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mercredi 2 octobre 2013

Post-doc blues



Me voilà arrivée à un stade dans ma longue marche vers la maturité où je peux soudain m’identifier au problème existentiel analysé et narré par la plus grande théoricienne des complexités de l’âme humaine, j'ai nommé Britney Spears


‘Je ne suis plus une petite fille, pas encore une femme’

Ou plutôt, ‘Je ne suis plus doctorante, pas encore prof’. N’étant malheureusement pas pourvue des mêmes courbes, et ayant une peau fortement mélanomisante, je préfère ne pas aller me dandiner au sommet d’une montagne pour tenter de résoudre britnéiquement cette crise identitaire. Mais la question continue à se poser : que se passe-t-il donc dans ce no man’s land indéfini de mi-chemin entre A et B qu’on appelle post-doc ? 

Déjà, je vous ferai dire qu'il est parfaitement absurde de ne plus être étudiant. Ca faisait vingt-quatre ans que j'étais étudiante, après tout. Bon, ok, quelques-unes de ces années j'étais bébé, mais ma mère, n'étant pas particulièrement fan des êtres non-parlants, a fait de son mieux pour me faire perdre cette détestable habitude le plus vite possible et m'envoyer à l'école.


Et d'un coup, tadam, tu t'y attends pas du tout, et on t'apprend que tu n'es plus étudiante. Pour moi, ça s'est passé le jour de ma soutenance de thèse. Je pensais que tout se passait bien et tout, mes examinatrices me disaient bravo, trankil quoi, et tout à coup, je cite:

A partir d'aujourd'hui, vous n'êtes plus étudiante, et vous ne serez plus jamais étudiante. Enfin, sauf si vous décidez d'étudier quelque chose d'entièrement différent plus tard dans votre vie. 

Rien ne m'avait préparée à ce choc; je n'étais pas prête. D'abord j'ai tenté de limiter ma réaction instinctive de panique en imaginant tous les trucs divers et variés que je pourrais faire quand je reprendrais mes études d'ici deux, trois jours: une licence de Klingon, un master de Point de Croix, un doctorat en Etude des Sous-Verres. Mais c'était déjà trop tard, ma directrice de thèse est venue avec des ciseaux me couper ma petite tresse de jeune padawan et ça y est, je n'étais plus étudiante, c'était la fin.


Désormais me voilà dans une situation étonnante: je ne suis plus sous les ordres de personne. Les profs ont toujours quelqu'un au-dessus d'eux pour leur dire s'ils font bien leur boulot ou pas, à grand renfort de statistiques et de coupes de budget, mais mon propre contrat de post-doc (un Junior Research Fellowship, pour être précis; un truc oxbridgesque un peu fantasque) ne précise absolument pas ce que je suis censée faire des trois prochaines années.

Bon, disons qu'il est implicite que je ne vais pas passer ces quelques mille jours à améliorer mes techniques d'esquive de peaux de banane sur Mario Kart, mais limite. Je ne suis pas obligée de publier un monographe, d'écrire un certain nombre d'article, de faire un certain nombre d'heures de cours ou d'aller à des colloques. Je fais c'que j'veux d'abord, enfin disons que je continue mes recherches, et comme j'ai eu un entretien où ils ont pu s'assurer que je ne suis pas une totale kamikaze, ils ont dans l'idée que je vais faire en sorte d'améliorer mon CV comme je le peux (et comme je le veux) ces trois prochaines années.

Not this.
Pas comme ça.
Mais malgré cette outrageante et glorieuse liberté, je passerai aussi les trois prochaines années à poster des dossiers de candidatures diverses et variées pour obtenir un vrai poste permanent, un poste sans doute beaucoup moins confortable et beaucoup plus bureaucratique, qui m'entraînera dans un tourbillon de formulaires à remplir, de CV à compléter, d'éminents professeurs à soudoyer à l'aide de macarons Ladurée (je les recommande chaudement), et de virements mensuels vers mon compte-épargne. J'écrirai sans doute des articles qui m'intéressent bof mais qui risquent d'être publiés au détriment d'articles qui m'intéressent fort mais ont peu de chance de l'être.

