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samedi 11 juillet 2015

dimanche 5 octobre 2014

7 idées reçues sur le métier d'auteur jeunesse

1. Premier roman publié = Premier roman écrit; ou alors, 'Tout ce qu'on écrit est publié'

Faux. A part pour deux ou trois personnes, le 'premier roman' est loin d'être le premier fini par l'individu. Souvent le 'premier roman' publié est le cinquième, sixième ou vingtième écrit par l'auteur. Et à part pour dix ou vingt personnes, les textes écrits ensuite sont loin d'être tous publiés.

La partie émergée que tu vois, c'est celle qui est pas dans les tiroirs.


2. Les écrivains passent leurs journées à écrire

Alors en fait, quand ils ne sont pas en train de faire comme tout le monde et de faire leur lessive/ sortir le chien/ se couper les ongles de pied, la vie professionnelle des écrivains est loin de n'être qu'une existence de longues heures d'écriture. Petit aperçu:

Le travail d'auteur a de plus beaucoup changé; on s'attend à ce qu'on fasse beaucoup de promotion, de visites et de correspondance en plus d'écrire des livres.

Le travail de relecture, réécriture, corrections etc. prend aussi un temps beaucoup plus important que la plupart des gens ne l'imaginent.


3. Le plus difficile dans l'écriture, c'est de trouver les idées

Non, le plus difficile, c'est de CHOISIR UNE SEULE idée et DE S'Y TENIR JUSQU'AU BOUT.

Au stade des idées, y a pas de problème, on en a dix mille:
Mais il faut en choisir une (ô angoisse!) pour le projet en cours...

... et finir l'histoire. C'est là qu'arrivent les doutes, les angoisses, les pleurs et les larmoiements au téléphone avec ta mère.

4. Une fois que t'as un éditeur c'est tranquille, t'as totalement confiance en toi et en tout

Non, c'est toujours le doute et l'angoisse, avec en plus la peur de décevoir et l'envie permanente d'aller hiberner dans une grotte pendant le reste de ta vie. La remise d'un manuscrit ressemble donc à ça:

5. On gagne beaucoup d'argent
J'exagère, bien sûr. On a rarement de quoi s'acheter du champagne.

Nan allez j'abuse. Mais la perception du grand public est tellement, TELLEMENT fausse. Le nombre de fois où on me demande si j'écris 'pour l'argent'. Juste un rappel que la plupart des auteurs ne font pas ça à temps plein (et ne le veulent pas forcément, comme moi par exemple), et que ceux qui gagnent leur vie ne gagnent pas forcément un salaire qu'on pourrait qualifier de confortable. Si vous trouvez ça pas juste, achetez davantage de livres, pas sur Amaz$n si possible, empruntez-les en bibliothèque publique (on reçoit une somme à chaque fois!), et encouragez vos enfants/ amis/ etc à faire de même. De notre côté, on essaie d'obtenir plus de droits et de reconnaissance dans l'industrie du livre.

6. On écrit poussé par l'inspiration, qui s'adosse à notre épaule et nous murmure des belles phrases

Ou plutôt poussé par la deadline, qui te murmure d'écrire encore 3000 mots avant la fin de la journée sinon tu vas pas te coucher avec une tasse de thé et le dernier Robert Galbraith.

7. Tous les auteurs jeunesse rêvent en réalité d'écrire 'pour les adultes'

Bizarrement, non, certains (la plupart) d'entre nous écrivent pour les enfants parce qu'ils trouvent que c'est une activité intéressante, enrichissante et belle en tant que telle. Et si on écrit un jour pour les adultes, c'est pas forcément qu'on a 'évolué vers' cette littérature.

Vous avez le droit de penser qu'on est des losers, mais n'allez pas imaginer que nous en sommes à nos propres yeux. Nous, ça va bien. Et vous, vous nous prenez la tête.

Juste un peu.


mardi 27 mai 2014

Recherche titre désespérément

Chèr/es petit/es anges qui lisez ce blog,

J'ai besoin de vous! 

