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lundi 4 juillet 2016

Le livre sous toutes ses formes

L'un des gigantesques plaisirs quand on est auteur, c'est de voir se transformer un manuscrit Word Times New Roman 12 en parallélépipède rectangle avec couverture, quatrième de couverture, et des centaines de pages au milieu qui boivent l'encre et sentent le champignon, comme dit l'autre.

Mais il y a un autre plaisir, que je découvre maintenant de plus en plus, et qui est le plaisir de voir ce livre continuer à se transformer, entre les mains d'autres personnes - et se mettre à adopter des formats aussi imprévus qu'étonnants... Sous tes yeux ébahis, Carapuce devient Tortank.


tu ne comprendras pas cette référence si tu as l'âge d'avoir voté Leave au référendum sur le Brexit
Dans la rubrique 'dévoreur de livres,' on a le livre-gâteau - celui-ci réalisé par la charmantissime M.-M., enseignante près de Laval (et l'une de ces belles rencontres amicales que l'on fait au détour des chemins...)


 ... et celui-ci, en pain d'épices, pour l'un de mes petits livres anglais:


Il y a la boîte-livre et le livre pop-up - ce n'est pas une coïncidence si je vous montre ceux réalisés par la classe de M.-M. elle-même (MMLm'M), qui sont éplapourdissants...



l'incroyable boîte 'Carambol'anges', basée sur les illustrations d'Eglantine Ceulemans (notez la tombe de Mamie Paulette marquée 'RIP' dans le coin à gauche)

pauvre Nel qui a du mal à conduire


Il y a des livres qui deviennent des portes, comme ici, dans une école de Cambridge, avec ma petite superhéroïne Sesame:


Il y a ces transformations que l'on découvre en rencontres scolaires: cette jeune lectrice de Cherbourg qui a écrit la lettre, hyper émouvante, que Mireille, selon elle, a envoyée à Klaus après leur rencontre; cette école des environs de Cambridge où ma Sesame résolvait un mystère de nains de jardins volés dans l'enceinte de l'établissement; ces tout petits élèves de primaire à St Germain en Laye qui avaient écrit des alexandrins dans l'esprit de La plume de Marie; ces dizaines de masques d'animaux dessinés suite à la lecture de La louve...


Et ces transformations silencieuses, dont on entend parler par un email, un message ou une lettre: des gens qui ont lu et relu le livre et qui se le sont appropriés. Des gens qui se sont lu les livres à voix haute, ici un couple fraîchement marié, là deux amies. On reste toujours incrédule d'apprendre des choses comme ça.

Evidemment, il y a aussi ces livres qui se transforment par la traduction: récemment, j'ai reçu la version italienne des Petites filles top-modèles,

 La louve, elle aussi traduite en italien, a carrément changé de tête: 

En coréen, comme les Lettres de mon hélicoptêtre récemment aussi:

Malheureusement, je ne peux lire aucune des langues dans lesquelles mes livres sont traduits (allô les Espagnols?). Mais il y a quelque temps, j'ai eu le bonheur de lire un extrait de Songe à la douceur traduit en anglais par un traducteur professionnel, et comme c'était trente fois mieux que l'original, j'espère en voir la suite un jour...

Je suis moi-même en train de traduire Les petites reines en anglais, ouvrage de longue haleine dont je vous reparlerai sans doute quand j'aurai le courage.

Et puis récemment, d'autres surprises: The Royal Babysitters en audiolivre:

(bon, OK, mes compositions photographiques artistiques, c'est pas ça, mais je suis pas instragrammeuse professionnelle tavu)

Enfin, last but not least, le théâtre! Les petites reines est en ce moment en cours d'adaptation, comme je vous l'ai déjà dit, par Soy Création et une troupe du tonnerre emmenée par Justine Heynemann. J'ai vu il y a quelques mois la première lecture de la pièce - expérience totalement clouante. Tu connais le texte, vu que c'est toi qui l'as écrit. Mais quand les mots arrivent... ils ont cette différence. Cet écart. Cette transformation! Allez voir les super photos des trois comédiennes sur le site de la troupe...

Mais Manon Combes, Barbara Bolotner, Justine Bachelet, Mounir Magroum et Rachel Arditi ont de la concurrence: dans le cadre du prix Enlivrez-Vous, une classe a fait sa propre adaptation des Petites reines en sketchs...


EVEM2016 : "Les petites reines" par le collège... by enlivrez-vous-en-mai

Encore une transformation, encore (de mon côté) un sentiment qui se résume aux trois mots 'truc de fou!', pas hyper élégants mais seuls capables d'illustrer l'étonnement ravi qu'on ressent en voyant son bébé-livre se faire ad(o/a)pter par d'autres.

Ces exemples sont partagés par tous les auteurs, surtout ceux qui ont le bonheur de travailler en littérature jeunesse, où l'appropriation, la dévoration, la transfiguration d'un livre aimé n'a rien d'une honte.

Et parce que je me suis toujours moi-même adonnée au fan art, à la fan fiction, à l'adaptation (moi madame, j'ai fait une adaptation filmée d'un livre de Jacqueline Wilson, figurez-vous), au cosplay, à la parodie, au pastiche et autres transmogrifications lectorales, je suis d'autant plus émue.

D'ailleurs, la semaine prochaine, je vous dirai des nouvelles d'un certain livre que j'admire, et dont je vais moi-même participer à la transformation...

Sur ce cliffhanger haletant, je vous laisse!