The bribery that always works.

Le moyen de pression numéro 1 pour réclamer une lettre de recommandation. 
 
Donc en gros je commence à peine ma carrière de mini chercheur castor junior et je ne sais pas trop si je devrais essayer de profiter à fond de trois années supraconfortables et d'une liberté totale, ou m'accabler de memento-mori: ce boulot n'est qu'un sas de décompression avant l'entrée dans un marché du travail universitaire surpeuplé, où les postes fondent encore plus vite que le Pôle Nord, et où la stratégie de Britney Spears de gigoter à moitié à poil en haut d'une montagne semble un moyen tout à fait raisonnable de lutter contre l'étrange désespoir de cette parenthèse enchantée.


vendredi 25 janvier 2013

Choses et d'autres

Dans ma vie trépidante il se passe des choses et il s'en passe d'autres, et vu que je n'ai pas le temps de faire de grands articles de blog ces temps-ci, voici une petite synthèse...

La pouilleuse a été lu - et pas par n'importe qui: par les blogueurs passionnés du site A l'ombre du grand arbre, qui font des 'lectures communes' qui ma foi sont une excellente idée. Regardez un peu le niveau de détail, et à la fois l'ampleur du sujet: ça se passe ici, et c'est émouvant et fascinant pour moi de voir tout ce qu'ils ont pu en dire. J'espère que c'est aussi intéressant pour les autres.

Notre collectif On n'a rien vu venir continue sur son impressionnante lancée. Ca fera bientôt un an qu'il est sorti, et l'intérêt ne retombe pas! Sandrine a sur son blog un compte-rendu des derniers prix et articles qu'il a occasionnés.

Et de mon côté, je continue gaiment à écrire (à finir!) ma thèse de doctorat. Il fait bien bien froid dans mon appart' cambridgien, mais depuis les profondeurs de mes trois pulls et de ma couverture en polaire je tapote des mots pour boucher les trous dans ma Grande Théorie de Presque-Tout et de Tout-à-Fait-ça de la Littérature Jeunesse. Si ça vous intéresse, je vous en parlerai un peu à l'occasion.

Voici à quoi ressemble mon college, Christ's, en ce moment (bonus: cliquez sur la photo pour accéder à l'album du groupe facebook!):



Mais ce n'est pas tout, les amigos et les amigas - j'ai un entretien d'embauche la semaine prochaine... à Oxford! si c'est pas de la traîtrise de haut vol, on se demande ceksé. Mais bon, pour équilibrer, j'ai aussi un entretien à Cambridge... et d'autres candidatures arrivées au premier stade de sélection et en attente de réponse pour le second. Donc s'il vous plaît s'il vous plaît...

Croisez les doigts pour moi!

à pluche!
Clem.


lundi 12 mars 2012

En anglais dans le texte!

Je n'en reviens toujours pas, mais ça y est - mon premier livre pour enfants, que dis-je, ma première série pour enfants in English a été acquise par Hodder Children's Books!

C'est une série d'humour et d'aventure et de mystère, emmenée par une sale môme de onze ans qui s'appelle Sesame Seade (à prononcer Sessami Side, et pour les non-anglophones, ça veut dire 'grain de sésame'). Bizarrement, ses parents sont convaincus qu'elle s'appelle en réalité Sophie. Sesame habite une fort jolie ville, je vous ferai dire, puisque c'est la mienne: Cambridge, Grande-Bretagne, Europe, hémisphère Nord, la Terre. Et même un fort joli college, je m'empresse de renchérir, puisque c'est aussi le mien: Christ's College, Cambridge:



Sesame est une self-made superhéroïne, surdouée, insolente et téméraire, qui aime les canards, ses potes Toby et Gemma, son chat Peter Mortimer, foncer en rollers dans la ville, et les bonbons à la mandarine. Mais ce qu'elle aime plus que tout, c'est résoudre des mystères. Et ça tombe bien, parce que justement, une étudiante a mystérieusement disparu...

Le premier livre sortira en 2013 en Anglicheland et, nous l'espérons, dans d'autres coins du monde! Il y en a déjà trois de prévus, oui oui, porqué no.

