lundi 2 mai 2011

Regarde m'dame, j'ai fait du dessinage

Parce que quand on s'avachit devant la redif d'On n'est pas couché sur France2.fr il faut en même temps gribouiller des trucs (la meuf qui a que ça à faire). Du coup ce week-end j'ai fait des représentations pictoriales et iconographiques, je dirais même des expériences artistiques poussées, des personnages de mon roman La plume de Marie, qui sortira chez Talents Hauts dans quelques mois, et cela me permet donc de vous les présenter en avant-première...

Evidemment ces illustrations personnelles n'ont RIEN d'officiel car le roman sera illustré par une bien-plus-talentueuse-et-vraiment-illustratrice-personne-dont-je ne-sais-pas-si-j'ai-le-droit-de-divulguer-de-qui-il-s'agit-donc-je-me-la-ferme!


Voilà donc juste pour le fun les personnages principaux de La plume de Marie (si tu cliques c'est magique ça zoome essaie tu verras):







En plus de ça, il y a un autre personnage et pas des moindres, mais celui-là, c'est pas pour tout de suite.

mardi 19 avril 2011

Tobie Lolness mesurait un millimètre et demi, ce qui n'était pas grand pour son âge.

Je vais sans doute me faire huer et conspuer puis fouetter publiquement à l'aide d'un bouquet de ronces crochues, mais jusqu'à la semaine dernière je n'avais toujours pas lu Tobie Lolness.

Evidemment, j'avais entendu parler de Timothée de Fombelle dont l'ascension fulgurante dans le milieu de la littérature jeunesse était parvenue jusqu'à mes oreilles anglocentrées il y a deux ans. Je l'avais ensuite entendu discuter de Vango dans je ne sais plus quel podcast (Jusqu'à la Lune et retour peut-être?). Je l'avais simplement ajouté à ma liste mentale de trucalires, si vous voyez ce que je veux dire, mais je n'avais pas fait l'effort amazonesque d'aller acquérir ses oeuvres à renfort de souris et de carte bleue.

Bref, voilà où en était la situation jusqu'à ce que ma tante (que je remercie au passage) ne s'indigne fermement de cette funeste lacune et me force à lui emprunter Tobie Lolness, qui était passé entre les mains de mon cousin, d'elle-même, et de mon oncle, et avait ainsi reçu l'approbation de presque toute la famille (la petite soeur ayant encore quelques années devant elle avant d'apprendre à lire).

J'ai commencé à lire Tobie Lolness dans l'Eurostar (ah! combien de grandes aventures débutent ainsi par un voyage en train!). Mauvaise idée, car c'est le genre de livre qui te donne envie d'aller tapoter l'épaule du mec en face pour lui dire 'Permettez-moi, businessman à Blackberry, de vous déranger intempestivement pour vous annoncer que si vous n'avez pas lu Tobie Lolness à cinquante ans, c'est que vous avez raté votre vie'. J'ai réussi à me retenir, cependant, mais je hoquetais de joie telle la mouette rieuse, passant pour une dangereuse maniaque auprès de mes covoyageurs.

Tobie Lolness est absolument jouissif: c'est drôle, intelligent, intense, et très joliment et pertinemment illustré. C'est aussi l'un de ces livres qui a automatiquement la texture d'un classique. L'intrigue se déroule dans un arbre-monde, un peu à la Claude Ponti: c'est le reflet évident de notre propre univers, avec ses questions sociales et environnementales et ses problèmes politiques. Mais la fraîcheur du style et de l'intrigue évitent à ce parallèle toute lourdeur. L'idéologie est en fait étonnamment conventionnelle, avec ses héros et ses méchants qui représentent différentes approches de ce que c'est d'être un homme, son héroïne forte et faible à la fois, et ses nombreuses familles unies et traditionnelles qui sont, sauf exception, le lieu de l'épanouissement et du bonheur. L'amour vainc la haine et ses tendances destructrices, le destin favorise ceux qui respectent les lois du monde et de la nature. Mais cette conventionalité s'accompagne d'une telle tendresse dans l'écriture, d'un tel attachement pour ces anciens idéaux, qu'il est presque impossible de ne pas être séduit par l'histoire, même si l'on en perçoit parfois le versant un peu moins glorieux.

C'est un livre vraiment extrêmement brillant, où chaque dialogue est drôle et délicieux, chaque scène d'action plus vibrante que la précédente. Le premier tome (meilleur que le second, je trouve) est admirablement bien structuré, éparpillant les flashbacks pour organiser le suspense et empêcher le lecteur de s'attarder trop longtemps sur des détails qui auront leur importance plus tard. La qualité littéraire du récit est remarquable, enchaînant des trésors de métaphores et de comparaisons qui, peut-être, en rebuteront certains, mais certainement pas moi. Les personnages censés amuser la galerie entre deux scènes dramatiques, comme le merveilleux Patate, sont particulièrement bien réussis, car Fombelle ne se limite pas au répertoire habituel de ces figures comiques et invente bien d'autres ressorts surprenants et hilarants. Il justifie aussi leur rôle en les incorporant complètement dans l'histoire.