Petite note: Je suis bien consciente de ne pas avoir écrit de billet depuis longtemps. La vérité, c'est que j'en ai trois en attente, non publiés - il se trouve que l'un d'entre eux, 'Contre le french-bashing en littérature jeunesse', était censé sortir (par coïncidence) un certain funeste vendredi où le pays dans lequel je vis depuis 10 ans a pris une décision aussi consternante que désespérante dont je ne suis pas encore tout à fait remise. Dans cette ambiance-là, le billet n'avait plus la même résonance, et je n'avais plus l'entrain nécessaire pour me remettre à bloguer passionnément. J'espère le retrouver bientôt.

vendredi 6 mai 2016

Sous les couvertures...

C'est le jour C! C comme Couverture: celle de Songe à la douceur, qui sortira le 24 août. La voici!


('C'est les couleurs de la NRF!' s'est enthousiasmée ma mère, qui ne perd pas espoir que je finisse un jour par écrire de la vraie littérature.)

C comme Courbes, Circonvolutions, Clarté - j'adore cette typo bouclée et noueuse, qui tricote les fils de deux vies, et offre une promesse de romantisme (sera-t-elle réalisée, that is the question...)

Mais aussi, et pour l'occasion, le jour C comme Claudine...

Qui est Claudine? Claudine Devey, chanceuse porteuse d'un prénom colettien que j'adore, est la graphiste de Sarbacane. Après une formation en arts appliqués à Lyon Bellecour et à Toulouse, elle a travaillé comme graphiste dans plusieurs maisons avant de se faire kidnapper par les Sarbacaniens. Arrivée là-bas en 2014, elle a dynamisé, modernisé... pour ne pas dire révolutionné les couvertures de la collection Exprim'. On lui doit par exemple:




 


On voit à quel point ce travail est véritablement celui d'une artiste composant un corpus d'images, visuellement cohérent, personnel - une oeuvre, tout simplement. De livre en livre, on retrouve sa patte, son style - sa voix. Mais chaque récit étant différent, elle déploie aussi d'autres tons, d'autres nuances, d'autres jeux de textures et de couleurs, et juge de là où il faut placer une photo, et là où il faut mettre une image stylisée.

Voici une mini-interview exclusive de Claudine quant à la réalisation de la couverture de Songe:

La raison de Claudine
(désolée j'ai pas pu résister)

J'imaginais vraiment une composition typographique pour cette couverture, quelque chose de léger, aérien, et poétique.
J'ai donc orienté mes recherches de typos sur le site my fonts : 
dans les scriptes.
J'ai fait une première composition sur photoshop, que j'ai ensuite imprimée,
pour la redessiner et apporter quelques ajustements 
(d'abord sur calque sur A4).
Le dessin du titre était fait, mais il y avait trop d'aspérités.
Il a donc fallu ré-imprimer cette composition sur un format plus grand (A3), pour la re dessiner encore une fois :
les courbes des lettres étaient alors plus lisses, plus précises.


En mars, j'ai eu la chance de voir, dans les bureaux de Sarbacane, ce fameux calque A3:



C'est extrêmement impressionnant d'avoir devant les yeux cette typo splendide réalisée à la main, personnalisée pour ce livre-là et pas un autre. On voit immédiatement la différence entre un tel travail et l'application d'une typo-type, même jolie, à un dessin ou une photo d'une banque d'images.

Ensuite, il y a la question des couleurs. Voici quelques exemples de couleurs proposées pour Songe à la douceur:



Et une photo tout à fait dégueu que j'ai prise moi-même avec mes petits doigts tremblants dans les bureaux de Sarba:


(ça fout un peu la pression ce SONGE A LA DOUCEUR répété cinq fois, je vous l'accorde. SONGES-Y OK!??!!)

On va finir avec C aussi comme Choix (celui de l'auteur/e). L'occasion de répondre à quelques questions qui reviennent souvent...
  • Question numéro un: C'est toi qui choisis ta couverture? 
Non, dans le sens où généralement, l'auteur/e n'a strictement aucun rôle autre que de suggestion (/persuasion, séduction, roucoulement, etc) dans les premières décisions concernant la couverture. Pour Songe, je voyais bien une stylisation du tableau de Caillebotte 'Le jeune homme à la fenêtre' (qui a une place assez importante dans l'histoire), mais c'est la seule suggestion que j'ai faite (et qui n'a pas été sélectionnée tavu).

pourtant c'était tellement vendeur
La plupart du temps, mais ce n'est pas du tout une norme ni une généralité, on a un choix, ou plutôt un rôle consultatif plus appuyé, dans un deuxième temps. L'éditeur nous envoie plusieurs propositions de couvertures pour nous demander notre avis. Dans le cas de Songe, c'était seulement une question de couleurs (entre les deux bleues et la NRF).