Et pour ceux et celles que ça intéresse de savoir comment se passe une acquisition de bouquin en Angleterre, je vais bientôt publier un article exprès pour vous explicationner. C'est très haletant, très dingo et très WOW.


Allez, à bientôt, je m'en vais déboucher le Champomy! (ben oui, je bois pas)

jeudi 28 octobre 2010

Un dîner presque magique

Les Grands-Britons, même de l'espèce academia bibliothecus, sont légendairement un peuple d'originaux et de très légèrement dérangés. J'en ai eu la preuve parfaite et magnifique avant-hier, où j'ai pu prendre part à un dîner d'Halloween spécial Harry Potter dans l'un des colleges de mon auguste université. Décoration, menu, costumes, hiboux vivants, tout y était. Et évidemment dans l'un des 'Formal Hall' de Cambridge qui sont l'équivalent tangible et véritable de la Grande Salle de Poudlard/Hogwarts. Les 200 tickets ont été vendus au rythme d'un concert de Muse, mais j'ai réussi à en attraper un au vol.

Les profs étaient tous déguisés de la tête aux pieds, et avaient leur rôle à jouer dans cette grande reconstitution: ma prof de littérature jeunesse écossaise jouait McGonagall, un autre de mes profs nous a fait une lecture du livre, et entre chaque plat on avait droit à un petit spectacle. Sans compter les Chocogrenouilles et dragées surprises placées sur les tables, et le menu Halloweenesque inspiré des plats des bouquins. Mais l'idée la plus magique de la soirée a quand même été les hiboux et chouettes volant dans le Hall, frôlant les tables et même se perchant sur les sièges! On a pu les caresser et ils étaient tout doux.

Voici quelques photos de l'événement: (un peu sombres parce qu'il faisait presque noir)

Le Hall décoré



Une chouette prenant son envol (oui c'est un fantôme à côté)



Un hibou à l'air orgueilleux



Le portrait de la directrice du college... à qui on avait ajouté un chapeau de sorcière:



Je n'ai qu'une chose à dire: Nigaud! Grasdouble! Bizarre! Pinçon! Je vous remercie.

samedi 16 octobre 2010

Enjeux universitaires en terre des Angles



Pour une raison non identifiée, j'ai été invitée il y a deux jours à un déjeuner avec le nouveau Vice-Chancellor de Cambridge (comprenez: le président de l'université, car le 'Chancellor', qui n'est autre que le Duc d'Edimbourg - le mari de la Reine, vous suivez? - n'a qu'un titre honorifique, ils aiment bien ça les Britons). Il y avait là une poignée d'étudiants représentant les différentes facultés, et le Vice-Chancellor, Leszek Borysiewicz, qui frôle les plafonds tellement il est grand. Très sympa, le nouvel empereur de l'université nous a longuement parlé des problèmes qu'il chercherait à gérer durant son mandat, et ils sont légion. Mais l'un d'entre eux, en particulier, m'intéresse parce qu'il est très difficile à aborder et à comprendre.

Ce problème, c'est celui de l'augmentation de la diversité à Oxbridge, et quand on parle diversité dans les grandes universités anglaises ce n'est pas seulement au sujet des minorités ethniques, des femmes et des handicapés: c'est aussi et surtout la quantité d'élèves provenant d'écoles publiques par rapport au nombre d'élèves d'écoles privées.

Oui parce qu'en France, sauf exception, on place son marmot sous l'égide de l'école publique, gratuite et obligatoire, et à quelques cahots près ça fonctionne correctement. Mais en Angleterre, que dalle. Les écoles publiques (85% des écoles) sont, en règle générale et à quelques exceptions près, remarquablement impuissantes, faute de moyens. Autrement dit, les parents ont tout intérêt à desserrer les cordons de leur bourse pour permettre à leurs angelots de rejoindre l'école privée du coin, où ils seront coachés nuit et jour pour ensuite entrer à l'université sans encombre (petit rappel: l'entrée à l'université en Angleterre se fait sur sélection). Un cercle vicieux s'ensuit - les gamins des écoles privées entrent massivement à l'université, les gamins des écoles publiques perdent confiance, les parents suivent - bien obligés - et les écoles publiques voient leur réputation déjà écornée s'effondrer complètement.

