jeudi 28 juin 2012

Ferme-la et écris ton livre

On se connaît à peine, mais ça fait dix minutes que tu me bassines à me dire que tu as toujours voulu être écrivain un jour ou l'autre. Evidemment il faut que tu trouves le temps, l'énergie et le bon logiciel de traitement de texte. Mais des idées, ça, tu en as -  oh là pour ça pas de problème. Tu as l'histoire et les personnages et le décor et tu me saoules tellement avec tous les détails de ton intrigue supracompliquée que j'en ai les yeux qui pleurent les larmes de tous les bâillements que j'essaie valeureusement de contenir à l'intérieur de ma gorge.

Et alors que je m'émerveille des trésors de politesse que j'arrive à dénicher dans les confins de ma boîte à outils spéciale interactions sociales, mon monologue intérieur est sur une fréquence très différente de celle de mon pilote automatique qui me fait interposer des "Oh, ça a l'air super intéressant!" entre deux propositions subordonnées relatives interminables de ton interminable synopsis. En fait, ce qui se passe dans ma tête, c'est ça:

FERME-LA ET ECRIS TON LIVRE!!!


Si tu veux que des gens s'intéressent à ton histoire, ferme-la et écris ton livre!

Si tu veux savoir ce que valent tes idées, ferme-la et écris ton livre!

Si tu veux savoir si tu sais écrire, ferme-la et écris ton livre!

Si tu veux être écrivain, ferme-la et écris ton livre!

Si tu veux écrire un livre, ferme-la et écris ton livre! 

Un écrivain, c'est quelqu'un qui écrit. Je me fiche qu'il écrive bien ou mal, qu'il soit publié ou pas, qu'il écrive pour enfants, pour adultes ou pour kangourous. La seule condition nécessaire et suffisante, c'est qu'il écrive. Ferme-la et écris ton livre, ou alors tu n'es pas écrivain. Ferme-la et écris ton livre, ou alors c'est pas un livre.

Tu veux vraiment savoir ce que je pense de ton histoire?

Franchement ma chère, je m'en contrefiche.


Du moins, jusqu'à ce que tu la fermes et que tu écrives ton livre

Alors, ça y est?

lundi 18 juin 2012

Bien réceptionné...

... mes exemplaires auteur de La pouilleuse, roman jeune ado chez Sarbacane!

Je suis vraiment ravie, ils sont très beaux, couverture et papier très épais et agréables au toucher, quatrième de couv impeccable, couverture intrigante et symbolique...

Comme il ne sort que fin août, pas encore de concours! mais le temps venu, il y en aura un exemplaire à gagner.


samedi 16 juin 2012

5 astuces pour écrire pour les enfants

Traduction d'un billet que j'ai écrit pour le London Writers' Club (version originale ici)


1) Voyez grand

Les enfants aiment tout ce qui est grand, et pas seulement les dinosaures. Ils peuvent gérer les mots compliqués qu'ils n'ont jamais vus avant: c'est ce qu'ils font depuis qu'ils sont nés. Ils peuvent gérer les sujets difficiles, sombres, tabous: ils n'arrêtent pas de demander à leurs parents de les leur expliquer. Ils peuvent gérer l'humour: ils voudraient souvent que les adultes en aient un peu plus. Ne leur donnez pas de petites histoires confortables et banales.

2) Lisez des livres pour enfants

Si vous n'avez pas ouvert un bouquin pour enfants depuis votre enfance, votre texte sera tellement nul que tous les autres manuscrits sur le bureau de l'éditeur le persécuteront sans merci jusqu'à ce qu'il se jette spontanément dans la corbeille à papiers. Ceux qui voudraient être auteurs pour enfants et qui ne lisent jamais de livres jeunesse passent leur temps à réinventer la roue (et pas très bien). Jetez un oeil aux livres superbes qui sont publiés de nos jours et prenez le temps d'apprécier et de comprendre cette littérature si belle, complexe et innovante.

3) Ne suivez pas les modes

C'est tentant d'écrire une épopée de licornes punk dans un sous-marin si c'est ce que tout le monde est en train de faire. Mais pendant que vous vous embêtez à planifier votre trilogie 'pas tout à fait comme les autres', les éditeurs sont déjà partis sur une nouvelle tendence (dystopie préhistorique avec extra-terrestres). Et même si vous arrivez à faire publier votre oeuvre, elle sera vouée à être consommée et digérée en un temps record par les fans frustrés et gloutons des histoires d'un autre auteur.


4) Pensez hybride

La littérature jeunesse a un certain nombre de 'genres' bien définis - des contes animaux aux journaux intimes d'ados, en passant par les histoires de ballerines. Mais se confiner à un genre ne fonctionne plus vraiment. Les meilleurs livres sont les hybrides - ceux qui mélangent les recettes. Pas la peine d'aller imaginer un championnat de foot dans l'espace entre écoles de loups-garous, mais les jeunes lecteurs aiment le sentiment d'aliénation et de familiarité que les histoires hybrides provoquent.