Mais parfois c'est vraiment une question d'image principale; par exemple, pour Comme des images, on (Tibo et Fred) m'avait envoyé ces quatre-là:





Et là il y a une stratégie que j'appellerais 'Tiboesque' ou 'Fredesque' - nos deux Sarbacaniens étant tous deux friands de cette rhétorique - qui consiste à dire:
Tu préfères laquelle? Nous on a notre petite préférée déjà...
Alors moi:
Oh chouette! je préfère l'une des deux premières!
Et là tu reçois une réponse qui dit:
Ah bon??? nous on DETESTE les deux premières. Non, clairement c'est l'une des deux dernières qu'il faut.
Moi:
Mais alors euh pourquoi vous m'avez proposé les deux premières?
Tibo/ Fred:
Aaaah, je suis content que tu préfères aussi celle qu'on préfère! Voili voilà. C'était cool t'as vu comme on t'a donné l'impression d'avoir le choix, hein? 
Moi:
C'était super merci wow
Stratégie que je conseille aux parents de jeunes enfants: 'Tu préfères une purée de carottes ou un Snickers?' 'Un Snick-' 'Très bon choix mon petit lapin, splish splosh, une cuillère pour papa, une cuillère pour maman...'
  • Question numéro deux: qu'est-ce qui se passe si tu détestes ta couverture? 
Ben t'es triste et tu t'en plains amèrement avec d'autres auteur/es autour d'un mojito aux fraises (suivez mon regard). Il y a plein d'auteur/es qui détestent toutes ou certaines de leurs couvertures. Certain/es auteur/es sont expert/es en détestation de couvertures - je pense qu'il y a quelque chose de très profond là-dedans, parce que c'est vraiment le visage de ton livre, et c'est dur de ne pas avoir le contrôle.

Il est vrai qu'une couverture 'ratée', ou pas tout à fait appropriée, peut ruiner la vie d'un livre. J'ai été extrêmement échaudée par la couverture de mon premier livre de Sesame Seade en Angleterre, illustrée par Sarah Horne - je la trouve tout à fait réussie, mais je ne m'étais pas aperçue à quel point une simple bandelette rose en haut la marquerait comme 'livre de fille'. J'ai été estomaquée quand une amie m'a dit, comme si c'était une évidence, qu'elle n'allait pas acheter le livre à son fils parce que 'it's pink'. 'It's not pink', lui ai-je dit, il y a 1cm de pink pour 20 de blue. Mais c'est déjà trop de pink pour ces gens-là. A mon grand malheur, ce roman qui roule à 200 à l'heure, complètement androgyne, n'a été lu que par très peu de garçons.


Très frustrée par cette histoire, j'ai réagi catégoriquement quand Tibo m'a proposé une couv pour Carambol'anges qui était rose:


Pour moi, c'était absolument hors de question: ça n'avait rien à voir avec l'esthétique (j'aimais bien le côté carambar), mais je ne m'étais pas cassé la tête à faire un/e héro/ïne entièrement dégenré/e pour qu'on fasse une couv qui marquerait le bouquin comme 'pour filles'. J'ai persécuté Tibo et Claudine et les ai corrompus avec des chouquettes (authentiques) jusqu'à ce qu'ils acceptent de rendre les couleurs 'neutres', c'est-à-dire (je ne cautionne pas cet état de fait, je précise), dans des tons bleus.

(Tant qu'on est sur ce sujet: Tom Lévêque cherche des ados pour répondre à un questionnaire pour sa recherche de master sur les représentations du masculin en littérature ado. C'est un projet extrêmement précieux car c'est une question rarement abordée en recherche universitaire en LJ. Donc va l'aider, si t'es encore jeune... moi j'ai plus l'âge! Il est aussi question de couvertures, et ça se passe là-bas!)

J'en suis très heureuse maintenant, car Carambol'anges est vraiment lu et apprécié par des petits garçons. 

Donc, il n'est pas impossible de faire ployer les éditeurs et graphistes, mais seulement avec des arguments précis et en béton. Il n'est pas inutile aussi d'être porteuse du gène CH1Eu5E, niveau expert, et d'être prête à sacrifier une partie de ses droits d'auteur à la boulangerie du coin pour amadouer les troupes.
  • Question numéro trois: t'as des images de couvertures qu'on n'aurait pas vues à nous montrer?
Puisque tu me le demandes si gentiment...! tiens, voici un essai très ancien (que j'adore) pour Les petites reines, réalisé par Claudine:


Très anglais, et très gracieux, mais trop calme comparé à l'actuel, évidemment...

Voici aussi une image sympa d'une calibration de 'plat' pour le deuxième tome de Sesame Seade, Gargoyles Gone AWOL. C'est un jeu subtil pour l'illustratrice, Sarah Horne, qui doit créer une image continue mais qui s'adapte aux divers blocs de texte d'une couverture (clikpouragrandir):


Quand la couverture aura été révélée pour mon prochain petit album avec Maisie Shearring, Va jouer avec le petit garçon (dont je ne vous ai pas encore parlé), je reviendrai sur cette question, car c'est très intéressant les discussions qu'on a eues.
  • Question bonus: Quel est le meilleur billet de blog jamais écrit sur les couvertures de livres jeunesse? 
C'est celui-là, sur le blog d'Allez vous faire lire, de Julia Lupiot: 'Délit de faciès, ou la couverture ratée'. Extrêmement instructif, drôle et qui touche à plein de sujets différents. Comme vous n'avez pas encore assez procrastiné aujourd'hui, il faut y aller directement. Off you go! Enjoy!

vendredi 29 janvier 2016

Traductions à gogo

Juste un petit mot rapide (et dimanche, promis, un vrai billet!) pour annoncer quelques trucs très chouette au rayon traductions:

- Le second tome des Royales Babysitters, Les Royales Demoiselles d'Horreur (titre génialissime, dû à la non moins exceptionnelle Amélie Sarn), est sorti le 13 janvier. Je dois dire que je m'étais totalement emmêlé les pinceaux et pensais qu'il sortait en avril! donc ça m'est passé au-dessus de la tête. Je ne l'ai pas encore reçu donc pas encore lu, mais il se murmure qu'il se déroule en Francie, où, mandatés par l'étrange Mademoiselle Malypense, Holly, Anna et Pépino doivent aider à organiser le mariage de la princesse Violette avec le très blafard Comte Dentu de Romanie. Je vous en dis plus dès que je l'ai!