Or, le problème n'est même pas tant un problème de niveau qu'un problème psychologique, puisqu'il y a énormément d'élèves d'écoles publiques qui ont en fait largement les capacités et la motivation d'entrer à l'université, voire dans les universités de la Russell League (les meilleures universités du Royaume-Uni), voire à Oxbridge. Mais le problème, ce n'est pas qu'ils ne sont pas assez bons, c'est qu'ils n'envoient pas leur dossier de candidature. Beaucoup d'entre eux pensent que Cambridge et Oxford ne sont pas faits pour eux parce qu'ils viennent des écoles publiques. Du coup, on se retrouve à Cambridge avec une lamentable moyenne de 58% d'élèves provenant d'écoles publiques (à comparer avec la proportion nationale de 85%...).

Ce qui est assez désespérant, c'est que l'université fait d'énormes efforts pour accroître la diversité. Chaque college élit un 'Access Officer' qui a pour mission de rendre visite aux écoles publiques afin de convaincre les meilleurs élèves qu'ils ont non seulement le droit de demander à entrer à Cambridge ou Oxford, mais qu'en plus ils ont largement leurs chances d'y être acceptés. Au niveau de l'université, des dizaines de programmes sont mis en place (journées portes ouvertes, tournées des écoles, etc) dans le même but. Il y a du progrès, mais le taux d'élèves d'écoles publiques qui envoient leur candidature reste faible.

La situation se trouve d'autant plus compliquée que la presse anglaise avec ses redoutables tabloids (The Sun, The Daily Mail, The Mirror, les journaux les plus abyssalement nuls du monde) fait complètement le contraire de ce qu'elle devrait faire pour aider le processus d'intégration. D'un côté, on a droit à des articles larmoyants lamentant le manque d'élèves du public à Oxbridge ("'On m'a refusé l'entrée à Cambridge parce que je viens d'une école publique', déclare Shannon, 17 ans, les larmes aux yeux"), mais de l'autre, ils sautent sur n'importe quelle occasion de présenter les deux universités comme des refuges de bourges ultra-snobs qui jouent au polo à longueur de journée, sortent dans des boîtes select et se fringuent en Dolce&Gabbana. Et comme ces journaux sont lus par une vaste majorité des Grands-Britons, le fait que Cambridge et Oxford cherchent désespérément à prouver que c'est absolument faux n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan de la réputation qui leur est faite par les médias.

Bref, le nouveau Vice-Chancellor s'est fixé une tâche herculéenne et dont les ramifications sont très profondes et difficiles à analyser. On est tenté de réduire tout à l'argent, en disant que les élèves d'écoles publiques ne veulent pas aller à l'université parce que c'est trop cher. C'est peut-être vrai dans une certaine mesure, mais Cambridge et Oxford ne sont pas plus chères que n'importe quelle autre université britannique, et de plus il existe un grand nombre de ressources financières disponibles pour tous les étudiants. Ce n'est pas primordialement une question d'argent, c'est une question d'image, ce qui la rend d'autant plus compliquée à résoudre. Et bien entendu, le problème existe aussi en France.

samedi 9 octobre 2010

Blogueuse occupée, blogueuse fatiguée!



Salut la blogosphère,

(J'aime bien dire ça, ça fait la meuf qui a des Google Analytics de folie)

Me revoilà après une longue absence quasi inexcusable, sauf que c'était la rentrée et que j'ai dû me concentrer vachement très fort pour être gentille avec la maîtresse et apporter des bonbons à la récré pour me faire des copains et des copines. Voici donc un billet sous forme de liste de choses qui m'arrivent pour tenir au courant les trois quidams qui suiveraient vaguement mes élucubrations:

1) Je suis désormais une étûdiânte en dôctôrât, ce qui veut dire qu'entre moi et le Saint Graal d'Académiland il ne reste que trois petites années de travail. Après je me reposerai toute ma vie. Mais le programme est intense, entre thèse proprement dite et conférences parallèles en Europe et en Amérique. Si je parviens à surnager, je finirai un jour par devenir Dr Beauvais, mais pour obtenir ces deux petites lettres il faut d'abord que j'en écrive près de cinq cent mille.

