Affichage des articles dont le libellé est illustration. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est illustration. Afficher tous les articles

mercredi 7 septembre 2016

Va jouer!

Hop hop hop, un livre en chasse l'autre! hasards du calendrier éditorial obligent, voici qu'aujourd'hui sort chez Sarbacane un nouveau petit album, Va jouer avec le petit garçon!, écrit par moimem et illustré par Maisie Paradise Shearring.

GRAOOOOAAAR
Ce que cette couverture ne montre pas, c'est la quatrième de couverture!



Génial non? Alors de quoi est-il question dans ce terrifiant album? D'une situation que bien des enfants (moi y compris) ont connue et de laquelle ils sont traumatisés à vie: t'es au parc, tranquilou bilou, tu joues toute seule, tu t'amuses, tout va bien, et là y a ta mère/ ton père/ ta tante (dans mon cas) qui te dit:

'Clémentine!!! Regarde là-bas, y a un petit garçon (/une petite fille) qui est tout seul! va lui demander si tu peux jouer avec lui!'

Et toi t'es là 'Non non ça va je préfère jouer toute seule.'

Mais cette réponse ne satisfait pas l'adulte. 'Allez, va lui dire bonjour! Arrête de faire ta timide!'

Et toi tu exploses intérieurement d'exaspération et de désespoir: 'Mais non j'ai pas envie!!!'

'CLEMENTINE CA SUFFIT VAS-Y VA DIRE BONJOUR VA JOUER AVEC LE PETIT GARÇON'

Et là t'es obligée d'aller traîner ta pelle et ton râteau pour aller dire bonjour à un garçon qui était aussi bien content d'être tranquille tout seul et toute l'injustice du monde est sur tes épaules et t'en fais encore des cauchemars vingt ans plus tard.

(Je précise que ça peut aller très loin car dans mon cas l'une de mes tantes m'a dit un jour, alors qu'on était toutes les deux dans un train, et que j'avais seize ans, "Tu veux pas aller dire bonjour au garçon là-bas? Il a l'air de s'ennuyer". C'était un mec de genre vingt-cinq ans qui oscillait au rythme de la musique de ses écouteurs.)

Ce qui est très bizarre c'est que, d'une part, les adultes, eux, ne vont pas 'dire bonjour' aux autres adultes qui sont tous seuls (du moins ceux qui ne font pas du harcèlement de rue un mode de vie) et que d'autre part, les adultes sont totalement terrifiés que leurs enfants aillent voir des inconnus, donc ce truc d'aller jouer avec tel ou tel petit enfant au hasard est absolument incohérent et devrait être puni par l'Union Européenne.

C'est le point de départ de cet album-vérité.



La maman de notre jeune héros à chapeau lui dit d'aller jouer avec le petit garçon là-bas dans le bac à sable. Formidable naïveté que cette sollicitude maternelle! car

Et si jamais le petit garçon, c'était pas un petit garçon?
Si jamais c'était un monstre déguisé dans une peau de petit garçon volée?
A partir de là notre héros se fait enlever dans le bac à sable par le petit garçon qui est donc un monstre déguisé et qui kidnappe souvent des enfants dont les parents leur ont dit 'va jouer avec le petit garçon'.

Va-t-il s'en sortir, lui et les autres pauvres petits prisonniers? Mystère...

_________________________________________________

Cet album a eu une genèse assez particulière donc j'en profite pour parler un peu des différentes manières dont peut naître un album. Questions qu'on nous pose assez souvent: Choisissez-vous l'illustrateur? La seule réponse, c'est que ça dépend, mais la plupart du temps, non - on propose un texte à un éditeur, qui trouve ensuite un illustrateur ou une illustratrice. En général, on ne se rencontre pas, sauf au hasard d'un salon, mais on communique souvent par email.

Là, c'était totalement différent comme mode opératoire: j'ai écrit Va jouer avec le petit garçon! spécialement 'pour' qu'il soit illustré par Maisie.

C'était il y a un an et demi et quelque: Emmanuelle, qui édite les albums chez Sarbacane (et qui co-règne sur l'empire à la girafe) est revenue enthousiaste de la foire de Bologne, où elle avait rencontré Maisie Shearring, toute jeune illustratrice qui venait de gagner un grand prix pour son travail.

un extrait de l'album/ BD de Maisie, Susan's School Days, avec lequel elle a gagné le prix
Maisie venait de terminer un Master en illustration jeunesse (l'un des meilleurs du pays) à l'université d'Anglia Ruskin, qui se trouve être à Cambridge. 