- Les petites reines, déjà vendu en Allemagne, a été vendu en Grande-Bretagne (!!!) à Pushkin Press. C'est moi que je vais faire la traduction. Non, je n'ai aucune idée de comment je vais traduire boudin. Non, je ne sais pas quel va être le titre. Non, aucune idée de comment je vais traduire les blagues et tout. Mais tu sais rien en fait? Non pas encore tavu j'ai pas eu le temps de m'y mettre.

Et oui, l'histoire se déroulera toujours en France, évidemment (question passablement idiote qui m'a été posée plusieurs fois; désolée, chers amis qui me l'avez posée, je vous adore mais c'est quand même une question idiote).

C'est mon tout premier livre à traverser la Manche dans ce sens-là. C'est qu'elles ont des mollets, Mireille et les deux autres...
 
- Et last but not least, ma chérie Sesame, héroïne de ma toute première série anglaise Sleuth on Skates (une détective en patins à roulettes) va chausser ses rollers pour venir rencontrer des petit/es lecteurs et lectrices français/es!


Les droits des deux premiers tomes ont été vendus à Rageot. J'ai immensément hâte que vous rencontriez (enfin!) ma petite Sesame, qui a été très appréciée des mini-Angliches et pour laquelle je reçois jusqu'à ce jour des lettres d'Angleterre, des Etats-Unis et d'Allemagne...

Non, c'est pas moi qui fais la traduction!

see ya

Clem

samedi 7 février 2015

Ecrire en bâillant

Après tout, me disais-je, peut-être le plaisir qu’on a eu à l’écrire n’est-il pas le critérium infaillible de la valeur d’une belle page; peut-être n’est-il qu’un état accessoire qui s’y surajoute souvent, mais dont le défaut ne peut préjuger contre elle. Peut-être certains chefs-d’œuvre ont-ils été composés en bâillant. (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs, p.374)
Alors, les ami/es, question du jour: écrit-on toujours mieux quand on est tellement passionnée qu'on n'arrive pas à s'arrêter, que l'aurore darde ses doigts de rose par la fenêtre et qu'on s'aperçoit soudain (parce que le robinet de la salle de bains n'a pas été fermé et qu'on a les pieds mouillés par une inondation généralisée) qu'on n'a pas donné leur biberon aux triplés, que le chien a chié partout dans le salon, que le mari s'est barré avec la voisine du dessus et qu'un avion de la TransAsia s'est écrasé dans les hortensias du jardin?

A mon avis, non; on n'écrit pas forcément de meilleurs textes, qui passionneront plus les lecteurs, si on n'est pas toutes les trente secondes en train de regarder sa montre. Je ne dirais pas qu'être passionné n'aide pas - notamment parce que si ce qu'on écrit nous intéresse vraiment, on est, me semble-t-il, plus réceptif parfois à des idées vives et originales, ce qu'on appelle benoîtement l'inspiration. Mais ce que j'ai remarqué au fil des années, c'est qu'il y a finalement peu de corrélation entre les bouquins que j'ai vraiment adoré écrire et ceux qui fonctionnent vraiment avec les lecteurs.

Prenez par exemple La plume de Marie, qui reste l'un de mes meilleurs souvenirs d'écriture. J'ai adoré écrire ce livre. Je l'ai écrit en retenant mon souffle, complètement emportée par ma propre écriture. Je revenais à mon moi clémentinesque de sixième-cinquième, quand, fascinée par le théâtre classique, j'engloutissais tout Racine, Corneille et Molière et m'inventais dans ma tête des dizaines de scènes en alexandrins rimés sur le chemin du collège. J'étais à fond dedans.

oui j'étais très cool comme ado.
C'est donc avec moult pincements au coeur que je lis des chroniques de ce petit bouquin m'affirmant qu'il a été écrit 'pour correspondre aux programmes scolaires', ce qui est parfaitement faux. De nombreux lecteurs l'ont lu comme un exercice intellectuel d'une profonde sécheresse, alors que pour moi c'était véritablement un élan affectif, presque amoureux. En gros, ça a foiré.

tristesse infinie
Autre exemple, totalement opposé: La pouilleuse, qui a été difficile, lent et pas très plaisant à écrire. C'est un livre sombre, je l'ai abandonné après une semaine, repris un an plus tard, fini plutôt par sens du devoir que par passion; envoyé sans grande conviction à des éditeurs, qui tout de suite ont mordu. Et ça reste le livre dont on me parle le plus comme d'un roller-coaster, hyper prenant, etc. Quand je l'écrivais, pourtant, il n'avait rien d'hyper prenant, je vous demande de me croire.

Ensuite il y a les livres qu'on n'a pas aimé écrire ET qui ne marchent pas bien: la loose internationale. Je vais pas m'autocrucifier en donnant des exemples de mon propre corpus, mais il y en a.

