lundi 6 mai 2019

Faire de la traduction littéraire dans les écoles (2): La poésie chez les petits

Pour faire suite au billet précédent, je publie maintenant une version pré-édition d'un article qui a été publié récemment dans Les Cahiers Pédagogiques, numéro spécial sur la littérature jeunesse, édité par Clémentine Pillon-Vallée.

Il est question concrètement ici de ce qu'on peut faire en classe comme atelier de traduction littéraire avec des enfants de primaire qui ne parlent pas la langue source, en utilisant la poésie.

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La traduction à l’école… Vagues évocations de thème et de version, ânonnement de verbes irréguliers ; l’exercice sonne technique, froid, compliqué. Moins un point pour un ‘calque’, moins deux pour une ‘sous-traduction’ : implicitement, les jeunes apprenant.es d’une autre langue comprennent que la traduction, c’est un processus quasi-mathématique générant des équivalences parfaites lorsque l’équation est correctement résolue.

Evidemment, dans la réalité, la traduction littéraire, c’est tout autre chose : plus alchimie que science, plus entreprise d’interprétation que recherche d’équivalence, c’est un travail de langue mais surtout de littérature. Umberto Eco l’appelle : ‘dire presque la même chose’. Tout est dans ce ‘presque’ : dans les risques et les questions qu’il appelle. Ces risques et ces questions-là, quand on les amène réellement à l’école – en acceptant que personne n'ait la bonne réponse – alors on expose les enfants à un riche travail d’écriture et de création littéraire, en plus de l’ouverture à une autre langue.

Contrairement aux ateliers d’écriture créative, les ateliers de traduction littéraire sont une invention récente, pratiquée de multiples manières, très peu décrite, encore moins théorisée. En Grande-Bretagne, les programmes Translators in Schools et Shadow Heroes forment les traducteurs, qui en font ensuite bénéficier les écoles. Ces ateliers sont emmenés et soutenus par de grands noms de la traduction comme Sarah Ardizzone (autrice, entre autres, des traductions anglaises scintillantes de Timothée de Fombelle), le traducteur et promoteur de la littérature jeunesse Daniel Hahn, la traductrice Charlotte Ryland. Mais ils sont encore très peu visibles, et les écoles, motivées quand il s’agit d’inviter des écrivain.es, ne voient pas toujours l’intérêt de faire venir un traducteur ou une traductrice, ces ‘héros de l’ombre’ trop souvent oubliés lorsque l’on parle de littérature aux enfants.

Les formules de l’atelier de traduction littéraire sont nombreuses, constamment adaptées et ajustées par les individus selon leur sensibilité, leurs besoins, les audiences auxquelles ils s’adressent. Je m’attarderai dans cet article sur ma propre ‘recette’, adaptée des ateliers de Translators in Schools et modifiés au cours ma propre pratique. Ces ateliers de traduction ne nécessitent des enfants aucune connaissance préalable d’une autre langue.  

Moi-même traductrice de romans en vers de l’anglais au français (ceux de Sarah Crossan et, plus récemment, d’Elizabeth Acevedo), et autrice d’un roman en vers (Songe à la douceur, chez Sabacane), et d’albums diversement versifiés (Va jouer avec le petit garçon et Lettres de mon hélicoptêtre, Sarbacane), je mène principalement des ateliers de traduction autour de la poésie.  

Faire de la traduction poétique avec les enfants permet un accès direct à l’un des plus grands problèmes de la traduction, qui en fait un art passionnant : la distinction, souvent floue, entre le sens (la sémantique) et l’effet d’une phrase. Une phrase très simple – ‘Ma maman mange des myrtilles’ – une fois le sens traduit – ‘My mummy is eating blueberries’ – a perdu son effet – le miam miam miam implicite de l’allitération. 

Cela, n’importe quel enfant de CP ou CE1 le comprend instantanément, même sans connaître la langue depuis laquelle on vient, sous leurs yeux ébahis, de la traduire. Je commence l’atelier de traduction avec cet exemple. Puis j’explique qu’il va donc s’agir de ruser : pour traduire, il va falloir être créatif, avoir des mots plein la bouche, et s’entendre parler, avant de pouvoir se regarder écrire.

Je lis ensuite aux enfants ou aux adolescents un poème ou un album rimé, que l’on va traduire ensemble. La traduction s’effectuant toujours vers la langue maternelle, un poème choisi pour un groupe de petits Britanniques sera en français. J’utilise par exemple, pour des enfants d’équivalent CM1-CM2, le poème de Desnos ‘Une fourmi de dix-huit mètres’, ou celui de René de Obaldia, ‘Chez moi, dit la petite fille’. Pour des enfants de niveau CP à CE2, je choisis souvent Le ballon de Zébulon, un album d’Alice Brière-Haquet illustré par Olivier Philipponneau.