Donc Emmanuelle m'a demandé si ça m'intéressait de rencontrer Maisie et de voir si on pouvait faire un album ensemble. On s'est rencontrées à Cambridge, dans un café grisailleux, et on s'est très bien entendues. Elle avait apporté son portfolio. Emmanuelle était particulièrement intéressée par les dessins 'petite enfance' de Maisie, surtout une série de petits personnages avec des animaux:


Et moi j'avais été particulièrement frappée par ses dessins de foule, notamment un dessin de parc:


Après notre rencontre, j'ai cogité pour trouver une histoire qui justifie des tas de petits personnages et des foules et qui soit adaptée à des petits enfants et qui de préférence les terrifie, les ravisse et les fasse se rebeller contre leurs parents dès demain matin. Ah oui, et qui soit entièrement écrite au conditionnel.

Ça a donné Va jouer avec le petit garçon, ça a plu à Emmanuelle, et je l'ai entièrement traduit en anglais pour que Maisie puisse le lire! Toute la correspondance a eu lieu en anglais, tout le travail d'édition aussi.

Il s'est passé une drôle de chose en traduction, d'ailleurs. La première ligne de texte en français, c'est:
'Alors que je joue toute seule tranquillement
Maman depuis son banc m'appelle.'
C'était donc une petite fille l'héroïne. Mais dans la traduction anglaise, où les adjectifs ne sont pas genrés, cette voix est devenue neutre. Je n'ai même pas fait attention car il me semblait évident que c'était une petite fille - les neuf dixièmes du temps j'ai des narratrices, donc c'est quelque chose d'entièrement naturel pour moi.

Pas pour Maisie! qui, privée de cette indication, nous a fait des dessins... de petit garçon! Après discussion, on a décidé de garder ce petit héros garçon. Ca me change - je crois que c'est mon seul livre avec La pouilleuse à avoir un narrateur.

D'autres trucs rigolos quand on travaille avec une illustratrice anglaise: elle avait naturellement mis des uniformes scolaires aux enfants! il a fallu changer ça. Et la vue de la ville, dans l'une des grandes illustrations de la fin, faisait très british dans le premier essai. Bref, c'était très rigolo comme processus.

Voilà donc notre bébé, qui est trop chouette, in situ à Cambridge le weekend dernier:

y avait du vent #cambridge

Maisie avait assorti sa robe au monstre
Et last but not least, on a fait une petite vidéo pour vous présenter une image de l'album! Vous pouvez la voir ci-dessous. Comme on est toutes les deux très nulles en vidéo et qu'on a absolument pas l'habitude, c'est très artisanal. La preuve, voilà comment on a dû installer notre caméra:


Les dessous de la promotion du livre jeunesse... c'est délicat

Voilà donc Maisie et moi, in English, avec sous-titres, parlant de l'une des illustrations du livre. Enjoy!



mercredi 1 juin 2016

La Louve Incorruptible...

J'étais en plein séminaire quand j'ai commencé à recevoir des textos d'une certaine bonne amie avec qui je partage occasionnellement gossips et milk-shakes, m'annonçant...

... que La louve a reçu le Prix des Incorruptibles 2015-2016!

Je suis à la fois stupéfaite (honnêtement, je pensais que le ou la gagnant/e l'aurait su à l'avance) et absolument désolée, du coup, car ni moi ni Antoine n'étions à la remise du prix. Je ferai amende honorable bientôt, promis!

Les chiffres donnent le vertige: plus de 37 000 enfants sur 102 000 ont voté pour La louve. Les adultes ont aussi plébiscité le livre.

Quelle belle histoire que celle de ce petit conte, qui reste l'un de mes livres chéris préférés depuis le tout début. Je l'avais écrit pour J'aime Lire, il m'a été retoqué en comité éditorial: trop flippant. Ensuite, il est passé entre les mains d'à peu près tout le monde. Seules les éditions Alice (merci, Mélanie Roland!) y ont cru. Mais c'est grâce à Antoine Déprez, à ses peintures sublimes, que l'histoire a pris son envol.

La louve est pour moi un super exemple, quand je viens dans les classes, du rôle narratif et autorial de l'illustrateur. Souvent les enfants sont outrés d'apprendre que je ne 'choisis pas'  'mon' illustrateur, comme si c'était un/e exécutant/e qui m'appartenait personnellement. Non, je n'élève pas d'illustrateurs dans mon jardin pour me faire des dessins quand j'ai une bonne idée d'histoire.