Et puis l'idéal: un livre qu'on a adoré écrire, et pour lequel les lecteurs montrent un enthousiasme similaire. Ca ne m'est arrivé pour l'instant qu'avec mes petits Sesame Seade anglais, que j'ai écrits avec une joie absolue et en rigolant toute seule, et qui fonctionnent avec beaucoup d'enfants. C'est un immense plaisir de rencontrer une résonance comme ça, et ce n'est pas courant.

tout le fun et zéro de pas bien
Donc, des cas de figure très différents, des livres qu'on adore et qui ne marchent pas, des livres qu'on n'a pas aimé écrire et qui touchent une corde sensible. Il y a beaucoup d'incompréhension entre auteur et lecteurs. Des moments ou quelqu'un nous parle en bien d'un de nos livres qu'on n'aime pas trop, et on a envie de dire mais arrête, kestufous, lis celui-là plutôt! Des moments où un lecteur nous dit qu'il a préféré tel passage, qu'on a dû réécrire mille fois, sans passion et sans enthousiasme, un travail peu gratifiant, cérébral, inintéressant. Et au contraire, des lecteurs qui n'aiment pas - mais comment PEUVENT-ILS ne pas aimer? - des pages passionnelles et emportées par l'inspiration.

J'ai relu récemment les épreuves de The Royal Wedding-Crashers, qui sort en mai et qui est la suite des Royal Babysitters. Très franchement, ça a été une totale pain in the a## d'écrire ce bouquin. J'en ai bavé. Panne d'idées, impossibilité de lui faire faire ce que je voulais, etc. Une vraie corvée. Et ensuite, un travail éditorial monstre (enfin, rien comparé au travail Tiboesque, hein), boring et tedious.

je te hais, mais finalement je t'aime bien

Et pourtant, en lisant les épreuves... Je me suis dit hé bien, ça fonctionne nickel. It works. C'est un livre énergique, fun et insolent, meilleur d'ailleurs que les Royal Babysitters. Où sont les cicatrices de mes traumatismes d'écriture? Le texte les a résorbées.

Personne n'en saura jamais rien.

Ah oui, sauf que je viens de l'écrire sur mon blog, dammit.

Et vous alors, qu'est-ce que t'en penses?

samedi 13 septembre 2014

Ecrire pour les petits choux mignons avec des dents qui manquent

Ces jours-ci j'ai un petit bouquin anglichois qui sort, du doux nom des Royal Babysitters (les babysitters royales au cas où vraiment t'es pas doué en traduction). Je vous ferai remarquer que la duchesse de Cambridge elle-même a salué l'arrivée de ce petit bouquin en ayant l'extrêmement bonne idée de tomber enceinte d'un deuxième royal baby. Je précise que je n'ai rien à voir avec la conception de ce monarchique enfant, d'ailleurs je sais même pas comment on fait des trucs genre enfants, il paraît que c'est beurk.

faire un livre par contre c'est pas beurk faut juste taper sur des touches d'ordinateur jusqu'à ce que ça fasse des mots qui veulent dire quelque chose, ensuite tu les attaches en phrases et voilà fini

Donc ce petit bouquin marque, après mes Sesame Seade et aussi mon Pépix qui sort l'année prochaine, Carambolanges: L'affaire Mamie Paulette (où il est question d'anges et angéliquement illustré par Eglantine Ceulemans), un moment de ma cârrière littérâire fortement intéressant puisqu'il s'agit du passage de 'rhô là là Clémentine elle est sombre et politique' à 'aaaah enfin c'est doux mou mignon et chou avec des trucs où on rigole'. Je ne démens pas qu'il s'agit là d'un changement assez radical qui me ramène avec nostalgie aux lectures de mon enfance, entre Fantômette, Fifi Brindacier, Tintin, le Petit Nicolas, Tom-Tom et Nana et autres Bennett et Astérix.

ceci est un dessin mirifique d'Eglantine comme tous ses dessins d'ailleurs

Oh là tiens d'ailleurs! dis donc! je vous ai montré mon nouveau bracelet Fantômette? non? alors le voilà:
on a le droit d'être jaloux
 Revenons à nos moutons. Donc, ce billet concerne l'écriture pour les petits choux mignons avec des dents qui manquent, autrement dit les charmants mouflets que certains d'entre vous, chers lecteurs et chères lectrices, avez eu la bonne idée de produire énergiquement (j'imagine) il y a de cela sept à onze ans.


après bon il y en a certains qui sont un peu plus dérangés que d'autres, ex. ma soeur
Ce type de littérature s'appelle en Anglicheland 'middle grade fiction', et ce qui est intéressant c'est que ça décolle carrément en ce moment - non pas qu'on en écrive plus (il y en a toujours eu beaucoup) mais ce type de bouquin gagne enfin ses lettres de noblesse. Il faut dire que depuis des années, dans les pays anglo-saxons, les blogs spécialisés en littérature jeunesse et les grands prix se focalisent presque uniquement sur les albums ou les livres ados, avec un gouffre vertigineux entre les deux.

Mais il y a quelques mois, de nombreux auteurs ont commencé à faire valoir la 'middle grade fiction' ('MG' pour les intimes) comme une littérature essentielle, formatrice, pas seulement une littérature de transition. Les 'MG authors' du Royaume-Uni comme moi se regroupent désormais dans une antichambre de Twitter signalisée par son propre hashtag (#ukmg, #ukmgchat) et on a des rendez-vous secrets, par exemple à Londres ce samedi, avec notre propre poignée de main maçonnique.

En France, heureusement, il ne me semble pas que la situation de la fiction pour enfants de primaire soit aussi lamentable que dans les pays anglo-saxons. La plupart des blogs jeunesse chroniquent beaucoup de petits romans et de romans illustrés qui ciblent ces âges-là, vous ne trouvez pas? C'est mon impression en tous cas.