Je lis le texte en demandant aux enfants de fermer les yeux. Puis on en parle ensemble. Qu’ont-ils entendu ? Quels sont les sons qui se répètent ? De quoi s’agit-il, d’après eux ? Le texte est-il plutôt triste ou joyeux ? S’agit-il d’un texte poétique ou de prose ? On s’interroge ainsi sur l’effet sans encore se préoccuper du sens.

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Vient ensuite l’étape du sens sémantique. Avec Le ballon de Zébulon, richement illustré, des mots peuvent être devinés si l’on indique du doigt les parties de l’image correspondante, ou en les mimant, par exemple en décrivant du doigt la forme du ballon ‘rond’ (soulignés, les mots que les enfants peuvent deviner de cette manière) :


Zébulon a un ballon
Tout doux, tout rond
Un ballon un peu doudou
Qu’il emporte toujours partout.

De nombreux mots restent obscurs, il va donc falloir les chercher. D’un sac, je sors une pile de mots que le texte contient, que je distribue sur les tables, avec un exemplaire par élève du poème. D’un côté de chaque carré de papier, un mot (ex. ‘emporte’) ; de l’autre, soit sa traduction ‘type’, soit une devinette de type rébus, dessin, ou autre évocation. Les ‘petits mots’ (qu’, un, de, etc.) ne sont donnés que si la phrase est indevinable sans eux.

Les enfants recherchent dans la pile leurs mots, et les placent sur leur texte jusqu’à en composer une traduction approximative, du type :
Zébulon has got a balloon
All soft, all round
A ballon a little doudou
That he always brings everywhere
Alternativement, avec des enfants pré-lecteurs ou non-lecteurs, tout ce travail peut s'effectuer à l'oral, en groupe: moi au tableau, les enfants devant, on décrypte ensemble le poème pour lui offrir une première traduction.

On revient à la strophe créée par la traduction littérale. Est-elle exacte ? Plus ou moins. Est-elle jolie à l’oreille ? Bof. Le rythme, les résonances, les rimes sont perdues. Et elle ne sonne pas très naturel : ce ‘all soft, all round’, on ne le dirait pas en anglais. Qu’est-ce qu’on dirait ? Quelqu’un propose ‘so soft’ – c’est beaucoup mieux. Et regardez comme le ‘so’ lui-même est tout rond… et nos bouches s’arrondissent quand on le dit (‘avec les lèvres rouges comme un ballon’, fait remarquer une petite fille). Le ‘all’, au tableau, est remplacé par ‘so’.

Puis on s’interroge sur la manière de créer un système de sonorités adéquat : comment faire, par exemple, pour que riment le deuxième et le troisième vers ? On déploie la technique du ‘nuage de mots’. Je demande aux enfants de trouver des mots qui pourraient ressembler à ‘soft’ et à ‘round’ (des synonymes, s’ils connaissent le terme). Je note au tableau, dans un nuage, les réponses qui fusent : ‘smooth’, ‘velvety’, ‘fluffy’, mais aussi ‘nice’, ‘kind’, ‘sweet’. Côté ‘round’, on propose ‘oval’, mais aussi ‘like an apple’, ‘like an orange’… et ‘like the moon’ (comme la lune). Tout de suite quelqu’un remarque : ‘ça rime avec balloon !’ Ca rime, en effet. A garder en mémoire ! J’encercle en rouge.

On passe au vers suivant. ‘Doudou’ depuis le début n’était pas encore traduit – le mot comprend, au verso, un point d’interrogation – car en anglais il s’agit d’un bel intraduisible. Les enfants ont des cuddly toys (peluches), des comfort blankets (doudou-mouchoir ou couverture fétiche), des dolls (poupées), mais le doudou est un personnage très français… Nous nous lançons donc dans une grande discussion collective : comment appellerait-on cette chose qu’on trimbale partout et dont on ne pourrait jamais se séparer ? Les réponses fusent : teddy (nounours), cuddly toy, friend… Là encore, quelqu’un dans la classe remarque que teddy rime avec fluffy, que l’on avait mentionné au vers du dessus. Quand quelqu’un entend ce genre de résonances, on relie entre eux les mots.

Il va ensuite s’agir de mettre de l’ordre dans ces idées. Petit à petit, tous ensemble, lisant à chaque fois à voix haute les vers créés, on organise différemment les phrases, en s’interrogeant sur les droits et les devoirs du traducteur. A-t-on le droit d’intervertir ‘so soft, so round’, pour en faire ‘so round, so soft’ ? généralement, tous les enfants sont d’accord. A-t-on le droit de remplacer ‘so round’ par ‘round as the moon’, pour le plaisir d’une rime ? On écoute les opinions parfois divisées de l’assemblée… quitte à décider démocratiquement par vote à main levée.