5) N'écrivez pas votre bouquin sur un coin de serviette en papier à l'heure du déjeuner

Il a fallu 15 ans à J.K. Rowling pour écrire Harry Potter.  Respectez les enfants, la littérature jeunesse et les autres auteurs pour enfants: il n'y a rien de plus insultant pour eux que les gens qui pensent que c'est facile. Ne faites pas l'auteur qui 's'abaisse' à la littérature jeunesse parce qu'il n'arrive pas à trouver d'éditeur pour ses romans pour adultes. Passez du temps à faire des recherches pour votre histoire - les enfants vérifieront vos assertions. Passez du temps à lire des critiques de livres jeunesse. Passez du temps à structurer, à écrire et à corriger. Passez du temps à parler aux enfants, et à les écouter.

D'autres astuces? Prenez la parole dans les commentaires...

mercredi 13 juin 2012

La couv' du prochain...

... la voilà!

La pouilleuse, fin août 2012. Roman jeune adulte chez Sarbacane, soutenu par Amnesty International.

Il a sa page sur mon site ici! Et j'ai hâte de le voir arriver, déjà tout bien imprimé, d'ici peu...


dimanche 3 juin 2012

St Nom c'était canon et Andernos c'était chouettos

J'ai eu peu le temps de bloguer récemment, honte à moi, parce que le mois de mai a été un vrai gruyère - j'étais tout le temps partie, que ce soit en colloques (voir article ci-dessous) ou surtout en interventions scolaires et salons. Et c'était fantastibuleux, donc je vous en donne un petit aperçu ici!

D'abord je suis allée à l'école de St Nom-la-Bretèche qui a créé un nouveau prix de littérature jeunesse - le Prix par Surprise! St Nom d'un chien, c'est le meilleur nom de prix que j'aie jamais entendu. Je suis venue y parler de La plume de Marie, qui a été lu et étudié par des CM1 - quand je pense qu'on m'a dit, à sa sortie, qu'il était 'trop compliqué' pour des enfants... je peux vous dire que ceux-là ne se sont pas laissés impressionner!

On a fait des ateliers alexandrins, des vrais trucs avec douze pieds et une rime à la fin! et ensuite les élèves sont venus les lire devant la classe en costume d'époque... enfin, en chapeaux, plumes et boas (presque) d'époque:
Merci mille fois aux deux classes de CM1 motivées, drôles et créatives, et aux maîtresses qui savent si bien leur donner envie de l'être... Il y a un petit reportage sur les interventions ici, à partir de la 43e minute du journal, on voit ma bobine et celles des élèves:


Grand Angle - Mercredi 16 mai by YVELINESPREMIERE

Ensuite c'était le moment du salon de littérature jeunesse Grandilire, d'Andernos-les-Bains, avec des interventions scolaires en amont. Grand écart entre la maternelle et la 6e en passant par des CM2! Cette fois, ils avaient étudié Les petites filles top-modèles (enfin, pas les maternelle, hein!). Moi qui pensais que c'était plus un livre de divertissement qu'un livre à étudier, j'avais tort - grâce à l'intelligence et à l'énergie de M. Geneste (qui a un blog de littérature jeunesse ici) et Mme Goux en 6e, et de Mme Constantin en CM2, j'ai fait face à des élèves incroyablement bien préparés, qui avaient trouvé plein de choses à dire et à étudier sur l'univers de la mode et du mannequinat des petites filles. Et les garçons les premiers!

un exercice d'écriture autour des Petites filles...

Encore une fois, des profs extraordinaires qui ont su faire bosser leurs élèves en les divertissant... et qui ont aussi bien de la chance d'avoir des élèves aussi cool. Solène, Pakita, Marty, Malo, Clara, Vivien et tous les autres, plein de bisous et merci pour les tartines de fromage! (ils avaient lu quelque part sur mon site que c'est ce qui me manque quand je suis en Angleterre...)

Et ensuite on a tous fait salon à Andernos le samedi, avec de chouettes rencontres - Véronique Hermouet et ses dédicaces-oeuvres d'art, Didier Jean et Zad (mon nouveau couple préféré au monde, ils travaillent ensemble 24h/24, sont ensemble depuis 33 ans et se tiennent toujours la main), Rascal-qu'on-ne-présente-pas, François-Place-idem, Max Ducos qui m'a fait deux portraits de moi tellement cool qu'ils risquent de se retrouver bientôt dans les pages de ce blog (tu es prévenu Max), et Frank Prévot qui avec François Place formaient le duo comique de choc du weekend.

Du coup j'ai fait ma groupie: 

avec François Place...

avec Zad et Didier...


... et puis mon petit stand à moi 100% Talents Hauts (on n'avait pas vu venir On n'a rien vu venir!)