Et pas seulement moi!



Voyez-vous, Tibo Bérard et moi-même, ainsi qu'une splendidissime illustratrice dont je ne sais pas si je peux déjà révéler le nom donc je vais le garder pour moi pour le moment, avons dans nos poches un petit bouquin absolument pépixien pour enfants de gabarit CE-CM, aimant l'aventure, l'humour et les voitures volantes, et qui devrait sortir début 2015. 

Tout est parfait, me direz-vous! Sauf que nous n'avons PAS DE TITRE.

NO TITLE!

Et ça urge là. 

Aussi avons-nous décidé de faire appel à vos resplendissantes lumières!

avec quoi à la clef si votre titre est choisi? eh bien, c'est au choix:
  • un exemplaire du livre à sa sortie
  • un dessin de poireau par moi-même, avec la main gauche et les yeux bandés
  • une photo (assez floue) de Tibo en maillot de bain
  • une vidéo de moi en train de réciter l'alphabet grec en moins de quinze secondes (j'ai gagné un concours de vitesse de récitation d'alphabet grec quand j'étais en première OUI MADAME)
Il nous faut un titre qui corresponde à ces critères particuliers:
  • fun et punchy 
  • qui attrape et piège inexorablement l'attention des jeunes humains entre 7 et 11 ans, et ne répugne pas totalement à leurs adultes domestiques


Mais de quoi s'agit-il??? vous entends-je marmonner. Je peux pas te trouver de titre si tu me dis pas de quoi ça parle!!!

Bon, je ne vais pas vous raconter toute l'histoire, ce serait très neuneu de ma part, mais voici quelques éléments importants:
  • Il y a un ange de 10 ans qui conduit une bagnole volante un peu pourrie!
  • Il y a une vieille d(âme) de 93 ans qui voudrait bien savoir qui l'a envoyée de vie à trépas!
  • Il y a le paradis, l'enfer, le purgatoire, des démons, des diablotins, des anges, des archanges, un cyclone, des muses, des pythies, des diables à moto...!
  • Il y a un mystère à résoudre, des gendarmes du ciel à éviter, et des courses-poursuites infernales!
  • C'est drôle, plein d'aventure, et ça va très vite!
ALORS???

Notre seul titre actuel est "Mission Infernale", et on fera avec si vous ne trouvez pas mieux. Mais je suis sûre que vous trouverez mieux. Sinon je serai tellement déçue que je vous ferai la tête comme ça. 


Ca fait peur hein? Allez, lâchez vos comm'!

Bises d'encouragements et mercis d'avance,

Clem

mercredi 23 avril 2014

Entre deux chaises: petits dédoublements quotidiens

Je viens de finir un article universitaire sur Matilda. En gros, je n'en dis pas du bien. Oh là! non pas du tout.


Je vais pas vous dire pourquoi, mais c'est une critique idéologique du livre qui s'inscrit dans mon nouveau projet de recherche. En général, ça m'est égal, en tant qu'universitaire, de dire 'du mal' des livres - ce n'est pas vraiment 'du mal', après tout, c'est une critique argumentée et étayée qui est censée faire avancer la recherche. Oui, mais là, le problème, évidemment, c'est que je me souviens que ça, c'était moi, il y a une quinzaine d'années:


Ben oui, comme beaucoup d'intellos bobos universitaux accros aux bouquins, j'étais une mini-Matilda qui à la fois jalousait et adorait la surdouée la plus célèbre de toute la littérature jeunesse. Donc j'écris mon article, blablabla, livre idéologiquement problématique, sous-tendu par des valeurs profondément ceci et cela, et tout le temps il y a mini-moi qui me donne des coups de coude pour me dire:


Hého, je réponds, la ferme pour voir? C'est pas parce que je critique que j'aime pas, hein! Oui d'accord la critique est sévère, mais...