Anecdote du jour: premier cours avec les nouveaux doctorants, le prof annonce qu'il faut écrire un compte-rendu de lectures de 6000 mots pour décembre, une Américaine lève la main:
'Oui, excusez-moi, juste pour savoir, 6000 mots, ça fait combien de pages?'
Bleh.

2) Etant la nouvelle coéditrice du journal de l'assoc féministe de Cambridge, je me suis rendue comme de bien s'accorde à la grande fête des assocs qui a lieu chaque année dans un grand gymnase de la ville et sert, en gros, à embrigader le plus de première-années possibles dans ce qui nous semble être une juste et noble cause. Pendant trois heures j'ai donc agité des tonnes de prospectus sous le nez des passants en hurlant 'WOMEN'S CAMPAIGN! WOMEN'S CAMPAIGN! Are you interested in the WOMEN'S CAMPAIGN???'.

Le bon côté des choses, c'est qu'on a eu des centaines de signatures. Le côté amusant des choses, c'est la réaction des mecs qui passaient par là. Dès que les deux mots 'women' et 'campaign' atteignaient leurs pavillons oculaires, on les voyait pâlir et s'écarter ostensiblement des prospectus du diable comme s'il se fût agi d'une variété particulièrement perverse de virus de la grippe A. Une fois ou deux, j'ai réussi à attraper dans mon filet invisible un possesseur de chromosomes XY pour lui communiquer ce message plein de bon sens: 'L'association est aussi ouverte aux hommes, on peut être un homme et être féministe, tu sais!'. Peine perdue. On aurait dit que le petit bout de papier allait leur brûler les doigts. Surtout les gros joueurs de rugby. C'était genre la fin du monde de se faire accoster par une nana pensant qu'ils étaient du style à rejoindre la cause des féministes.

Le plus drôle, c'est quand ces malabars se faisaient ensuite accoster, juste à côté de moi, par le représentant des étudiants gays, lesbiens, trans et bi de Cambridge. Masculinité trucidée à tout jamais, les pauvres tas de viande s'en allaient ensuite tout rouges et en faisant rouler leurs semblants de muscles. On a bien rigolu.

3) Côté écritures, de nouvelles choses se préparent, mais pour l'instant l'emploi du temps ne permet que quelques tapotis de clavier par jour.

4) SCOOP DE PORTEE INTERNATIONALE! Nous avons désormais dans notre jardin une splendide colonie d'écureuils noirs. Il paraît que c'est une nouvelle variété. Ils se bastonnent avec les écureuils gris un truc de fou. Ils sont beaucoup plus beaux alors j'espère qu'ils gagneront à la fin. Pour suivre en temps réel la bataille intra-jardinale des écureuils noirs et des écureuils gris, ou pour recevoir des mises à jour sur ce combat à mort entre grignoteurs de noisettes, appelez le 3630.

5) Sous le prétexte fallacieux que l'on appelle 'mode', les première-années et les deuxième-années se baladent dans le tout-Cambridge chapeautés de bonnets-panda. Si vous ignorez ce qu'est un bonnet-panda, en voici un:



NO COMMENT.

Allez les amis, c'est tout pour aujourd'hui.

dimanche 5 septembre 2010

Conférençons gaiement!



Quand j'étais en CE1, on avait monté une pièce de Prévert, Le dromadaire mécontent, qui commence ainsi:

Un jour, il y avait un jeune dromadaire qui n'était pas content du tout.

La veille, il avait dit à ses amis: "Demain, je sors avec mon père et ma mère, nous allons entendre une conférence, voilà comme je suis moi!"

Et les autres avaient dit: "Oh, oh, il va entendre une conférence, c’est merveilleux", et lui n'avait pas dormi de la nuit tellement il était impatient, et voilà qu'il n'était pas content parce que la conférence n'était pas du tout ce qu'il avait imaginé : il n'y avait pas de musique et il était déçu, il s'ennuyait beaucoup, il avait envie de pleurer.