C'est toujours un travail d'auteur à deux.

Antoine et moi avons travaillé ensemble sur l'histoire de La louve. Par exemple, la colombe de glace, qui dans l'original se trouvait posée sur une pierre, est maintenant sur un perchoir. Ce n'était pas pour 'faire joli'. C'est parce que la colombe, sublime mais menaçante, est un oiseau qui apporte la maladie et la mort. Il doit surplomber tout le monde: regarder de haut. Et au fur et à mesure qu'elle fond, c'est le perchoir lui-même, bientôt un simple bâton, qui devient terrifiant. On a une image magnifique du village déserté pendant la fonte des glaces, qui commence à ressembler à un gibet...

Ce sont des choix narratifs, pas décoratifs, et c'est ça l'illustration.


Antoine a aussi changé la toute dernière image du livre. D'abord, c'était celle-ci:

Je ne vais pas spoiler notre bouquin, mais ceux et celles qui l'ont lu sauront que l'image finale est différente; en fait, elle est exactement inversée: ce sont les enfants au premier plan, la louve derrière.

L'effet est fascinant: le lecteur dans le premier cas se retrouve 'avec' la louve, dans le second cas 'du côté' des enfants. Antoine a choisi de terminer le livre du côté des humains, avec une distance par rapport à la louve, qui reste à jamais hors de portée. 

C'est un choix d'illustration, donc de narration.

Et je continue, à mon grand bonheur, à travailler avec lui puisque - scoop! - nous sortirons à un moment ou à un autre (je ne sais pas encore quand) une autre histoire, qui a un air de famille avec La louve, mais juste ça - une ressemblance, pas une suite.

Il y aura à nouveau des enfants et un village, et une rivière à traverser. Mais pour le reste, des chats, et une trouble histoire cachée...

J'ai vu cette année l'effet incroyable de la sélection Incos; ce livre qui était passé totalement inaperçu m'a soudain valu des emails de parents et de profs de la France entière. Je suis ravie, ravie, ravie qu'il ait été tant lu. Et ravie qu'il ait été lu aussi en la compagnie d'autres livres superbes, certains écrits et/ou illustrés par des ami/es, et qui ont eux aussi reçu des dizaines de milliers de votes. La sélection complète est ici, et la liste des lauréats !

Bises glacées, et merci aux 37 000 et quelques louveteaux.

lundi 6 octobre 2014

Aujourd'hui je blogue...

... sur le site des Histoires Sans Fin, dont le bon roi Fred Ricou m'a octroyé un petit bout pour que je lui ponde une chronique spéciale de temps en temps.

Ca s'appellera "Les feuilles de Clémentine", c'est garanti sans pépins, c'est facile à peler et ça se passe ici!

Et de quoi on parle aujourd'hui? de la tendance du roman ado illustré en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

allez-y de ma part!

lundi 10 décembre 2012

Sesame se couvre pour sortir!

... voilà enfin la couverture de Sesame Seade n°1, Sleuth on Skates, mon bouquin tout angliche qui sortira outre-manche en mai 2013 avec Hodder!

Mon premier livre en pas-français de la tête aux pieds!

Ma première série où il y en a d'autres de livres qui arrivent après!

Mon premier livre où sur la couverture y a comme un CANARD SUR UN SKATEBOARD!





Et il a même une tranche! et un dos! et des RABATS!


Oui oui, il y a en effet un canard assis sur le logo d'Hodder.



Oui oui, il y a en effet des poissons à moustaches près du code ISBN.



Et qu'est-ce qu'on dit de moi sur le rabat? Allez fais travailler ton anglais, cher lecteur.



Et y a même un clan de mini-lecteurs qui ont lu le manuscrit et ont écrit des mots qui sont allés se coller au rabat! Oui oui!

Et tous ces dessins sont évidemment faits par la super Sarah Horne, et l'équipe de design d'Hodder a planché sur la composition sous le regard d'aigle de mon éditrice Ellen! Sympa, non, comme cadeau de Noël en avance?

J'en ai même imprimé une toute petite version pour la mettre sur mon étagère de bouquins histoire qu'ils s'habituent à la présence de 'Sess' et ses copains...

La petite clémentine en peluche aime ça

 A dans moins de 6 mois pour le VRAI livre!!