On s’écharpe souvent sur le nom de Zébulon. A-t-on le droit de le changer ? A-t-on le droit de ne pas le changer ? Le nom ne sonne ni bizarre ni drôle en anglais – simplement étranger – alors qu’en français il fait sourire. Quel prénom en anglais pourrait faire sourire ? Quel prénom pourrait faire sourire et aussi consonner avec le mot balloon ? Au cours de différents ateliers, Zébulon a été rebaptisé Billy, Bob, Balthazar, Zenobia (audacieux changement de genre !), Basil… Une fois la classe décidée, je leur dis parfois que dans la version anglaise de l’album, qui existe, le petit héros s’appelle Zebedee.

Voilà un exemple de traduction de la première strophe créé par des élèves de Year 3 (équivalent CE2) :
Basil’s got a balloon
As round as the moon
A balloon that’s so cuddly
He takes it everywhere like a teddy
Il est généralement possible de traduire la première page de Zébulon, en une demi-heure à peu près (la première partie de l’atelier étant dévouée à une demi-heure de réflexion autour de ce qu’est la traduction, avec des exemples d’intraduisibles, etc). Les enfants sont souvent surpris que cela prenne autant de temps, mais aussi très conscients de leurs efforts. Pour les célébrer, on peut leur proposer de recopier les vers qu’ils ont traduits et de les signer de leur nom en tant que traducteur.

Les enfants plus âgés peuvent généralement traduire un poème comme ‘Une fourmi de dix-huit mètres’ en une heure, recherche des mots comprise. A la différence des plus petits, ils peuvent souvent créer chacun.e une traduction individuelle. Voici un exemple de traduction fourni par une élève de dix ans :
Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Une fourmi parlant français
Parlant latin et javanais
Ça n’existe pas, ça n’existe pas
Et pourquoi pas !

An ant that’s 18m tall
With a béret upon its skull
There’s no such thing, there’s no such thing.
An ant that’s tugging a wagon
Full of penguins and dragons
There’s no such thing, there’s no such thing
An ant that can speak Spanish
Can speak French and Unicornish
There’s no such thing, there’s no such thing.
And why not?


Je n’ai pas la place d’en commenter ici le processus ni les détails, mais on voit dans cette traduction la liberté ludique prise avec les aspects les plus incongrus du poème de Desnos, qui, au détriment du 'sens' littéral, en rend parfaitement l’effet.

A la fin d’un atelier de traduction utilisant la poésie, les enfants ont développé une approche créative de la traduction, dédramatisant l’apprentissage d’une autre langue, mais également, idéalement, une compréhension forte des enjeux esthétiques et artistiques de la traduction littéraire et une plus grande sensibilité à la manière dont un texte poétique crée par des effets de sonorités et de rythme une musicalité.  

Il n’existe pas encore assez de recherche pour l’affirmer, mais mon hypothèse est que l’exercice développe des compétences non seulement littéraires et linguistiques mais également métalinguistiques (c’est-à-dire de réflexion sur la langue), cultive des réflexes sophistiqués de lecture et de composition, et assiste les enfants dans leur compréhension de ce qui constitue cette mystérieuse manifestation du langage que l’on appelle la littérature. 


Dans mon prochain billet, il sera question des ateliers de traduction de romans en vers avec des adolescents. 

lundi 29 avril 2019

Faire de la traduction littéraire dans les écoles (1)

Depuis que j'ai commencé, il y a presque deux ans, à mener des ateliers de traduction littéraire dans les classes (et ailleurs), on me demande souvent de quoi il s'agit, quels sont les bénéfices, et comment s'y mettre. Je fais également depuis un certain temps un projet de recherche sur le sujet, ce qui veut dire que j’ai une quantité de notes assez stratosphérique qui mériterait d’être partagée.

Je me suis donc dit que j'allais en faire - guess what! - une série de billets de blogs sur les pratiques de traduction littéraire avec les enfants et ados. Je me tâte pour travailler carrément à l’ouverture d’une plate-forme plus grande (peut-être sous forme de blog séparé ou de site) pour promouvoir les pratiques de traduction littéraire avec les enfants. On verra. 

au collège Valmy à Paris, il y a quelques semaines (billet de blog complet ici, merci Marylène!)

Aujourd’hui, je parle de manière très synthétique de 1) ce qu’est un atelier de traduction littéraire, et 2) de trois grands types d’ateliers.  

Qu'est-ce qu'un atelier de traduction littéraire?
Déjà, pour clarifier: je parle ici des ateliers de traduction littéraire dont les participant.es sont des non-experts, et non pas des ateliers visant à former des traducteurices professionnel.les.

Il est donc ici question des ateliers de traduction littéraire menés par un.e expert.e en traduction, pour des non-experts, mettant en avant de manière principalement pratique le travail à la fois créatif et critique inhérent à la traduction d'une oeuvre littéraire d'une langue vers une autre.