... mais n'empêche que bon, c'est vrai, si on est un minimum honnête en tant que chercheur, les critiques qu'on fait à un livre ont un impact direct sur notre appréciation du livre, évidemment. Evidemment que je ne peux pas me permettre à la fois d'idolâtrer le bouquin et d'expliquer avec sincérité pourquoi il est hautement douteux.

Et puis ensuite, quand on critique un livre et qu'on est aussi auteur jeunesse, il advient un deuxième problème: le retour culpabilisant sur ses propres productions littéraires. Cette fois c'est l'esprit de Roald Dahl lui-même qui vient me sermonner (sous la forme d'une imitation assez mauvaise du dessin de Quentin Blake) :





Normal. On critique, on critique, et puis tout à coup on se dit ohmerdalor, mais je fais exactement la même chose! moi aussi problème idéologique machin truc! moi aussi valeurs transparentes naturalisée normalisées! mékelconne! 


Alors du coup la fois d'après, c'est l'inverse. J'écris mon manuscrit de bouquin pour enfants, trankil, on est relax, ça va nickel, ça se passe bien et soudain... mon surmoi universitaire se joint à la fête pour me dire fais pas ci fais pas ça, tu entres pile dans tout ce que tu dénonçais ce matin quand tu écrivais cet article tu te souviens? hein?

En général, la réponse ne se fait pas attendre:


Exercice quotidien de dédoublement de la personnalité, donc - écouter le mini-moi dans certaines circonstances et pas dans d'autres; essayer de faire en sorte que l'auteure et l'universitaire ne se croisent jamais au détour d'un couloir, sauf si nécessaire. En général, c'est un compromis qui ne se fait pas sans un petit peu d'auto-violence:


Mais sinon, ça va, je me soigne. Enfin, on se soigne. Toutes les deux. Trois. Huit.

Et vous, vous êtes combien?

mercredi 12 février 2014

Le Tousàpoilgate


un pays où il fait mieux bon vivre
 Au début, comme tout le monde, j'ai rigolé. La scène de Jean-François Copé fustigeant Tous à poil semble tirée tout droit des archives de Groland - je m'attendais à ce que Jules-Edouard Moustique passe ensuite le micro à Mickael Kael.

Au début donc c'était pas grave, c'était juste ridicule.

Jusqu'à ce que les Fransouches qui suivent Copé s'en mêlent et décident que oui, il faut vraiment censurer, bannir et interdire les livres "comme ça" à cause du "danger" qu'ils posent à "nos enfants".

Merde quoi, pour une fois qu'on parle de la littérature jeunesse dans les médias généralistes, c'est pour l'utiliser comme arme contre le gouvernement Hollande, et contre nous, les auteurs, illustrateurs et éditeurs, et les libraires, bibliothécaires et enseignants qui vont devoir maintenant réfléchir à huit fois avant de conseiller des bouquins à des gamins (jeu dangereux s'il en est).

(Et ça met aussi en danger de hausse non régulée de tension artérielle les chercheurs et les lecteurs professionnels, parce que c'est effroyablement agaçant d'avoir à écouter des ignares parler d'un truc que tu étudies jour et nuit depuis des années).

Juste quelques remarques, certaines évidentes:

  • Copé n'a aucune idée de ce que veut dire le mot 'idéologie' (ou plutôt, il le sait très bien, mais fait genre que non)
Dieu, s'Il existait, l'aurait Copé au montage
Jean-François Copé, qui est à ce jour la preuve la plus tangible que nous ayons de la non-existence de Dieu, est censé être quelqu'un d'un petit peu compétent et qui s'y connaisse un minimum en sciences politiques et en sociologie.

Sauf qu'il est capable de sortir des trucs comme: "Ce gouvernement a une idéologie", ou "Ce livre a une idéologie" comme si c'était une grande révélation.