Eh bien voilà que ces trois derniers jours, c'était à mon tour non seulement d'aller entendre une conférence, mais aussi d'y participer, une marche de plus sur le grand escalier en colimaçon de la vie universitaire (brrr). C'était une conférence internationale et multidisciplinaire (oh yeah) sur l'adolescent dans la culture et la littérature, organisée par Sa Sainteté Ma Directrice de Thèse, dont je chanterai l'époustouflifiant extraordinarisme un autre jour. Bref, je peux vous dire que contrairement au jeune dromadaire je n'ai pas été ni déçue, je ne me suis pas ennuyée et je n'ai pas du tout eu envie de pleurer. Ah là là! C'était rien chouette, c'est le moins qu'on puisse dire.

Déjà, j'avais l'impression d'être un petit poussin venant juste d'éclore à côté des grands pontes de Cambridge, Stanford et je ne sais où qui sont venus en masse par avion, bateau et fusée lunaire. Il y en a qui sont venus d'Australie. D'Australie! moi tu me donnes une photo d'avion et ça me donne déjà envie de vomir. D'autres arrivaient d'Afrique du Sud, de Taiwan, de Malaisie, du Cameroun, des Etats-Unis et du Canada bien sûr, et j'en passe. Et tout ce petit monde avec leurs travaux, leurs présentations et leurs sujets de recherche (allant de l'analyse littéraire à la socio en passant par les neurosciences) pour en faire partager leurs collègues et néanmoins amis. Oui parce que ces gens-là se connaissent et s'embrassent comme du bon pain bien qu'ils ne partagent pas le même fuseau horaire. Ils se rencontrent de conférence en conférence et se retrouvent avec force 'HELLOOOOOOOOO!!' (ah les Américains et leurs décibels) avant de s'enlacer avec véhémence et une certaine forme d'académique adoration.

Non seulement les présentations étaient, pour la plupart, absolument splendides (quelques-unes, il faut bien l'admettre, péchaient par manque de bagou des orateurs) mais en plus ce qui était parfaitement sympatoche c'est qu'à chaque pause café, à chaque déjeuner, à chaque dîner, tout un chacun pouvait rencontrer et discuter le bout de papier avec les autres quidams, qu'ils soient doctorants ou doctorés, qu'ils aient 25 ou 70 ans. En bref, c'était relax, fun et sérieux à la fois.

Maintenant que c'est terminé, je suis méga deux de tense, genre la fille-zombie ultra fatiguée qui a fait huit dissertations de philo et un marathon à la suite. Mais pas grave, il me reste du souffle pour articuler une question et une seule: 'Bon sinon c'est quand la prochaine conférence?'

lundi 23 août 2010

Back home


Me voilà rentrée à la maison après un road trip endiablé en famille en Allemagne. Ma frangine parlant Teuton et mon père s'y étant également essayé, ma mère et moi avons pu nous laisser balloter de musée en musée, de château en château et de saucisses en apfelstrudels. Ci-dessus, le château de Neuschwanstein, dit château de la Belle au Bois Dormant. Charmant, me direz-vous, sauf qu'il y a affluence de Côte d'Azur même en plein milieu de semaine, et comme c'est très haut sur la montagne, certains touristes ont du mal à suivre. Dont une dame relativement dodue et un peu crevée par l'ascension qui a fini par vomir sur la mosaïque de 2 millions de morceaux de céramique au troisième étage du palais enchanteur, cassant quelque peu le romantisme exacerbé des lieux.

Me voilà rentrée, donc, avec comme projet immédiat la confection d'une présentation Power Point pour ma première conférence de début septembre, à Cambridge, sur l'adolescent dans la culture et la littérature. Et puis ce sera le début de mon doctorat, que j'attends, à ma grande surprise, avec la plus trépignante impatience. Moi qui détestais l'école et avais juré de faire des études courtes, LOL. Mais ayant rencontré une certaine professeure devenue ma directrice de thèse, tout a changé. Comme quoi il ne faut jamais dire fontaine.

Côté publications, rien de très neuf sous le soleil. Sous la pluie, d'ailleurs.

vendredi 25 juin 2010

Où est Charlie?