Concrètement, ça se présente comment? Eh bien imaginez Ginette Skopos, éminente traductrice du syldave, qui se déplace au collège Jean-François-Ménard. Elle va faire une session d’1h30 avec les 4eB de Mme Jolibois, où ils vont tous bosser en groupe sur la traduction vers le français d’un grand poème syldave,Plekszy-Gladz se fait raser les moustaches’.
  • Si les 4eB sont en cours de LV1 syldave, l’atelier a des chances de correspondre au type d’atelier de type 1, que je décris en premier plus bas.
     
  • Si les 4eB ne parlent pas un mot de syldave, ça sera plutôt un atelier de type 2.
Car oui, il est possible - et même courant, de faire des ateliers de traduction littéraire avec des élèves qui ne parlent pas un mot de la langue source! C’est merveilleux. J’y reviens plus tard.

  • Si Ginette Skopos, plutôt que de mener toute seule l’atelier, fait appel aux connaissances des deux élèves d’origine syldave de la classe, on arrive à un type d’atelier que je décris plus bas en 3.
Ginette Skopos fait souvent des ateliers en classe, mais elle peut aussi en faire dans d’autres contextes: dans des salons du livre, dans des bibliothèques, à l’Institut de Promotion de la Culture Syldave, etc. Il y a mille lieux où imaginer des ateliers de traduction littéraire.

par exemple là je vais faire un atelier de trad dans le cadre d'un salon, au Vigan, le dimanche 19 mai

 Qu’il soit localisé ou non dans l'espace scolaire, l'atelier de traduction se situe normalement en périphérie des processus d'évaluation et de notation classique. En gros: Ginette n’est pas là pour distribuer des 13,5/20, -3 pour un barbarisme, -2 pour un calque, etc. Elle est là pour que les élèves s’amusent avec le langage, expérimentent, affinent leur sens du littéraire et de ce qu’est le langage, gagnent en compétences interculturelles, et, pourquoi pas, développent leur connaissance de la Syldavie, ses moeurs, sa culture, la structure de sa langue.
 
Donc en général, un atelier de traduction est mené par un.e traducteurice professionnel.le. Cependant, je crois fortement aux possibilités de formation des enseignant.es, bibliothécaires et autres médiateurices, et c’est quelque chose qui m’intéresse énormément. J’y reviendrai dans un autre billet.

D’où ça vient?
 

Historiquement, on a toujours beaucoup fait de la traduction littéraire dans les cadres scolaires et universitaires, y compris pour développer l’apprentissage de la rhétorique, car on considérait que l’imitation, notamment des textes classiques, était cruciale à la maîtrise de l’écriture. Je vous renvoie au fascinant livre de Violaine Houdart-Mérot, La création littéraire à l’université, qui parle de cela en introduction.

En ce qui concerne la traduction littéraire dans un but non-évaluatif, cependant, c’est beaucoup plus récent. En Grande-Bretagne, les pionnières de l'atelier de traduction littéraire dans les écoles sont l'association Translators in Schools, qui oeuvre depuis des années pour former les traducteurices à ce type de pratique, à l'initiative de Sarah Ardizzone (splendide traductrice de Timothée de Fombelle et Faïza Guène, entre autres), et l'association Shadow Heroes. Aux Etats-Unis, l’association Poetry Inside/ Out a également défriché le terrain pour la traduction poétique dans les écoles.

Il existe également un certain nombre de traducteurices qui font des ateliers indépendamment de tout cela, avec des méthodes plurielles développées sur le terrain et en dialogue constant avec leurs pratiques de traductions (c’est mon cas).

myself en atelier de trad l'année dernière à Londres, dans une école francophone

L’une des grandes caractéristiques de l’atelier de traduction littéraire avec des enfants et ados, c’est qu’il est basé sur des principes de création collaborative et participative.

C’est une pratique héritée des théories socio-constructivistes de l’éducation, qui considèrent que dans une situation d’apprentissage on n’a pas un.e prof qui sait tout et des élèves qui attendent que le savoir soit révélé. On estime plutôt que l’apprenant.e co-construit ses connaissances et son expertise à travers l’expérimentation, la pratique, l’échange avec pairs et profs, la mise en contact avec des problèmes réels demandant des solutions dynamiques. L’apprentissage est certes structuré (échafaudé) et guidé par un.e enseignant.e, mais l’enseignant.e n’a pas toutes les réponses, et peut même être considéré.e comme participant.e à l’exercice.

C’est éminemment le cas dans un atelier de traduction littéraire, où il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse, et où le travail de groupe, les suggestions, les eurêkas, les doutes et les frustrations vont nourrir les échanges en vue de l’écriture de la traduction.
En d’autres termes: Ginette Skopos a peut-être traduit ‘Moustaches’ cent fois, mais les 4eB de Mme Jolibois vont forcément apporter encore des idées nouvelles, différentes des autres classes, car toute traduction est contextuelle, ancrée dans le temps, l’espace et les corps des gens.