Jean-François je t'annonce qu'il n'y a pas d'espace hors de l'idéologie. Evidemment il le sait très bien car le monsieur est allé à Sciences Po et à l'ENA comme tout le monde (dans ce monde-là), et ça m'étonnerait qu'il n'ait jamais eu de cours de théorie critique durant ces longues années. Il fait donc exprès de ne pas le savoir, c'est donc bien sûr par malveillance et populisme qu'il "tombe dans le piège" de dire: "idéologie = méchant", et "oui, il existe une manière neutre d'élever nos enfants".

Le gouvernement a une idéologie, oui. Oui la littérature jeunesse est idéologique. Toute la littérature jeunesse est idéologique. Il n'y a pas de neutralité, il n'y a jamais qu'une semblance de neutralité qui s'appelle l'idéologie dominante. J'en ai parlé ici.

En termes sartriens, il y a la littérature engagée et la littérature embarquée. La littérature engagée assume son idéologie, la littérature embarquée ne l'assume pas. La première est activement idéologique, la second passivement idéologique. Point à la ligne.

  • Copé le pauvre chou s'érige en victime et en leader de l'anti-système alors qu'il est en réalité coupable, et complètement dans le système.
Copé fait partie de ces gens qui sérieusement voudraient s'opposer à ce que certains livres soient présents dans les écoles et les bibliothèques. Pourquoi? Pour combattre le 'système'.

Bon, mais les livres qu'il attaque sont évidemment les 1% de la production totale de livres jeunesse qui sort un peu de la norme et présente des alternatives à la société patriarcale, hétéronormative, classiste et raciste dans laquelle on vit.

Oui, car on vit dans une société où la vaste majorité de la production culturelle pour les enfants, y compris les jouets et les jeux, perpétue l'idéologie dominante, c'est-à-dire celle de Copé et de ses copains.

Si Copé 'voit' de 'l'idéologie' dans ces livres jeunesse, c'est parce que les valeurs qu'ils diffusent ne sont pas transparentes, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas les valeurs de l'idéologie dominante, c'est-à-dire la sienne. Donc ces livres sont transgressifs et non pas en conformité avec le 'système'. C'est bien entendu Copé qui est conforme.

Ah, et puis 'Nos enfants', ces chers petits choux fragiles. Copé et ses copains n'ont que ces deux mots-là à la bouche, parce qu'il savent très bien que pour émouvoir les foules il faut parler des enfants, de 'nos enfants', c'est inter-espèces d'ailleurs, on émeut aussi quand on parle de girafons qu'on euthanasie et de chatons jetés contre les murs. Nous, les auteurs jeunesse engagés, on est soudain les Farid de la Morlette de l'éducation à la française.

'Nous les auteurs jeunesse engagés', on tiendrait tous confortablement dans l'antichambre de son bureau au siège de l'UMP, vu combien on est. A l'entendre, on dirait qu'on est des milliers.

Moi 'mes enfants' ça va, merci, je les sens pas trop en 'danger' dans la définition copéiste du terme. Parce que si jamais j'en ai un jour, j'ai totale confiance qu'ils naîtront dans une société où on en sera encore à remettre en question l'avortement comme ça de manière anodine, à perpétuer des stéréotypes de genre, de classe, de race et d'orientation sexuelle, parce qu'au train où vont les choses on ne dirait pas que ça soit près de changer. OUF ALORS.

  • Copé a porté atteinte à notre travail et à l'édition française pour la jeunesse.

Copé, qui a découvert la littérature jeunesse contemporaine avant-hier, a en quelques secondes soigneusement détruit symboliquement le travail de centaines de personnes qui lisent, écrivent, analysent ou publient des livres pour enfants de qualité, qui vivent de ça et qui vivent pour ça.

On a la chance énorme en France d'avoir une littérature jeunesse de haute qualité et extrêmement variée. On peut parler de tout et publier des livres de qualité. On a des maisons d'édition anciennes et des nouvelles, des maisons engagées, des éditeurs comme le Rouergue, Sarbacane, Talents Hauts, Rue du Monde qui n'ont pas peur d'assumer leurs choix esthétiques et politiques. On en a d'autres qui vont pêcher les meilleures productions mondiales et les traduire pour 'nos enfants'.