Sur ce, je vous laisse en remerciant l'incroyable équipe de Grandilire, surtout Martine et Dany mais aussi tou/te/s les autres bénévoles hyper adorables et bien organisé/es. Et pour la route, une photo d'une dédicace magistrale de François Place toujours... 

... mais histoire de casser un peu le mythe quand même, regardez ce qu'il avait fait de la nappe du dîner le soir d'avant:
à bientôt!

Clem

jeudi 24 mai 2012

Harry Potter et la tour d’ivoire : rapport de colloque


Evidemment, n’importe quel communiqué de presse comprenant les mots ‘Harry’ et ‘Potter’ l’un à côté de l’autre va faire se transformer les yeux des journalistes en petits $ scintillants – et c’est ce qui est arrivé la semaine dernière, quand l’université de St Andrews, en Ecosse, a annoncé la tenue d’un colloque universitaire international sur l’étude littéraire des livres de J.K. Rowling. 

 St Andrews, photographiée le seul jour du siècle où le ciel était bleu

Comme on pouvait s’y attendre, les journaux angliches ont réussi à dégoter un ou deux universitaires furibards (et aux propos probablement déformés) d’un autre bureau de la tour d’ivoire, qui ont exprimé leur indignation de voir tant de Noises et de Galions dépensés aussi inutilement. Personnellement, j’aurais tendance à penser qu’en cette sombre période où étudier les lettres devient de plus en plus compliqué pour tout le monde, on ferait mieux de se tenir les coudes au lieu de se lamenter que d’autres universitaires étudient des trucs et des machins qu’on préférerait qu’ils n’étudient pas. Mais bon, c’est peut-être le genre d’attitude altruiste à la Potter que t’as du mal à développer si tu passes ton temps à lire James Joyce… (Ouh la vilaine.)

Bref, j’étais à ce colloque, où j’ai présenté un papier. Et c’était un super colloque, qui a réussi à conserver le bon équilibre entre une véritable passion pour son objet d’étude et le respect, la précision, la rigueur intellectuelle auxquels peut mener une telle passion. Je dois dire que j’étais un peu inquiète au départ, vu que ça aurait pu être la grande fête du geek vaguement intello. Pottermaniaque dans l’âme, je n’ai rien contre l’idée de porter des lunettes rondes et de me dessiner des cicatrices s’il s’agit d’aller faire la queue devant une librairie avant les douze coups de minuit, mais ce n’est pas ce que j’attends d’un colloque universitaire. Quand tu es physicien quantique ou spécialiste de Kant, ça ne pose pas de problème que tu fasses des blagues de geek ou que tu te déguises en onde et en particule : tout le monde te prend déjà au sérieux, de toute façon. Mais quand tu étudies la littérature jeunesse, tu ne peux pas te permettre ce genre d’écarts. Il faut que tu défendes ta discipline contre les forces du mal. Constamment. Comme elle le mérite.

Et heureusement, malgré quelques écharpes de Serdaigle et quelques sacs à dos Gryffondor, le colloque à St Andrews a parfaitement réussi son coup. Aucun papier anecdotique, banal, superficiel. Certaines présentations étaient même extraordinaires : une analyse impressionnante de l’expiation paternelle à travers le personnage de Rogue, une critique des stratégies pédagogiques de Poudlard et leur influence éventuelle sur la perception de l’enseignement et de l’apprentissage chez les jeunes lecteurs, deux études sophistiquées et subtiles des stéréotypes raciaux dans la représentation des elfes de maison et des goblins. Bref, c’était galvanisant, rigoureux, et non pas, comme je le craignais, complaisant ou vaguement hystérique.

Et si ça fait sourire les gens, tant mieux – mais j’espère que ça les fait aussi réfléchir. Balayer l’étude d’Harry Potter d’un revers de Nimbus 2000, ce n’est pas seulement se montrer inattentif ou mal informé. C’est tout simplement faire preuve de malhonnêteté intellectuelle. Je suis sûre – enfin, disons, j’espère – que dans quarante ans, quand je relirai mes vieux billets de blog grâce à une puce implantée directement dans mon cerveau, je rirai avec indulgence en me souvenant qu’il fut un temps où de tels colloques provoquaient l’ire de quelques vieux barbons. En attendant, j’ai hâte d’en lire les actes, et je remercie les organisateurs pour ce colloque d’autant plus réussi qu’il l’a été au nez et à la barbe de toutes les Rita Skeeter du monde.

dimanche 20 mai 2012

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe....

... dans la littérature adolescente, sans jamais oser le demander:

c'est ICI que ça se passe sur Kid You Not Podcast, le podcast que j'anime avec mon amie Lauren (qui est dans l'édition).

C'est en angliche! mais c'est bien quand même!

désolée pour le manque de billets ces derniers temps, ce sont des temps compliqués de grands bouleversements, mais bientôt le rythme normal reprendra.

 A plus! Clem