Types d’ateliers de traduction littéraire

Il existe énormément de types d'atelier de traduction littéraire différents, et peu de recensions des pratiques diverses (c'est l’une des choses que je suis en train d'essayer de faire dans mon travail de recherche actuel). Cependant il me semble qu'on peut les distinguer dans les grandes lignes selon leur but, et selon les compétences qu'ils cherchent à développer en priorité.
C’est très synthétique ci-dessous, mais dans les prochains billets de blog j’entrerai dans les détails pour chaque type d’atelier, en proposant du matériel qui peut servir pour chacun.

1) Les ateliers ayant pour but premier l'apprentissage ou l'amélioration d'une langue étrangère.

Rappel du contexte-type: Ginette Skopos fait l’atelier dans le cadre d’une classe de syldave LV1. Les élèves ont donc des connaissances au moins basiques de cette belle et riche langue.

Dans ce cas on s'adresse donc aux apprenant.es d'une LV1 ou LV2. On va leur faire rencontrer un texte dans la langue qu'ilouelles sont en train d'apprendre, et on va travailler avec eux la traduction vers leur langue dite 'maternelle' (en général la langue de l'école).

Les exercices de version que vous faisiez en cours d'anglais/ espagnol/ allemand (/latin) sont une forme hyperscolaire de ce type d'atelier. Mais attention, la version, telle qu'elle est comprise et pratiquée la plupart du temps en France dans les écoles, n'est pas comparable au véritable travail de traduction littéraire et va complètement à rebours des tendances traductologiques actuelle. Sa composante didactique principale, l'évaluation punitive, selon des critères définis à l'avance (souvent artistiquement contestables, not to mention psychologiquement violents), est absolument indésirable dans les ateliers de traduction littéraire.

Au contraire, on va prendre une approche analytique, comparative, discursive, pour débattre des traductions obtenues, toujours dans une optique constructive. Il n’est pas question d’aller humilier les élèves parce qu’ils ont fait un solécisme.

Ce type d'atelier, donc, cherche en priorité à mettre en pratique et à développer des compétences linguistiques dans la LV2.

Format-type:
Il commence généralement par la présentation d’un texte source dans la LV2, que les élèves vont décoder d’abord de manière plus ou moins littérale, mobilisant des compétences dans la LV2, y compris des connaissances du contexte historique, des connotations des mots, etc. On élabore ensuite ensemble une traduction littéraire, mobilisant alors des compétences similaires dans la langue maternelle.
là par exemple j'étais à Londres au lycée Charles-de-Gaulle avec des élèves parfaitement bilingues et on a bossé sur The Poet X d'Elizabeth Acevedo

2) Les ateliers ayant pour but premier une pratique créative de la langue 'maternelle' et le développement d’un sens du littéraire.

Rappel du contexte-type: Ginette Skopos débarque chez les 4eB dans le cadre d’un cours de français. Les 4eB n’ont aucune connaissance du syldave. La plupart seraient bien incapables de localiser la Syldavie sur une carte.

Dans ce cas-là, on s'adresse aux participant.es non pas en tant qu’apprenant.es d’une langue étrangère, mais en tant qu'expert.es de 'leur' langue maternelle. Les ateliers que je fais moi-même sont en majorité de ce type-là. Dans ce type d’atelier, il n’y a aucun besoin pour les participant.es de connaître la langue source des textes à traduire.

Format-type:
Typiquement, un tel atelier commence par une rencontre avec le texte source dans la langue source, en insistant sur les sonorités, le rythme, etc., pour donner aux participant.es un sens de la langue. Puis on va avoir un jeu ou une activité (par exemple, avec des mots cachés, des rébus, des glossaires visuels, etc.) visant à élucider sémantiquement le texte source, pour créer une traduction approximative littérale.
Grâce à des nuages de mots, ‘brainstorming’ en groupe, travail en sous-groupes, et autres stratégies, la traduction est travaillée et retravaillée jusqu’à ce qu’on arrive à quelque chose de littérairement satisfaisant.
Pour moi, ce type d'atelier peut se comprendre comme une variante de l'atelier d'écriture créative. Principalement, il cherche à développer le sens littéraire, artistique, créatif, esthétique, des participant.es. Il cherche aussi à faire prendre conscience de ce qu’est la langue - il a donc une visée métalinguistique, c’est-à-dire de réflexion sur le langage.

3) Les ateliers ayant pour but premier le partage dans la communauté scolaire des langues parlées à la maison, et donc des multiples cultures et communautés existant au sein de l'école.

Rappel du contexte-type: Ginette Skopos va travailler en collaboration avec les élèves d’origine syldave de la classe, afin de faire traduire à leurs petit.es camarades non-syldavophones le fameux ‘Moustaches.’

Ce type d'atelier, extrêmement intéressant dans les écoles où il existe de nombreux enfants bilingues, vise à faire appel aux ressources linguistiques déjà existantes des enfants, pour valoriser la culture et la langue de leur foyer, les positionner en expert.es, et les encourager à partager cette expertise.

Ici on part du principe que, dans de nombreuses écoles, on a une mine d’expertise linguistique largement sous-exploitée: les élèves bilingues ou polyglottes. Du portugais au swahili, de l’allemand au vietnamien, du créole au catalan, de l’arabe au polonais, ces élèves peuvent être mis à contribution pour devenir profs de langue et meneurses d’ateliers de traduction, ce qui est évidemment un empouvoirement considérable et une manière de valoriser les langues parlées quotidiennement par les enfants et habituellement ignorées par l’école.
Format-type:
Décrit plus haut; cela peut aussi se faire sans traducteurice du tout, ex. demander à un enfant de partager une brève histoire dans sa langue familiale et d’en fournir une traduction approximative, littérale, en français. Ensuite, toute la classe ensemble retravaille la traduction pour en faire quelque chose de littéraire. Au passage, on apprend des choses sur la culture, le style littéraire, l’histoire du pays ou de la région dont est originaire la famille de l’enfant.

Quelques commentaires supplémentaires

Tout en même temps

J'ai fait attention à parler ci-dessus des compétences mobilisées 'en priorité' par ces différents types d'ateliers; mais bien sûr, ce qui est intéressant, c'est qu'on mobilise toujours toutes ces compétences en même temps aussi, bien qu'à différents niveaux. Traduire un texte du syldave sans rien connaître au syldave va mobiliser en priorité des compétences dans la langue cible (le français); cependant, les élèves vont aussi développer leurs compétences linguistiques et interculturelles. L'atelier de traduction littéraire est toujours éminemment multidimensionnel, parce que la traduction littéraire est toujours une pratique hybride - informée par tout un tas de différents facteurs et connaissances, et qui affine tout un tas de différentes aptitudes.


Littéral/ littéraire

On dirait, à travers ces trois exemples, que ces ateliers de traduction prennent pour base l’idée qu’on ‘commence’ par une traduction littérale avant ‘d’aller vers’ quelque chose de plus littéraire, de ‘retravailler vers’ le littéraire (un mouvement qui serait assez blasphématoire, en théorie de la traduction contemporaine). Je l’ai écrit comme cela pour simplifier, mais en réalité, une fois dans la classe, on voit que ces deux étapes ne sont jamais vraiment séparées; il y a constamment un va-et-vient entre le sémantique et le littéraire, entre l’équivalence directe offerte par le dictionnaire ou le glossaire et le mot plus éloigné mais plus juste qui naît spontanément sur les lèvres des enfants.

Ce qui est justement assez intéressant, c’est qu’on s’aperçoit qu’il est futile de considérer qu’il existe une distinction solide entre littéral et littéraire - on est en réalité toujours dans une zone de contact; le sens s’écrit quelque part entre les deux, modulé par des agent.es aux sensibilités littéraires et linguistiques variées.

J’arrête là pour aujourd’hui. Dans le prochain billet de blog, je partagerai un article que j’ai publié dans Les Cahiers Pédagogiques, où j’explique plus précisément le déroulement d’un atelier de traduction littéraire utilisant la poésie pour enfants.



mercredi 29 août 2018

Io et Zeus, au galop aujourd'hui...

Une semaine pile poil après Brexit Romance, voici mon petit deuxième de la rentrée:

ill. Aline Bureau




Il est pas joli comme tout, mon roman mythologique aux éditions Nathan, dans la superbe collection 'Histoires Noires de la Mythologie Grecque', dirigée par Marie-Thérèse Davidson?

(La réponse est oui. Il est trop trop joli.)

Bienvenue donc à Io, pour l'amour de Zeus. Je suis très fière de ce petit titre qui suit Io, jeune prêtresse séduite par le roi des dieux - et le séduisant en retour, et j'ai adoré faire le récit de cet amour. Amour qui la transformera en génisse, jusqu'à ce que, poursuivie par un taon, elle s'élance au grand galop vers un nouvel avenir...

Io, pour l'amour de Zeus, et Brexit Romance: il dit qu'il voit pas le rapport? Pourtant, je les ai écrits en même temps, l'été dernier: Io le matin tôt, Brexit le soir en rentrant du travail. C'est la première (et la dernière fois j'espère) que je m'astreignais à une telle discipline, contrat oblige. Mais les deux projets, je crois, se sont fertilisés l'un l'autre. Io a gagné en sensualité, au contact des grands ados et jeunes adultes de Brexit Romance, et ma Grande-Bretagne fictive a gagné en magie, à force de se frotter à la Grèce mythique où tout peut arriver. Et puis des falaises du Yorkshire à celles de la Grèce, d'hier à 2017, les amours illicites sont toujours aussi exaltantes...

J'ai adoré le retravail éditorial rigoureux et généreux sur ce petit bouquin, pour lequel j'ai eu l'entier loisir de faire d'Io une jeune fille travaillée par la découverte du désir, de la liberté, de la question de l'identité. J'ai vraiment tenté de m'engager dans une expérience de pensée, darrieusecquoise à souhait, d'être dans la peau d'une vache pendant une centaine de pages. C'est un bonheur de faire partie d'une collection très utilisée dans les collèges, mais dont les versions des mythes grecs ne sont pas le moins du monde anesthésiants, sucrés, adoucis. Il est question de sexe, de jalousie, de vengeance, de corps qui se transforment et de volontés qui s'aiguisent. 

J'espère qu'il vous plaira, et si vous êtes prof ou élève, n'hésitez pas à le commander pour votre CDI, et à lui faire vivre sa vie dans les classes...

mercredi 22 août 2018

Il sort TODAY! Will you Brexit Romance?


Il y a exactement un an, j'étais en train de transpirer toute la sueur de mon corps sur la réécriture de ce damn book did I say that out loud? charming roman que j'ai le bonheur de vous présenter aujourd'hui...

Welcome to the world, Brexit Romance!

C'est l'histoire de Justine Dodgson, Londonienne d'une toute petite vingtaine d'années, qui crée une start-up avec une appli, parce que si à vingt-cinq ans t'as pas créé de start-up avec appli, c'est que t'as raté ta vie. La start-up en question s'appelle Brexit Romance, et elle vise à matcher avec précision tel.le Britannique avec tel.le Français.e, dans l'espoir qu'elloului obtienne le passeport français - et donc Européen - d'ilouelle. 

C'est l'histoire de Cosmo Carraway, lord dandyesque des landes yorkshiroises, qui voudrait bien se trouver une petite Française par ce truchement-là, mais une qui soit bien traditionnelle comme il se doit, parce qu'il vient d'un milieu où le Millennial se chasse à la chevrotine...

C'est l'histoire de Marguerite Fiorel, jeune Grenobloise rêveuse et soprano à la voix aiguisée comme un canif, qui vient chanter une nuit - one night only! - à l'opéra de Covent Garden, et rêve de petits lapins et de grands domaines aristocratiques dans l'Angleterre de son imaginaire dix-neuvièmiste...

C'est l'histoire de Pierre Kamenev, maître de chant de la précédente, Marxiste-Léniniste-allergique-à-l'amour-et-à-toute-chose-qui-ne-concerne-pas-la-musique-classique, qui essaie vainement de faire comprendre à sa protégée que la Grande-Bretagne ce n'est pas autant tasse de thé et motif Liberty qu'elle ne le pense...

Et c'est l'histoire, enfin, de tout un petit cosmos d'europhiles et d'europhobes de dix-sept à vingt-sept ans, embringués dans un grand jeu de je t'aime, me neither avec eux-mêmes, avec le reste du monde, avec les un.es les autres, et avec une camionnette à glaces.

Should you wish to read it, vous pouvez vous sentir libre de le faire, aucune pression at all, et je suis very sorry du dérangement à votre journée que cela pourrait occasionner. In fact, c'est beaucoup trop honteux de penser que je prends votre temps d'une telle manière. Abandonnons tout ce projet, voulez-vous? Faisons comme si tout cela n'avait jamais existé, cela nous sauvera bien des soucis et des embarras.

Si malgré tout vous étiez assez gentil.le pour le lire nonobstant, I do hope que ça vous plaira différemment de Songe à la douceur et des Petites reines. Parce qu'il n'est Ni L'un, Ni L'autre, sinon on s'ennuierait.


Et suivez les hashtags sur les réseaux sociaux comme Alice suit le lapin blanc, j'ai vu passer des mises en scène very loufoques de la couv. Je ne peux pas promettre qu'aucun être humain n'a été maltraité pendant les prises photographiques.

Brexitement vôtre!

jeudi 26 juillet 2018

A distance!

Tu y crois, toi, que ça fait depuis le 16 mai que je n'ai rien écrit sur ce blog? Je promets que je n'ai pas chômé depuis, c'est sans doute ce qui justifie cet ingrat abandon. Je vais m'y remettre, je le jure, car j'ai dix mille news en attente.

Dont celle-ci...


L'école Les Mots, ça vous dit quelque chose? C'est une école d'écriture fondée par Elise Nebout et Alexandre Lacroix, et j'avais déjà eu l'occasion de faire des ateliers d'écriture là-bas l'année dernière.  Les locaux, dans le 5e arrondissement de Paris, sont supersublimes et mégabienplacés, mais imagine que tu es, comme moi, une femme heureuse et épanouie, et néanmoins résidente de la grande province de Tréloin-sur-Paparisienne? Comment tu fais?

Eh bien, ils ont pensé à tout. On vous propose un atelier d'écriture à distance, de 10 semaines, entre le 27 août et le 29 octobre de cette année. 

En voici la description:

UN ATELIER À DISTANCE, COMMENT ÇA MARCHE ?
C’est simple : chaque lundi, vous recevez dans votre boite email un exercice d’écriture proposé par Clémentine Beauvais, autour du thème qu’elle a choisi, « Ecrire l'enfance ». L’exercice, portant sur la prose et la narration, est à faire chez soi. Il s’agit donc d’un atelier où l’on écrit quand on veut, dans le train, tard la nuit, tôt le matin… mais en solitaire. Le vendredi, vous envoyez votre texte et Clémentine vous fait un retour personnalisé sur les points forts et les points faibles du texte, en vous donnant des conseils pour la suite. L’idée étant bien sûr de progresser… Par ailleurs, à travers un groupe Facebook, vous pouvez partager vos textes avec les autres participants de cet atelier à distance, et lire les leurs, rejoignant ainsi la petite communauté des « élèves » de Clémentine.

Et mon atelier à moi, il est sur ce sujet-là, qui m'intéresse un peu, comme vous le savez:

ÉCRIRE L'ENFANCE

« Un soir, Max enfila son costume de loup. Il fit une bêtise, et puis une autre...»
(Max et les Maximonstres, Maurice Sendak)
« Le petit garçon qui s’appelle Robert Payen entre dans la classe le dernier en criant qui c’est qui veut voir ma quéquette, qui c’est qui veut voir ma quéquette. »
(L’Opoponax, Monique Wittig)

Essayer d’écrire l’enfance, c’est toujours louvoyer entre deux écueils : l’un, une mauvaise imitation d’une voix enfantine, faussement légère, pseudo-naïve ; l’autre, une voix didactique, adulte, surplombante et donc… plombante. Qu’on ait pour lectorat principal des enfants ou des adultes, rendre avec justesse la complexe simplicité de cette singulière époque de la vie est un colossal – et passionnant – défi d’écriture.
C’est le défi fixé par cet atelier d’écriture de dix semaines, où l’on tentera de se hisser à la hauteur littéraire de l’enfance, et de trouver une ou des langues pour dire ce qui est in-fans – étymologiquement, sans langage – avec des exercices visant à l’écriture de textes jeunesse, ‘vieillesse’, ou les deux à la fois.


Venez donc suivre l'atelier si le coeur vous en dit et si la motivation y est: il va falloir écrire! Le nombre de places est très limité. Vous pouvez vous inscrire, et lire tous les détails supplémentaires, à ce lien!

A bientôt peut-être,

Clem

mercredi 16 mai 2018

Plongez dans Swimming Pool... oui je sais c'était un peu facile

Je te néglige, adorable lectorat de blog, et j'en suis honteuzéconfuse. Mais j'ai des nouvelles là aujourd'hui:

(t'as vu pour fêter ça je repeins mes lettres en bleu)



Il est sorti!

Je croyais qu'il sortait aujourd'hui et en fait c'est déjà HIER que la grande et forte Kasienka a plongé dans les rayons des librairies... Chères lectrices, chers lecteurs qui avez adoré Inséparables, je vous invite vraiment à découvrir Swimming Pool, le nouveau (mais chronologiquement plus ancien) roman en vers de Sarah Crossan, que j'ai eu le bonheur de traduire pour Rageot Editeur. La magnifique couv est de Hello Marine.

C'est une vraie histoire d'Angleterre, de la vraie Angleterre, pas celle que vous fantasmez en regardant Downtown Abbey ou Coup de Foudre à Notting Hill: celle des villes ni moches ni belles, avec des gens qui se retrouvent à vivre là on ne sait pas trop comment, avec des ronds-points, des bus aux vitres maculées de sauce tomate, des magasins à un pound, des maisons toutes pareilles où habitent des familles recomposées, des ados qui s'embrassent dans un coin de parc avec leur chemise d'uniforme du lycée froissée à moitié sortie du pantalon.

C'est l'histoire de Kasienka qui débarque à Coventry, tout juste arrivée de Pologne, pour retrouver son père qui est quelque part par là. Sa mère est convaincue qu'elle le retrouvera, et qu'ils repartiront pour Gdansk pour être à nouveau une famille. Kasienka est moins optimiste. Mais elle va découvrir le collège anglais - et les persiflages des nymphettes environnantes - la langue anglaise, un Anglais, une sorte-de-famille, un voisin qui met de la lumière dans tous ses sourires, et surtout la natation.

C'était le tout premier roman en vers que j'aie lu et il m'a beaucoup marqué. C'est vraiment émouvant aujourd'hui d'avoir pu le traduire. Je lui souhaite d'aller aussi swimmingly que possible, sous un umbrella à Coventry ou ailleurs, dans un jardin (anglais), sur un rivage (de la Manche)... Et si vous avez de l'eau dans les yeux, c'est qu'il vous pleut sur le visage.