On a la chance d'avoir un gouvernement qui semble ouvert à la possibilité de promouvoir ces livres, qui est prêt à les défendre. On a la chance d'avoir un ministre de l'Education Nationale et une ministre des Droits des Femmes qui croient en la littérature jeunesse pour changer les choses, même un tout petit peu, même par stratégie politique.

On a la chance d'avoir une littérature jeunesse qui ne se tient pas tranquille, et qui n'est pas seulement là pour faire du business.

Jean-François, sérieux, viens cinq secondes chez moi à Cambridge faire le tour d'une librairie jeunesse et tu verras ce que c'est qu'une littérature idéologiquement homogène, lisse, inoffensive, qui respecte le système, qui 'se vend bien'. J'adore les Angliches, mais pour rien au monde je ne voudrais que la littérature jeunesse française prenne la suite de l'édition anglo-saxonne.

  • Copé n'y comprend toujours rien aux revendications féministes
Copé, qui n'a apparemment aucune notion de sociologie ou de théorie politique même basique, se croit capable "d'informer" le grand public sur les "dangers" d'une "théorie du genre" qui n'existe que dans les fantasmes (peuplés d'images de masturbation infantile et de pédophilie, il faut le rappeler) de groupuscules qui ne feront jamais l'effort d'ouvrir un livre de Beauvoir, de Butler ou de Greer pour savoir de quoi il retourne.

... là j'ai plus la force d'expliquer. Marre. Et puis il faut que j'y aille.

(C'est assez relou, quand on vit à la fois pour la littérature jeunesse et pour le féminisme radical, de se retrouver comme ça pile à l'intersection des deux sujets que cet homme a choisis pour étaler sa fausse ignorance.)

Bon, quand même avant de finir, je vais citer d'autres personnes sur le sujet:

"Tant que certains de nos dirigeants ne se formeront pas sérieusement et avec intérêt à ces domaines que sont l’enseignement, l’enfance, et ne liront pas enfin les études passionnantes sur le genre qui prouvent bien qu’aucune théorie dans le domaine n’existe, qu’aucune application dans le réel n’existe – ce sont seulement des réflexions sur comment les gens vivent – tant que cet effort ne sera pas fait, en face ils seront très forts, appliqués à tourner en inculture leur très grande culture, à placer des oeillères très opaques sur le front des gens, à construire des forteresses autour de l’esprit des enfants, dans le seul but de rallier une majorité à leur cause élective." 

"Les auteurs qui œuvrent pour plus d’égalité entre filles et garçons ne sont pas ceux qui font entrer la pornographie ou la pédophilie dans les lectures ou l’éducation des enfants. Au contraire. Ce sont ceux qui les séparent en deux groupes distincts, et leur imposent les codes de séduction des adultes, qui les sexualisent. Ce qui est scandaleux."


"Chaque fois qu'une personne parle de ce qu'elle ne connaît pas,
elle se ridiculise. Chaque fois qu'une personne politique parle
de ce qu'elle ne connait pas, elle se ridiculise, et elle fait du mal,
bêtement, à la politique et sciemment à ce qu'elle vise.

Dire qu'un livre pour enfant est nul parce qu'il n'y a pas
beaucoup de texte c'est dire que la Joconde est sans intérêt
puisqu'elle est sans texte, et que «Mein Kampf» (Mon combat),
le livre de Hitler, est génial, puisqu'il est plein de mots
et sans dessin. C'est être bête et se ridiculiser."


"Perso, j'ai écrit La Princesse qui n'aimait pas les princes pour ouvrir le dialogue, entre gens qui ont envie de s'écouter, de se comprendre. Pour se taper dessus, je conseille plutôt l'annuaire téléphonique. Bien épais et imprimé avec l'argent public, ce serait bête de se gêner."