Tobie Lolness, en résumé, sort vraiment du lot. Qu'il soit décrit comme conte, fable, fantasy ou roman d'aventure, il est, je pense, bien parti pour trouver sa place dans toutes les bibliothèques francophones et étrangères pour les générations à venir. Et oui, je sais, vous allez sans doute me dire qu'évidemment vous l'aviez déjà lu et que j'ai mille trains de retard, mais mieux vaut tard que jamais...

dimanche 17 avril 2011

Colloques en folie

De retour d'un colloque à Oslo sur la littérature jeunesse et déjà à la préparation de trois ou quatre autres. En juin, je m'envole pour la Virginie (tous les Ricains de mon accointance s'exclament 'la Virginie? mais pourquoi? y a trop rien à faire là-bas!') pour un colloque sur la révolte et la révolution dans la littérature jeunesse contemporaine. En juillet, je traverse l'Angleterre pour aller à Chester à un autre colloque. En septembre, je pars pour Tübingen en Allemagne où je prendrai part à une table ronde pour doctorants sur les albums jeunesse.

Le colloque auquel je viens de participer, en Norvège, portait sur les albums jeunesse du nouveau millénaire. J'y ai présenté un papier sur la construction de l'identité nationale française à travers la révolution dans trois albums contemporains:


Les enfants de la Révolution, de Thibaud Guyon, 2010, l'Ecole des Loisirs (sur la Révolution Française)












Véro en Mai, d'Yvan Pommaux et Pascale Bouchié, 2008, L'Ecole des Loisirs (sur Mai 68)




Tous en grève! Tous en rêve!, d'Alain Serres et Pef, 2008, Rue du Monde (sur Mai 68)















Je vous conseille fortement, évidemment, de lire ces trois albums qui, déjà, sont très réussis, mais qui reflètent aussi tout le paradoxe de la transmission de l'héritage révolutionnaire aux enfants (qui coïncide d'ailleurs parfois avec les problématiques de la théorie de la littérature jeunesse). On a d'un côté l'adulte galvanisateur, qui encourage l'enfant à exercer son esprit critique et à se libérer de l'autorité (ou au moins de la contester) en s'inspirant des grandes figures révolutionnaires et d'une iconographie très symbolique, inspirée de La Liberté guidant le peuple, de Delacroix. De l'autre côté, on a toujours la tendance protectrice de l'adulte qui cherche à conserver son autorité en l'établissant comme légitime et durement gagnée par des luttes passées, et à préserver l'enfant dans un état d'innocence. Les deux tendances cohabitent dans ces livres qui dessinent l'identité française dans toutes ses contradictions, à la fois constamment renouvelée par un cycle de révolutions et de contestations, et éternelle parce que précisément ancrée dans cette 'tradition' révolutionnaire.

A Oslo, les organisateurs de ce colloque international nous ont passé le relais, à nous les cinq doctorantes de Cambridge, pour organiser la prochaine édition du colloque en mars ou en avril 2012. On s'est donc déjà lancées dans les préparatifs, et ça s'avère chargé - il faut qu'on fasse des demandes de financement, qu'on lance des appels à contributions, qu'on organise tout depuis les pauses café jusqu'à la publication du livre tiré du colloque. Mais déjà, en quelques jours, on a eu notre lot de joies et de surprises et je n'ai qu'une hâte - qu'il y en ait d'autres.

Et puis il faut quand même que je fasse mon doctorat en parallèle.

dimanche 3 avril 2011

Shaun Tan, Prix Astrid Lindgren


C'est une très grande année pour l'auteur et illustrateur australien Shaun Tan, qui a reçu mardi dernier le prix Astrid Lindgren. Le prix Astrid Lindgren, c'est le Nobel de la littérature jeunesse: un prix annuel d'une valeur d'un demi-million d'euros, décerné à un/e créateur/trice exceptionnel/le dans cet art, ou à un organisme promoteur de la littérature jeunesse. Parmi les anciens gagnants du prix, on rencontre Pullman, Sendak et Paterson. C'est un jury qui décide du vainqueur à partir de nominations venues du monde entier (notre petit 'clan' de doctorantes en littérature jeunesse allons d'ailleurs présenter nos nominations en mai pour le prix de l'année prochaine - je vais essayer de faire du forcing pour faire passer Ponti).

Fait exceptionnel, Shaun Tan a déjà reçu, cette année, l'Oscar du meilleur court-métrage animé pour The Lost Thing, tiré de son album du même nom - quinze minutes d'un autre monde, que je vous conseille vivement de soustraire à votre vie quotidienne, car vous ne le regretterez pas. Le monde de Shaun Tan est unique et étonnant, à mi-chemin entre la science-fiction et le steampunk, avec un amour du sépia et des machines à rouages rouillées qui donne à ses albums une atmosphère faussement désuète. Mais il y a aussi quelque chose de kafkaïen dans les univers de Shaun Tan où les mouvements des hommes en société sont mécaniques, et où le merveilleux n'est remarqué que par quelques-uns. Tan est un champion du 'réalisme magique', ce mode littéraire et artistique qui consiste à présenter comme normaux et quotidiens des éléments surnaturels et bizarres. Dans The Lost Thing, par exemple, on assiste à l'amitié naissante entre un jeune garçon et une gigantesque machine mi-métallique mi-végétale, dans un monde où les passants peu émus par ce genre de créatures cherchent surtout à les recenser et à les catégoriser. La fin presque psychédélique du film et de l'album ouvre sur un monde multicolore et paradisiaque où les machines s'ébattent enfin en liberté... avant de rendre l'enfant, seul, à la société clinique et indifférente, comme un rêve qui se clot.