Puisqu'on est sur le sujet, voilà certaines choses top-secrètes que j'ai découvertes en commençant à écrire pour les enfants taille école primaire - et qui forment les joies et les contraintes de l'écriture pour les moyens-petits.
  • Comment ne pas se retrouver avec un bouquin 'pour les filles' ou 'pour les garçons'
Ca, c'est pour moi LE problème de la littérature pour cette tranche d'âge-là. Les livres pour les 7-11 ans, encore plus que pour les tout-petits ou les très grands, sont hyper divisés. Le truc classique:
- J'ai un petit neveu mais il va pas aimer vos histoires, là.
- Ben pourquoi pas? C'est des histoires de détective.
- Oui mais c'est une fille la détective, il va pas pouvoir s'identif-...raahhhhhgghhh-
- Oups pardon je vous ai arraché la tête par accident.
Le problème étant que même quand on dit et répète qu'on NE VEUT PAS UN LIVRE GENRé et qu'on écrit une histoire qu'on considère parfaitement dégenrée, l'éditeur dit oui oui bien sûr et au final on se retrouve quand même avec une couverture rose à paillettes ou bleu marine métallisé, et les chroniques se succèdent qui annoncent 'une histoire qui devrait plaire à toutes les petites filles' ou 'qui va enfin faire lire les petits garçons'.
alors que moi je veux des livres pour toutes les petites billes et tous les petits glaçons
Ca m'hallucine toujours que les éditeurs coupent volontairement 50% de leur lectorat potentiel de cette manière, mais cibler l'un ou l'autre genre est apparemment toujours une stratégie gagnante. 

Alors comment faire? Franchement, à part envoyer dix mille emails au moment de la couverture en disant retire le rose, enlève les fleurs, change la typo et bon Dieu mais ARRETE de dire aux journalistes que c'est pour les filles!!! , y a pas grand-chose à faire. Cela dit, j'ai été plus ferme avec les Royal Babysitters qu'avec Sesame, et ça a payé. Naïvement, j'avais cru que Sesame, étant une série de détective à 0% de girlytude, n'allait pas être classé en lectures pour filles. J'avais tort: une ligne de rose en haut de la couv et un personnage central féminin ont suffi à l'estampiller 'fille'. Avec les Royal Babysitters, j'ai demandé à ce qu'on centre le personnage masculin, à alterner bébés et monstres marins, et à ne mettre ABSOLUMENT PAS DE ROSE. La couv est bien plus neutre et le 'pitch' aussi.
  • On évite de commencer une histoire avec une fillette morte d'une attaque de bête sauvage
Dans la première version de Carambolanges, Nel, l'ange pilote de taxi qui fait la liaison entre terre et ciel pour accompagner les âmes défuntes jusqu'au Paradis (ou alors jusqu'à l'Enfer si c'est par exemple un criminel de guerre, une tueuse en série ou l'éditeur de Valérie Trierweiler), Nel, donc, allait chercher une petite fille de dix ans qui venait de se faire tuer par une bête sauvage dans les bois. Les deux s'engageaient ensuite dans une grande enquête pour savoir exactement ce qui s'était passé.

Or, il est apparu lors de ma première conversation téléphonique avec Tibo de Sarbacane (c'est bien, ça fait noble 'Tibo de Sarbacane' enfin il faudrait l'écrire 'Thibault' quand même) que ledit T. de S.  n'était pas à 100% chaud pour qu'on ait une héroïne de 10 ans qui s'était fait déchiqueter la moitié du cou. Malgré le fait que le bouquin préféré de T. de S. est American Psycho, c'était pas le bon contexte pour ce personnage.
pas pépixable en tant que tel
Alors qu'est-ce qu'on a fait? Tibo a suggéré de transformer la gamine de 10 ans en vieille dame de 93 ans. Non seulement on contournait le petit problème de l'héroïne gamine toute morte, mais en plus on avait un personnage beaucoup plus comique dans l'aventure (une mamie en taxi volant, c'est mieux qu'une petite fille en taxi volant). J'ai donc réécrit l'histoire entière, et l'innocent flirt de Nel et de la fillette s'est changé en relation avec une sacrée grand-mère.

En Angleterre les prescripteurs sont hyper sévères sur ce qui est acceptable ou pas en termes de violence, de mort et de souffrance dans les bouquins pour primaire. En gros, la violence imagée ou grotesque à la Tex Avery, ça passe; la violence réaliste, non. Dans mon Royal Babysitters, le roi envahisseur veut maintenant transformer ses ennemis en boulettes de viande (OK pas de problème), alors que dans la première version du manuscrit il voulait les éventrer (ouh là non).

Un jour une libraire m'a dit, à propos du premier Sesame Seade, qu'un parent lui avait dit que quand même, elle est très violente cette phrase: 'Je me suis dit que quelqu'un l'avait peut-être coupée en tranches comme une aubergine pour une ratatouille'.

Les comparaisons à base d'agression envers les légumes sont donc à proscrire.

  • Parent qui rit, parent à moitié dans ton lit
Enfin bon, j'ai pas spécialement envie d'avoir des moitiés de parents dans mon lit, merci bien (sauf toi, là au fond, pourquoi pas) mais ceci est LA stratégie gagnante: faire rire l'heureux géniteur.