"De tous temps, les dictatures et les régimes les plus autoritaires ont commencé par s’attaquer aux livres, par les accuser, les expurger, puis les brûler. Le fait que des individus, anonymes ou responsables politiques, puissent s’engager sur ce chemin qui les éloigne de la démocratie ne peut être considéré comme anodin. "

Et puis finir plus légèrement avec des personnages de littérature jeunesse tous à poil, juste pour emmerder Jean-François Copé. 


à poil Fifi Brindacier et Harry Potter,

à poil le Petit Nicolas,

à poil le Petit Prince,
Et puis à poil le héros et l'héroïne de cette fable transgressive où les petites grosses finissent par gagner et les chauds lapins sans cervelle finissent par perdre.


mercredi 6 novembre 2013

Dans les salons

Dans les salons, il se passe des trucs très bien et il se passe aussi des trucs, disons, enfin, des trucs comme ça quoi:

ton zizi va tomber et il sera mangé par les cafards

en même temps, c'est pas moi qu'elle va aller réveiller la nuit en pleurant. Mais j'ai une conscience morale quand même.
je vole une anecdote à la géniale Axl Cendres, qui m'a raconté qu'un jour elle s'apprêtait à signer un agenda pour une collégienne qui s'est soudainement écriée: 'NOOON PAS SUR CETTE PAGE!!! C'EST L'ANNIVERSAIRE DE ROBERT PATTINSON!!!'
mais pleure pas comme ça, les miens sont presque aussi bien tu sais
et vlan, prends-toi ça dans les dents!

Enfin le reste du temps c'est quand même pas mal de marrade. D'ailleurs même quand ça se passe comme ça c'est un peu de la marrade quand même.

allez bises je file!

ps oui je sais ce post n'est pas sur la vie universitaire comme il devrait l'être cette semaine mais je me suis dit que ça ne vous intéresserait pas d'entendre parler des usages de PowerPoint pendant les colloques. Mais si ça vous intéresse, allez là pour le lire en anglichois

jeudi 17 novembre 2011

lundi 16 mai 2011

Puisque c'est maintenant officiel...

... dans le communiqué des livres annoncés par Talents Hauts, je peux enfin révéler que l'illustratrice de La plume de Marie est Anaïs Bernabé! Ses dessins sont magnifiques et j'ai hâte de pouvoir tous les admirer.

Le livre sortira en librairie le 8 septembre 2011...

Et en attendant, une illustration de plus par je, qui révèle un autre personnage! 10 points à celui qui le reconnaît sans lire le communiqué.

lundi 2 mai 2011

Regarde m'dame, j'ai fait du dessinage

Parce que quand on s'avachit devant la redif d'On n'est pas couché sur France2.fr il faut en même temps gribouiller des trucs (la meuf qui a que ça à faire). Du coup ce week-end j'ai fait des représentations pictoriales et iconographiques, je dirais même des expériences artistiques poussées, des personnages de mon roman La plume de Marie, qui sortira chez Talents Hauts dans quelques mois, et cela me permet donc de vous les présenter en avant-première...

Evidemment ces illustrations personnelles n'ont RIEN d'officiel car le roman sera illustré par une bien-plus-talentueuse-et-vraiment-illustratrice-personne-dont-je ne-sais-pas-si-j'ai-le-droit-de-divulguer-de-qui-il-s'agit-donc-je-me-la-ferme!


Voilà donc juste pour le fun les personnages principaux de La plume de Marie (si tu cliques c'est magique ça zoome essaie tu verras):







En plus de ça, il y a un autre personnage et pas des moindres, mais celui-là, c'est pas pour tout de suite.

dimanche 14 novembre 2010

C'est le ouikènde!

... et je fais encore du dessinage avec ma nouvelle boîtàaquarelle que c'est mon copain qui me l'a offerte pour notre anniversaire de quatre ans.





Le problème c'est que dès que je fais du dessin 'sérieux' il ressort très rigide. J'aimerais bien savoir dessiner, genre savoir vraiment dessiner des trucs difficiles avec des effets d'ombre et de style, mais je pense que c'est quasi impossible sans cours de dessin et/ ou école d'art, et je n'ai ni l'un ni l'autre dans mon baluchon. Du coup je dessine toujours les mêmes choses, avec toujours les mêmes outils (après tout, la peinture à l'huile c'est plus difficile et moins rigolo que la peinture à l'eau).