Shaun Tan est bien traduit en France, chez Gallimard et chez Dargaud, et je vous recommande chaudement d'aller découvrir ses albums incongrus et méditatifs, très souvent drôles, et qui méritent brillamment ce nouveau couronnement dans le monde de la littérature jeunesse.

jeudi 24 mars 2011

Ma petite dernière!


Je suis très heureuse de pouvoir vous annoncer que mon nouveau roman, La plume de Marie, sortira à la rentrée aux Editions Talents Hauts!

C'est vraiment un bonheur car j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire... entre deux papiers de conférence. Il est très, très, très différent des autres, et j'ai hâte de le faire partager.

A suivre... :)

mardi 8 mars 2011

Bonne journée de la femme!



Aujourd'hui, c'est le centième anniversaire de la journée de la femme. Alors Joyeux Journée de la Femme à toutes les copines!

Que cette journée soit pleine de projets artistiques et littéraires à une, deux, trois... ou sept femmes, n'est-ce pas, pour certaines? ;)

Quelques liens du jour qui me passent par la tête, au hasard et en vrac:

Aide et Action pour l'éducation des femmes et des petites filles à travers le monde

Des vies de meuf, parfois, quand même

Les éditions Talents Hauts, pour des livres pour enfants antisexistes


Les grandes femmes de l'histoire en biographies sur Femmes Célèbres


Florence Foresti
, hilarante

L'association pour la Recherche contre le Cancer - Cancer du sein et du col de l'utérus: faites un check-up régulier!

La République du Grumeauland pour le LOL

Le site du magazine que j'édite, Gender Agenda (en angliche)

Bonne journée! et n'hésitez pas à laisser vos propres liens/ noms de femmes/ tout ce que vous voulez dans les commentaires.

dimanche 20 février 2011

No niouzes is goude niouzes

Mon blog m'informe les sourcils froncés que ça fait à peu près une pleine lune que je ne l'ai pas gratifié d'un billet. Je vais donc m'empresser de le faire avant que Blogspot ne me vire pour inabilité à communiquer avec la blogosphère, ce qui serait dommage, hein? hein?

Voilà donc un court résumé des dernières choses qui se sont passées dans ma vie:

Nous avons lancé, ma coéditrice et moi-même, le premier exemplaire papier de l'année de Gender Agenda, le magazine de l'assoc des femmes de l'université. Le magazine est composés d'articles inédits et d'autres tirés du site participatif que nous tenons depuis plus d'un an. L'après-midi de lancement a rencontré un succès presque interplanétaire, puisqu'on a très rapidement manqué de chaises étant donné le nombre de personnes. On a eu des lectures par des poétesses de l'université, plusieurs mini-concerts de musiciennes à guitare en bandoulière et voix savamment éraillée, et des kilotonnes de gâteaux. Bref, une après-midi extrêmement agréable pour un magazine qu'entre nous je qualifierais d'absolument splendide si je n'en avais pas été la coéditrice.

D'autre part, j'ai donné mardi dernier mon tout premier cours universitaire aux élèves de master de littérature jeunesse: une introduction de deux heures aux mystères de l'analyse de la bande dessinée, qui est l'une des sous-catégories de mes intérêts. Je suis tombée là-dedans tout à fait par hasard: le prof qui dispensait le cours l'année dernière est parti dans une autre université et l'équipe professorale s'est trouvée bien en peine pour le remplacer car personne n'est très BD dans la dream team. Son Altesse Royale ma Directrice de Thèse m'a alors demandé de manière très surréaliste de prendre la place du disparu, ce que j'ai accepté en exactement cinq secondes et huit écarquillements d'yeux. Et j'ai tellement adoré que cela a consolidé mon ambition intersidérale de devenir prof d'université, ce qui est plutôt bon signe vu qu'étant doctorante, je ne pourrai rien faire d'autre de ma vie.

Enfin et pour finir, je suis toujours dans l'attente hystérique et constante de niouzes quant à mon roman ado qui est entre les mains de ma très sympathique agente et surtout entre celles de très gros éditeurs angliches. Pour l'instant nous avons eu deux ou trois refus, mais j'espère recevoir un coup de fil salvateur de mon agente avant que mon rongeage d'ongles frénétique n'atteigne l'os de ma dernière phalange. Sus au 3410! Croisez les doigts pour moi, parce que les miens sont tout collés par le sang.