Pour ceux qui suivent l'actu trépidante de ma vie en Outre-Manchie, vous savez depuis le dernier billet que la semaine dernière était May Week, la semaine de l'alcool, des fêtes, de la fin des examens et des robes de bal. Non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous infliger des photos de robes de bal. D'abord les Anglais ont un goût douteux dans ce domaine-là. Sérieux les trucs en satin avec des noeuds et des strass faut arrêter.

Revenons à nos moutons.

Il se trouve aussi que pendant May Week il sort une édition spéciale du journal de l'université, The Cambridge Student (TCS). Ca fait déjà un bail que je dessine chaque semaine un petit comic strip de quatre cases pour TCS, et cette année le rédac chef m'a demandé de dessiner la une de l'édition spéciale May Week. Il voulait un dessin genre 'Où est Charlie', mais avec plein d'événements de l'actualité récente de Cambridge. Voici donc mon dessin, et ensuite un lien vers le journal en pdf.

Ca ne va vous intéresser que modérément, je vous préviens d'avance, vu que 99% du dessin est constitué de private jokes entre étudiants de Cambridge.

Trêve de bavassages, voilà la bête:



Et voilà un exemplaire du journal en pdf, au cas où vous verriez encore clair entre deux bâillements: cliquez ICI.

mardi 22 juin 2010

Vingt-quatre heures de bande dessinée

Si je n'ai pas écrit depuis plus d'une semaine, c'est que la semaine dernière était May Week: la semaine célébrant la fin des examens à Cambridge. Ca veut dire bals, garden parties, pique-niques, sorties en bateau, et surtout de longues, très longues nuits sans sommeil.

Et étant donné que je suis la présidente du club de BD de Cambridge, May Week c'était aussi, samedi et dimanche, l'événement de l'année: le '24 hour comic', autrement dit 24 heures ininterrompues à écrire et dessiner une BD de 24 pages. On a commencé samedi matin à 9h et on a terminé dimanche matin à 9h. Je viens tout juste de récupérer toutes ces heures de sommeil perdues et mon poignet droit, après deux jours de grève, accepte à nouveau de tenir un crayon. Merci poignet droit. Bref, pour partager avec vous les joies de cet événement ultra geek et très crevant, voici quelques photos de ces 24 heures:



Nous tous (huit bédéistes) au tout début de l'aventure...



Moi après presque 12h de travail (l'horloge au mur indique 20h30!)



Mon ami Luke de LukeSurl.com, accompagné de notre mascotte Théodore le bonhomme en bois!

Et enfin, voici la toute première page (non encore retouchée) de l'histoire de 24 pages que j'ai écrite et dessinée, et qui s'appelle Bridges (Ponts):

mercredi 21 avril 2010

Gnothi Seauton!

... et je suis de retour à Cambridge pour finir mon master et donc écrire l'effrayante Thèse de Master censée comporter 20 000 mots. Mon sujet étant 'L'héritage de Platon dans la littérature pour adolescents', je vous propose aujourd'hui un billet en FranGrec ancien, avec du vocabulaire de circonstance qu'il faut utiliser dans la langue originale, pas du tout en traduction, parce que ça fait beaucoup plus Intellectuel. Apprenez donc, chers amis, que:

Pour cette thèse, qui entraînera ma nous bien mieux que les programmes du docteur Kawashima, je dois connaître mon telos dans un peu plus de détail, sans me fier à la doxa, afin de finir de rédiger la chose avant le 12 juillet - le 13 juillet je serai sans doute dans un état d'eudaimonia suprême. Je ferai preuve d'arêté dans mon travail pour atteindre l'épistêmê qui devrait s'ensuivre, et j'espère que mon logos ne sera pas de la mimésis de quelque autre amateur de sophia! Finalement, l'aletheia sur la paideia socratique sera dévoilée (j'espère), et si j'ai eu la sophrosunè de ne pas manger trop de Nutella pendant ce trimestre je serai kala k'agatha en maillot de bain pour les vacances d'été.

Si vous avez tout compris, bravo! Vous êtes un as de l'esbroufe possédant les capacités de fumisterie intellectuelle nécessaires à toute bonne dissertation qui aborde de près ou de loin la philosophie antique!