Mais hier je suis allée à un atelier dessin d'une journée quelque part dans Cambridge. C'était rien chouette parce que ce genre de trucs n'arrive pas très souvent à Cambridge, et on n'était que cinq, donc on a eu six heures de cours assez productives. Six heures de cours où il a fallu que je me force à dessiner d'après nature, ce que je ne fais jamais parce que je déteste ça. Oui en général je me dis 'allez c'est bon, je sais à quoi ça ressemble un visage, j'en vois tous les jours' et mon dessin ressemble à un cousin d'E.T. à la mode de Bretagne. Mais en groupe ce n'est pas aussi pénible que toute seule et on a fait des exercices intéressants, genre dessiner sans regarder le papier, dessiner très rapidement, dessiner très lentement, et dessiner quelqu'un avec un marqueur sur du plastique transparent tenu verticalement (essayez c'est très intéressant).

Bref c'était très cool et je me suis acheté une belle boîte de Conté. On verra ce que ça donne.

vendredi 25 juin 2010

Où est Charlie?

Pour ceux qui suivent l'actu trépidante de ma vie en Outre-Manchie, vous savez depuis le dernier billet que la semaine dernière était May Week, la semaine de l'alcool, des fêtes, de la fin des examens et des robes de bal. Non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous infliger des photos de robes de bal. D'abord les Anglais ont un goût douteux dans ce domaine-là. Sérieux les trucs en satin avec des noeuds et des strass faut arrêter.

Revenons à nos moutons.

Il se trouve aussi que pendant May Week il sort une édition spéciale du journal de l'université, The Cambridge Student (TCS). Ca fait déjà un bail que je dessine chaque semaine un petit comic strip de quatre cases pour TCS, et cette année le rédac chef m'a demandé de dessiner la une de l'édition spéciale May Week. Il voulait un dessin genre 'Où est Charlie', mais avec plein d'événements de l'actualité récente de Cambridge. Voici donc mon dessin, et ensuite un lien vers le journal en pdf.

Ca ne va vous intéresser que modérément, je vous préviens d'avance, vu que 99% du dessin est constitué de private jokes entre étudiants de Cambridge.

Trêve de bavassages, voilà la bête:



Et voilà un exemplaire du journal en pdf, au cas où vous verriez encore clair entre deux bâillements: cliquez ICI.

mardi 22 juin 2010

Vingt-quatre heures de bande dessinée

Si je n'ai pas écrit depuis plus d'une semaine, c'est que la semaine dernière était May Week: la semaine célébrant la fin des examens à Cambridge. Ca veut dire bals, garden parties, pique-niques, sorties en bateau, et surtout de longues, très longues nuits sans sommeil.

Et étant donné que je suis la présidente du club de BD de Cambridge, May Week c'était aussi, samedi et dimanche, l'événement de l'année: le '24 hour comic', autrement dit 24 heures ininterrompues à écrire et dessiner une BD de 24 pages. On a commencé samedi matin à 9h et on a terminé dimanche matin à 9h. Je viens tout juste de récupérer toutes ces heures de sommeil perdues et mon poignet droit, après deux jours de grève, accepte à nouveau de tenir un crayon. Merci poignet droit. Bref, pour partager avec vous les joies de cet événement ultra geek et très crevant, voici quelques photos de ces 24 heures:



Nous tous (huit bédéistes) au tout début de l'aventure...



Moi après presque 12h de travail (l'horloge au mur indique 20h30!)



Mon ami Luke de LukeSurl.com, accompagné de notre mascotte Théodore le bonhomme en bois!

Et enfin, voici la toute première page (non encore retouchée) de l'histoire de 24 pages que j'ai écrite et dessinée, et qui s'appelle Bridges (Ponts):