J'imagine (n'étant pas dotée d'une tripotée de mini-moi) que de devoir raconter des histoires à ton mouflet à huit heures et demie du soir alors que tu as envie 1) d'aller raconter à ta moitié que ce connard de Dulac a encore eu une augmentation et pas toi, 2) d'aller lire la liste de trucs Buzzfeed que t'as vu en diagonale postée sur le profil Facebook d'un pote, 3) de noyer ta crise de la quarantaine dans un verre de quelque chose, ça fait que tu n'es pas extraordinairement motivé pour lire un chapitre de plus de Choupinet Loulou, le lapin blanc qui avait une toute petite queue en forme de boule de coton.
pensée secrète: "Si je trouve l'auteur je le tue"
Alors que si tu lis un truc où il y a des blagues juste pour toi, parent, hé ben t'es content et ensuite, à la sortie des classes, tu dis au père de Malo et à la mère de Lola que ce bouquin-là, il est rigolo alors allez-y prenez-le et cachez Choupinet Loulou sous un meuble. Donc oui, contrairement à pas mal de gens je pense qu'il n'y a pas de mal du tout à mettre des blagues d'adulte dans un bouquin pour enfants, surtout si le bouquin va probablement être lu par les deux à la fois (niveau CP/CE par exemple). Du moment que le parent n'est pas le seul à mourir de rire pendant que le gamin trouve ça puissamment ennuyeux, où est le problème?
  • De l'action, de l'action, de l'action
Quand on commence à écrire pour cette tranche d'âge, on s'aperçoit vite que de l'action, on peut en mettre partout: dans le corps du texte, évidemment, mais aussi dans les dialogues, dans les didascalies, dans les illustrations (les illustrations des Royal Babysitters par exemple font intégralement partie de la narration), dans les titres de chapitre, dans les onomatopées, même dans les descriptions des lieux et des personnages. On apprend à écrire 'en mouvement', avec élan, parce qu'il faut que l'aventure continue.

Au début, peut-être, on a quelques inhibitions parce que ce genre de récit ne semble pas assez 'psychologique' ou profond. Mais en fait, il peut tout à fait l'être, parce que même en étant constamment dans l'action on peut avoir...
  • ...des récits qui 'résonnent'
Vous vous souvenez de vos lectures à cet âge-là? Les relectures acharnées, pour la millième fois, dans le bain, dans un hamac, sous une table, dans la voiture? Pourquoi ça vous intéressait tellement, ces histoires de balades en forêt et de combat contre les méchants? Pas seulement parce que les scène d'action étaient bien décrites - mais parce qu'elles faisaient écho, symboliquement, à vos préoccupations enfantines.

L'arbre sans fin, Claude Ponti

Les bouquins pour cette tranche d'âge, même quand ils sont en apparence seulement pleins d'action et d'aventure, peuvent 'résonner' extraordinairement parce que ces péripéties symbolisent des processus de développement tout ce qu'il y a de plus psychologique. Les voyages, les monstres et les royaumes lointains, les forêts profondes et les combats d'épées remplacent en littérature pour les petits le discours indirect libre de la littérature pour les plus grands.
  • Des histoires 'totales'
Dans les livres pour enfants de primaire, il y a souvent, je trouve, une sorte de totalité narrative où la caractérisation des personnages est entièrement en phase avec l'histoire, qui elle-même est entièrement en phase avec le style, etc. Le livre fonctionne comme un microcosme où tout se tient: Fantômette est 'avec' Framboisy et 'avec' le style de Chaulet, il y a une espèce d'indivisibilité de ce genre de récits, très proche du conte même si le livre est résolument contemporain.

pas de Framboisy sans Fantômette, ni de Ficelle sans Boulotte
Alors évidemment, on a peut-être moins d'interstices, de désagréments, de disjonctions dans ce genre de livres que dans la littérature ado par exemple où rien ne se tient - où le protagoniste est rarement en phase avec son environnement, et le langage 'cassé' trahit les incertitudes de cette tranche d'âge-là. Mais pour les plus jeunes, c'est cette totalité que je trouve grisante et charmante, la totalité d'un monde qui se tient encore et où on explore et on joue avec des questions importantes, sans briser tout à fait encore la bulle qui le contient.

Bon j'en reste là, mais je compte sur vous, chers auteurs 'middle-grade', pour me dire en commentaire ce qui vous attire dans ce type d'écriture.

mercredi 16 avril 2014

Il était une fois une fille qui n'avait pas mis son blog à jour depuis presque un mois

Oui, oui, I know! C'est juste que, je t'explique, d'abord j'étais en vacances dans le nord, à Manchester et ses environs:

oh le beau temps
Ensuite j'étais en vacances en France pour l'anniversaire des 90 ans de mon grand-père:
avec plein de grenouilles
Ensuite c'était le Cambridge Literary Festival, où j'ai rencontré plein de petits zenfants et leurs parents:

moi en train de torturer publiquement des petits lecteurs

z'ai fait un bô dessin
Oui paske les amis, c'était notamment pour célébrer la sortie de mon tout joli Scam on the Cam, le dernier tome des aventures de Sesame Seade!

juste trop magnifique, #quedubonheur
Donc voilà pourquoi mon blog angliche a reçu un peu plus d'attention récemment. Cependant, j'ai trouvé cinq secondes pour écrire un billet de blog en cette triste et joyeuse semaine. Joyeuse, parce qu'il y a du soleil en Anglicheland! Triste, parce que c'est la semaine de l'anniversaire de la mort de ces deux-là:

une petite pensée en forme de guili-guili au chignon










Où en étions-nous? Ah oui. Donc comme je disais, il y a quelques petites nouvelles par-ci par-là. Des nouvelles chroniques pour Comme des images, dont une lecture commune à l'ombre du grand arbre, et puis d'autres par ici:

La littérature jeunesse de Judith & Sophie, 11/03/2014: “Il n’est jamais question de matraquer les ados en leur disant qu’internet c’est le mal. Il s’agit au contraire d’une invitation à la réflexion pour éviter ces situations extrêmes mais de plus en plus fréquentes. Ce roman, c’est aussi des questionnements d’adolescents : des envies d’une autre vie, des personnalités qui se cherchent, des actes irréfléchis, des amours, des amitiés, la pression des études (ici on est au lycée Henri IV à Paris qui forme l’élite de la société)…Ce roman, c’est aussi une fin. Une fin qu’on attend du fait des apartés de la narratrice sur le parcours qui l’a menée dans cet hôpital, mais une fin qu’on n’imagine pas, une fin qui dénote en sortant du fil conducteur de l’histoire tout en étant son dénouement le plus innatendu.”
3 étoiles, 12/03/2014: “Un roman hypnotique et moderne qui décrit avec justesse et intelligence certains travers de la société, les affres de l’adolescence, l’ingérence humaine : le cri primal de l’injustice, le premier non. Enorme premier ***coup de coeur*** roman 2014″.
Sophie lit, 13/03/2014: “J’ai été profondément touchée par le récit de Clémentine Beauvais qui parle d’éléments déclencheurs dans une vie, de prise de conscience, de victimes collatérales, d’amitié manipulée, d’amours adolescentes dans un casse-tête au dénouement tragique.”
Librairie Payot de Genève, mars 2014:
coupdefoudre 
L’ouvre-livres, 14/03/2014: “Mêmes vêtements de luxe, même tennis Bensimon et surtout, surtout : même avenir, même futur formaté, même parcours prévu. Tout est déjà gravé dans la pierre du prestigieux établissement….Ce roman traite de sujets contemporains avec une intelligence qui vous saute à la figure à chaque chapitre. Rien n’y est mièvre ou pleurnichard. Sans pathos, mais avec pleine conscience de notre époque, Clémentine Beauvais nous offre un texte subtil, vrai et dramatiquement probable. Lu en un soir et une pause-déjeuner, dévoré mais pas près d’être digéré.”
La mare aux mots, 14/03/2014: “Souvent dérangé (mais ça fait du bien, parfois, d’être un peu bousculé), on assiste à des scènes parfois dures, parfois violentes. Clémentine Beauvais nous raconte la jeunesse des quartiers huppés, dans lycées aux taux de réussite au bac proche des 100%”.
Livresse, 15/03/2014: “Mais de quoi s’agit-il ? Comment un petit livre de deux cents pages peut-il susciter un tel émoi ? Parce qu’il est criant de vérité, parce qu’il véhicule des messages que chaque adolescent devrait recevoir en son sein.”
Livresquement, 21/03/2014: A l’image de sa première phrase d’accroche, l’ensemble du livre est incroyablement prenant. Une fois commencé, croyez-moi, vous ne le lâcherez plus !
CRDP de Paris, 31/03/2014: “Une fois de plus les réseaux sociaux sont mis en cause. Quelle part d’intimité peut-on y dévoiler ? Que faire en cas de violation délibérée de son intimité ? Comment Léo va-t-elle s’en sortir ?Jusqu’à la fin le lecteur croit le savoir. Pourtant il se trompe, l’auteure a choisi de brouiller les pistes pour le surprendre. Un roman qui met en scène des adolescents déshumanisés par leur milieu social. Un regard sur la vie qui changera peut-être les idées reçues.”
Croque les mots, 31/03/2014: “Comment une intrigue aussi simple peut être autant frappante ? Pourquoi un tel sujet nous touche autant ? Peut-être parce que nous sommes la génération touchée en plein coeur…. Ce petit livre est énorme par son fondement. L’auteure a un style qui sait nous toucher profondément, qui sait nous concerner, et surtout : Qui sait se moquer de nous. Je ne m’attendais pas à ce que l’histoire prenne une telle tournure. J’ai été tellement perturbée par cette fin, ces derniers pages qui ont su me rendre bouche bée, et me faire refermer le livre avec pour seule parole le silence. Cette fin géniale.”
Mirontaine, 09/04/2014: “Beaucoup de pertinence et d’intelligence dans ce roman qui au-delà de l’intrigue met en scène des dialogues percutants, vifs avec des références intertextuelles puissantes. A mettre sur toutes les tables de CDI, de chevets, sur les paillasses des salles de science.”
Aziquilit, 15/04/2014: "Le mal-être des adolescents, les dérives des réseaux sociaux, l’estime de soi sont les thèmes abordés par ce magnifique roman."

Je suis parfaitement estomaquée du nombre et de l'intensité des réactions à ce livre, et je remercie encore les blogueurs et blogueuses très très bas jusqu'à en toucher la moquette avec le bout de mon nez. 



Sinon, j'ai des petits truczéchoses en préparation, à divers degrés de probabilité. En vrac:
  • une application d'album pour iPad (probablement)
  • des vrais albums (peut-être)
  • un livre déjanté pour 8-11 ans (probablement)
  • un roman pour adultes sombre et psychologique avec un vrai message social et politique candidat au prix Goncourt de l'année prochaine (pas du tout)
Je vais promis écrire des billets un peu plus consistants sur ce blog bientôt, car je sais que vous mourez tous d'impatience de lire des trucs compliqués de théorie littéraire philosophico-masturbatoire au lieu de regarder des photos de ma bobine et des autoportraits mal dessinés sur des post-it. En attendant, je retourne à un article que je dois finir pour bientôt.

Bises à tous,

Clémentine