les uns après les autres, et se retrouve seule au milieu d'animaux indifférents à son sort. Cette scène, que l'on croirait à tort ressortie des tiroirs de Blanche-Neige (en fait, les deux sont très différentes), est déchirante. Petite, elle me terrorisait - le désespoir d'Alice, assise sur une pierre à pleurer l'absence de quiconque à qui demander son chemin, trouvait un écho très profond chez moi et, je pense, chez tous les jeunes enfants dont l'angoisse d'être perdu constitue un motif récurrent dans leurs cauchemars.

La nouvelle Alice de Tim Burton a tout perdu de sa petite soeur-ancêtre de dessin animé. Elle ne provoque aucune émotion, aucune anxiété, simplement deux heures de grand spectacle sans charme. Tim Burton, qui pourtant est le champion du non-linéaire et du non-formulaïque, a fait une Alice à la sauce Eragon, sans peur et sans reproche et sans aucun intérêt. Le film n'est même pas mauvais, il est empreint de douce médiocrité. Il a d'Avatar l'intrigue attendue et formulaïque (allant jusqu'à nous apprendre dès la dixième minute de film que la gamine vaincra le monstre), mais sans l'utilisation magistrale de la 3D. Bref, c'est à désespérér de Burton, qui nous avait déjà livré un Charlie et la Chocolaterie sans grande passion il y a quelques années.

Alors oui, il y a Johnny Depp qui se cantonne dans des rôles semi-hystériques à cause de Burton, et il y a Helena Bonham Carter qui nous refait Queenie de la série télévisée anglaise Blackadder. Mais surtout il y a un Jabberwocky qui ressemble à un croisement entre une chauve-souris et un parapluie, qui ne nous fait pas flipper une seule seconde, et qui a des ailes mais curieusement ne vole pas avec puisqu'il les utilise pour marcher (!).

Tout ça pour un film insipide et vite oublié, dont on se demande vraiment s'il a été réalisé par celui qui nous a donné Beetlejuice, L'étrange Noël de M. Jack et Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête.